‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 188 sur 198 · LE FER ET L* ARGILE · texte numérisé non relu

LE FER ET L* ARGILE

à lui, dès qu'il veut déposer son fardeau, faire mine de s'arrêter, ou seulement de se plaindre ! aussitôt le malin vieillard, Tétreignant entre ses jambes et lui serrant la gorge, lui coupe le souffle jusqu'à ce qu'il se rende, qu'il reprenne sa marche et qu'il se taise. — Eh bien , chers enfants , voilà l'image de l'État chevauché par l'Église dans tous les royaumes de l'empire latin. Voilà comment Constantin et ses successeurs, sollicités par le clergé de le prendre sur leurs épaules, pour traverser quelques années et s'établir sur l'autre rive , se sont vus enfourchés pour des siècles. — Dès ce moment, malheur à eux (quelque nom qu'on leur donne, empereurs ou rois, landamans ou syndics), s'ils veulent poser leur importun fardeau , marcher seuls , s'arrêter , où seulement se plaindre ! Malheur à Philippe le Bel , à l'empereur Henri IV , à Henri II d'Angleterre , à Henri IV de Navarre , malheur même aux révolutionnaires français et à leur Convention Nationale avec leurs prêtres officiels et leurs prêtres réfractaires ! malheur à Bonaparte, à Louis-Philippe, au gouvernement de Belgique ou d'Espagne, de Berne ou de Luceriie, de St-Gall ou de Genève ! malheur, s'ils refusent de marcher et d'obéir! Il faut qu'ils aillent; ou bien, les voilà le cou serré entre les jambes du pape ; voilà le vieillard qui les étreint à leur ôter le souffle ! — Quand viendra la délivrance? — Elle viendra, comme pourSindbad le marin, quand le vieillard enivré et s'oubliant à quelque imprudence , se fera jeter bas ; en d'autres termes, quand la femme assise à cheval sur la bête, mais ivre du sang qu'elle a bu, $e sera fait désarçonner, et qu'enfin les dix rois, la haïssant d'un même cœur, la désoleront, la dépouilleront, mangeront ses chairs et la brûleront au feu (1).

(1) Apoc. XVII, 16.

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Maintenant, mes amis, il y aurait beaucoup à dire ^sor le bas de ma troisième colonne, ou sur cette bande que f ai teinte en bleu. — Cest le grand et dernier avenir; c'est le temps où la petite pierre, qui doit devenir une grande montagne, couvrira toute la terre; le temps du bienheureux millénium et du royaume éternel des saints. — Mais je n'en veux point parler encore ; nous l'étudierons plus tard , ce n'en est pas le moment. Je passe à ma quatrième colonne, à notre chapitre VU, à la vision des quatre bêtes.

Daniel avait dix-sept ans quand il expliqua la statue; mais il en avait soixante-six quand Q vit les quatre bêtes. — Pendant ces quarante-neuf ans , que d'événements solennels et que de jugements de Dieu! Ezéchiel avait prophétisé sut lf Khébar, et Jérémie dans Jérusalem; cette ville coupable était enfin tombée (depuis trente-trois ans elle était en cendres»: le grand Nébuchadnetsar était devenu fou, et depuis sept ans il était mort; l'empire de Babykme penchait vers sa ruine, et le jeune Belsatsar, qui devait en être le dernier roi, Tenait en cette même année de prendre le diadème. — Qu'allonsnous donc trouver dans cette quatrième colonne?

— Les quatre mêmes grands empires que dans le songe de Nébuchadnetsar.

— Mais si ce sont les mêmes, à quoi bon le Saint-Esprit s'est-il répété?

— D ne s'est pas répété : le chapitre 0 prédit surtout l'histoire politique, tandis que le chapitre VU prédit surtout l'histoire religieuse.

— Eh bien! voyez, chers enfants, comme tout cela se déroule clairement dans ma quatrième colonne! — J'en ai dessiné les bêtes dans l'ordre ou la vision les avait présentées aux regards de Daniel. — Les voyez-vous, encore une fois, qui se lèvent toutes quatre sur les flots irrités? Ce sont les quatre

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