‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 190 sur 198 · LEÇON XL · texte numérisé non relu

LEÇON XL

a. On ouk &pt ^ttfiôvcev dwpATW*

b. Èwnax Y»p, çuoi, vtxf otc Xarpiuemc, «i; x» tv tu IopoaX taffetaSa»»

(allusion à Ps. CVI , 87 : « Ils ont sacrifié leurs filles aux dé* mons* m< **pdft«<, LKX). — ¥*j*s Mlle, page 686*

Le sens du mot Démon a été très savamment établi, soit par Campbell , dans son « VIe Discours préliminaire sur les Évan- « giles ; » soit par Mède, gans «on Cûounfintaire sur la Révélât de Jean, p. 628 ; soit par Elliott dans sa « Hors apocalypticae, » p. 826 (lrt édit ); soit par plusieurs autres.

Dans la version grecque des LXX , la signification première et principale de ce mât «'applique am demi-dieux imaginaires des païens (Deutér. XXXII, 17. Ps XCVI, 5. CVI, 87) , sans que le mot hébreu correspondant indique jamais Faction de

Cest par abus que le Satan est appelé le Démon. Ce nom ne lui est jamais donné dans VÉariMfre. Las déaaans sont s#«s son parois; mais il n'est jamais appelé dém su j efat être aVst nommé le Démon par cKcslieiteei

Nous aurions pu citer biep de* Rfees htn# a«asi bien qu* des grecs, pour montrer qu'on avait conservé «Je leur temps un. double usage de ce mot. — Ainsi Auçijçtin (Cité de bteu , livre VIII, eh. 18) : « Qualis sit religfo in quâ docetur qood homines, ut commendSMtuv dflb , boni* dœmonibut uti debeant advocatis! » — Et ailleurs : « Ad consequendam vitam beatam, m non Mi tttedfatofe tadigere homiiieta qualis est àœmon, sed « tali qualis est unus Çhristus. »

Le double usage du mot s'est même conservé après le temps oj> l'SgLfoe coflrowpi»« s'e$.|aiqsée. WfcalPWlC W Ç»^ tes mafts| e{ l'on, a vi| des Pères, pavtjgaqs ty qette hérésie, pe pas craindre de rappeler les rapports de l'ancien culte des démons avec celui des saints. — Ainsi, le célèbre Eusèbe , évéqye de Césarée, au commencement du IVe siècle (Prépar. évang. XIII, 1 1), après avoir cité Platon («Qui voudrait, *fr-il, que les hoàmes « morts pour la patrie fassent tenus pour démons, et que leurs « eéputaae» fassent adorés comme eeux Ûméêmons »), fait de cette doctrine du Philosophe un argument en faveur des fîtes que les chrétiens célâa/aiejft^i.^e tm**wmm lff Mota

4es nwtyrs.— De même, Théodoret, évoque de tyr, au commencement du Ve siècle.

U faut voir ees citations dans Mède, qui cite les textes, ©rïgiginau*. Il faut voir aussi les puissantes réfutations qa'Ëlliot a feitos des (éjections de Maitland sur ce pujet. (Horae Apoe. , 9.960.)

bb. Ainsi, Sebasios étant le nom grec de l'Empereur, l'archiduc Jean, vicaire de l'Empire ou plutôt de l'Empereur, serait appelé par les Grecs Ànttiebasto*.

M. Elliot a rassemblé sous trois chefs les exemples suivants du double emploi de Anti dans la composition des rapts. — Dans une première colonne il exprime substitution; dans une deuxième, opposition ; dans une troisième , substitution et opposition tout ensemble ; — mais, dans chacune dés trois , le mot composé exprime toujours nécessairement un fonctionnaire ( rivai ou vicaire ) de la même espèce que celui qu'il remplace ou qu'il combat.

. 1° FGj*cnojqu#J YiÇAPMSî " ' * ».

Anotaf fçt qui tient lien de feèie.

jftnftkoxtmç, ■*- de serviteur* Avtsptofcmc, *~ d'envoyé.

ANîifVfuac, vioe-questew, Jn66r*ib<, pttoeonsul.

AvrtStoç, qui tient la place de Dieu, femdwx* , qm fait IVittee d'esclave»

. 8° jotyOTOWiffA *&***

krr*Y**i<rr*<;, combattant enfi*- AvttptMg, rameur opposé, (mi.

Avninduufn);, lutteur Opposé.

AvnfoXo& sentinelle ennemie.

Atv&tftdMMatoc, deetenr rival.

JLvTt<pa<^o<poç, philosophe rival.

A*rN*q*xntc4, sénat opposé.

êmwf^ufm, seevélaâieeonMIeîir.

J'ajoute, d'aptes Mferiture

(Ma&tfe., v. 9f>, Avatar, un plaideur advtsrse maie un plaideur»

3° FONCTIOimAIRB VICAIRE OU RIVAL.

Avrtffrpftfirfoc

ÀvnfaaiXtoc* ....

Aj*RÇp*>P°4»

ou propreté^, g<fté*al- lient.

ou général ennemi.

ou vice-roi ,

ou roi rival.

oq qui tient la place de gaxfl*>

ou garde opposé.

Les Pères latins, par ignorance do grec, ont fini par perdre de vue la vraie portée de ce mot, et n'y ont vu souvent que celui d'un adversaire du Christ; mais les Pères grées ne s'y sont jamais trompés. —Tons y ont vu nécessairement, par la nature même de cette expression , un ennemi do Christ , sans doute , mais son plus grand ennemi, en tant qu'il se dit son vicaire ou qu'il prétend le remplacer ; tout comme un antipape est bien un ennemi du pape. Mais son ennemi le plus nuisible en tant qu'il se dit lui-même pape et qu'A prétend se mettre en sa place.

- D'après l'analogie de cet usage des Grecs , le nom propre û'Antipater pourrait signifier à la fois , dans son étymotogie, « un homme qui prend la place du père,» ou « un homme ennemi du père. » Et si Ton voulait supposer, par exemple, que pendant l'absence prolongée d'un chef de famille, un odieux personnage s'introduisît chez lui sous un déguisement, contrefit sa voix, usurpât son nom et réclamât tous ses droits , disant à ses en* fants : « Je suis votre père , » et h sa femme : « Je suis votre mari ; » interceptant ses lettres, imitant son écriture, dissipant ses biens, poussant ses fils ao désordre et les soulevant contre lui; cet homme, certes, serait dans cette maison un véritable Jntipater dans les deux sens du mot ; c*esfaà-dire « on vicaire du père, » et un ennemi du père, se donnant powMe père: tout comme l'Antiohrist devait être dans la maison de Dieu un vicaire du Christ et un ennemi du Christ, se mettant à la place du Christ.

Quelques personnes peu exercées dans l'étude des derniers temps, confondant cet ennemi de Dieu avec celui qui nous est décrit au chapitre VUl de Daniel, comme avec celui dont il est parié en son chapitre XI , se sont imaginé que l'Ànticbrist est encore à venir.— - Mais Daniel n'a point mis cette confusion dans l'ordre de ses prophéties. —Le personnage du chapitre VDI, « qui fera cesser le sacrifice continuel , » ne peut être celui du chapitre VII , puisqu'il ne paraît qu'en Orient, tandis que celui* ci ne vient qu'en Occident. — Et quant au personnage du chapitre XJ, qui doit, il est vrai, se lever en Occident , il ne peut être non plus identique avec la Petite Corne de notre chapitre VII, puisqu'il doit être un personnage individuel (comme tous ceux du chapitre XI) , et de plus un homme de guerre, faisant « des exploits vers le temps de la fin dans lc6 forteresses

« les plus fortes, luttant sur terre et sur mer contre les rois « du Nord » ou « du Midi, avec des voitures de guerre, des gens de cheval et des flottes formidables ; taudis qu'au contraire notre Antichrist est un personnage collectif et que jamais il ne nous est présenté comme une puissance militaire. — II remue le monde, sans doute, mais c'est par ses blasphèmes et par ses séductions.

Que notre Antichrist collectif puisse aussi, dans les derniers

jours , se consommer dans un Antichrist individuel , et que

celui-ci, pour faire la guerre au peuple de Dieu, se mette à la

tête des forces de l'Occident, c'est un fait possible mais incer-

. tain, que je ne sauvais ni soutenir ni contester.

d. Livré V,chap. 25. Contre les Hérés.

e. Jtf« «iwwt* iÇiffwofai ptXXsi Ttt XttTUpt.

f. Yiu&ttC iwiTOv Xpiorov àiroxaXttv. — Gatech . XV. — ftç Xpioroc tfxtrat.

g. Sur 2Thess. II. Avrtôioç nç •mu,— xxd xaXtuoti ttpoowvtiv dwrov dtrrt ©«ou.

h. Voyez lrénée, notes de Grabe. Iiv. V, c. 25, p. 488.

i. C'est lrénée qui nous donne cette date. (Eusèbe, H. E. HT, 18.) « Il n'y a même pas longtemps , dit-il , que l'Apocalypse a été « vue ; mais c'est presque dans notre génération, vers la fin du * règne de Domitien. »

Page 1