LA STATUE
d'Egypte aux jours des Antonins, et comme le font encore les historiens modernes aux jours de Louis-Philippe et de Victoria! — N'est-ce pas que tout cela devient majestueux?
Quand Daniel écrivait son livre, la Perse était un pays sans puissance et sans nom; la Grèce n'était rien; l'Italie, moins encore. Qui pouvait croire alors que la horde obscure des Perses renverserait le puissant empire de Babylone et prendrait en main pour deux cents ans le sceptre du monde civilisé? Qui pouvait croire surtout qu'après les Perses ce serait l'insignifiante peuplade des Grecs, et surtout leur province barbare de Macédoine, qui dominerait la terre et porterait ses phalanges jusqu'aux rives de l Indus? Qui pouvait croire qu'après les Grecs, les Italiens, reculés, disait-on, aux extrémités de l'Occident, fouleraient aux pieds toutes les nations connues, fonderaient le plus grand , le plus terrible , le plus durable des empires, feraient d'une chétive bourgade, nommée Rome, et bâtie par eux sur une chétive rivière nommée Tibre, la reine des peuples, la nouvelle Babylone, la ville dite éternelle; et qu'enfin leur royaume, partagé entre dix rois, durerait sous cette forme étrange jusqu'à la fin des temps ! Qui pouvait croire que durant tant de siècles il ne serait plus question, dans les grandes destinées du monde, d'aucun de ces puissants peuples que Daniel avait vus briller de tant d'éclat; tandis que ce seraient les Latins, bien qu'envahis et divisés, qui tiendraient le sceptre de la civilisation et décideraient des dernières luttes de l'avenir, d'abord sous le principe monarchique et sacerdotal pendant 1,260 années, enfin sous la puissance de la plèbe, qui jusque-là n'apparaissait nulle pari, mais qui devait finir par exercer sur la terre une tyrannie universelle?
N'est-ce pas, encore une fois, chers enfants, que tout cela est beau ? et n'est-ce pas qu'à cet aspect on se sent toujours
:170 LES PENTAPLB* PROPflKTIQL'ES.
plus porté à répéter cette sentence de Jésus-Christ notre Seigneur i« Que celui qui lit Daniel y fasse attention! »
Mais encore une remarque sur nos trois premières cetonnes de l'Histoire et de la Prophétie.
Je veux parler d'une différence qui les distingue et tes caractérise. — Regaidei-les bien : — jusqu'où va Daniel î
— Il va jusqu'au temps où la pierre, devenue une grande montagne , couvre toute la terre : c'est le règne des saints, c'est la fin des temps.
— Oui ; et les historiens, jusqu'où vont-ils?
— Chacun , jusqu'au jour de sa mort.
— Eh oui ! voilà la différence < oui , chacun d'eu , hé|as! doit poser la plume sur son lit de mort; et ses cahiers dès lors laisser un Manc immense où personne en leur temps ne pent plus rien écrire. — L'astronome Ptotémée a bien pu porter sa liste des rois jusqu'à l'empereur Àntonin-le-pieux , et sa dernière observation des astres, jusqu'au mercredi soir, 2 février 441 ; Las Cases, à son tour, est bien allé 4,688 ans plus loin, jusqu'en rot Charles X en 4810; mais n'importe! toujours a-t-il fallu , pour l'un et pour l'autre , que la page s'arrêtât en un certain jour où le pauvre historien reqdait son duvnier soupir I II avait pu vous dire tous ks siècles passée; mais du jour, mats du quart d'heure qui devait suivre 8a mort, il n'avait plu? rien à vous apprendre ; car, sur pe quart dfeeure même, il se pouvait tromper! — Voyea Alexandre le Géant) etveyes Louis le Grand (eomtne on parle) —Loisqu Alexandre $e mourait sur son lit d'or, dans les palpts de Babytona, il prédisait bien que pas généraux «r allaient lui faire émanera las « plus sanglantes ftméaailles; » mtis st*ait41qpe dans qaàum ans toute sa race aurait péri par le fer ou la poiee«,qut aa poudre serait jetée au vent , et qu'on nous apporterai* à Londres, vingt et un siècles plus tard. sa. pierre sépulcrale? — Bt re