LE VBA KT L ARGILE
— Parce que le mélange de l'argile avec le fer commence à la hauteur des chevilles et bien au-dessus dee doigts.
— Qu'est-ce que cela prouve?
— D'après la règle des hauteurs, cela prouve que l'événement doit avoir eu lieu avant la division de l'Empire par ses
' dix rois.
— Très bien; c'est une bonne raison ; mais vous en auriez pu donner une autre plus simple encore et bien plus évidente. — Si les Romains étaient le fer, et les Goths la terre de potier, Daniel aurait-il pu dire qu'ils ne se fondraient jamais en un même peuple? Ne sait-on pas qu'en tous lieux, à Rome comme à Genève, en Italie comme en France, en Espagne, en Portugal, personne ne connaît plus s'il descend des Romains plutôt que des Goths? Ne sommes-nous pas tous aujourd'hui confondus en un môme alliage, comme le cuivre l'est avec le zinc et l'étain dans l'airain d'une cloche ou le bronze d'un canon ? Si donc les uns étaient le fer et les autres l'argile , les deux substances ne se distingueraient plus, et Daniel se serait trompé j ce qui n'est pas possible. — Qui pourrait distinguer parmi nous les Celtes et les Goths ? Ces chers jeunes garçons nous diraient-ils s'ils sont fils des Bourguignons plutôt que des Romains, plutôt que des Helvétiens ou que des Allobroges? Et qui sait si, parmi nos jeunes amies) assises ici devant moi , il n'y aurait point des Hérules ou des Vandales? — Que faut-il donc penser de cette explication du fer et de l'argile?
— Il faut penser qu'elle est très jnalheureuse.
— Eh bien, n'en parions plus, et disons plutôt le huitième et dernier caractère du mélange : il se rapporte à sa durée , et j'avais oublié, je crois, de vous l'indiquer quand nous en étions au chapitra deuxième. — Jusqu'où doit se continuer
378 LES MNTAPLBS PROPHÉTIQUES.
cet alliage contre nature dans les dix royaaraes de l'empire latin (Daniel le dit au Tenet 41)?
— Il doit se continuer jusqu'au jour où « la pierre détachée « de la montagne brisera la statue, » et où « le Dieu des cieux « suscitera un royaume qui ne sera jamais dissipé. »
Oui , mes amis; admirez encore cet accomplissement des prophéties! Bien qu'extraordinaire, irrationel et malfaisant,
ce mélange a dû se continuer dans tous les royaumes de l'Occident à travers tous lès siècles. — Il y a quinze cents ans ijtiè cela duré ! — Qui pouvait croire, avant l'événement, qu'un tel ordre de choses, ou plutôt qu'un tel désordre des choses, eh lui-même si peu conforme à la raison, si contraire à l'Église, si funeste à l'État, si nouveau dans l'Histoire, qui pouvait croire que ce paradoxe historique se maintiendrait invincible sdr la terre dès Latins et dans chacun des dix royaumes ; en dépit de nos gouvernements , de nos philosophes et de 'nos libéraux; malgré toutes les lumières d'une lohgue expérience et d'une haute civilisation; surtout , malgré toutes les clartés répandues ailleurs par la Parole de Dîeuf — Et Cependant , il faudra plus : il faudra que son existertcê opiniâtre et victorieuse se maintienne invincible jusqu'à l'avèneftiëîit dé jféôus-Christ ! — Ainsi s'accomplissent avec éclat les Écritures' jusqu'au moindre iotà dans leurs ffrédfettons les plue invraisemblables! ainsi biéu se glorifie dans ses œuvre* !
Vous a-t^on htconfté dans votre enfaticë, comme à moi dans la mienne, l'histoire fantastique de Sindbàd le marin? — Après son naufrage air une île déserte, il trtiilvè au Kôrd d'une rivière un vieiUftfd impotent qui le supplie à grands cris de le prendra sur 00b cou pour passer à l'autre rive. Mai* le malheureux SindUad, une fotà «enfourché par ce fatal personnage, ne peut s'en dégager ni le jour ni la nuH. Malheur