VINGT -HUITIEME LEÇON
(Daniel, ch. VU, ▼. 7.)
Après cela, je regardais dans les visions de la nuit; et voici la quatrième bête, qui était épouvantable, affreuse et très forte; elle avait de grandes dents de fer ; elle mangeait et brisait, et elle foulait à ses pieds ce qui restait ; elle était différente de toutes les bêtes qui avaient été avant elle; et elle avait dix cornes.
Mes chers enfants, un de mes amis et des vôtres, qui se trouvait dimanche dans cet oratoire, me disait en en sortant: « Je m'étonne qu'entre tous les livres de la Bible, vous ayez choisi Daniel pour l'exposer à des enfants. Ce prophète vous appellera, je le crains, à les instruire plutôt qu'à les toucher; tandis que vos explications historiques , nécessaires au sujet, dépasseront la portée de leur intelligence. »
Voulez-vous savoir , chers enfants , ce que j'ai répondu ? — « Demandez-leur , ai-je dit , si ce livre les touche ; et demandez-leur s'ils ne l'ont pas compris : je m'en rapporte à
eux pour l'une et l'autre de vos craintes. Ce Daniel qu'on arrache si jeune des palais de Jérusalem pour remmener esclave à Babylone; ce pieux enfant, déjà si résolu, qui, pour servir son Dieu dans la terre étrangère, se soumet aux privations et , s'il le faut , à la mort; ces trois jeunes Hébreux qu'on jette tout vivants dans les flammes, et qui sont délivrés par Jésus-Christ ta&rehent avec eux dans la fournaise ; ce grand Nébuchadnetzar sur. la terrasse de son palais, qui devient fou, qui mange l'herbe comme les bêtes, et qui, revenu à lui-même au hout de sept ans , adore le Dieu d'Israël et s'humilie devant toute la terre; ce malheureux Belsatzar, qui brave l'Eternel au milieu des gentilshommes et des dames de 9a cour, mais qui tout à coup voit une main miraculeuse sortant de la muraille et traçant sa sentence à l'endroit du chandelier; cette grande Babylone , qui tombe en une nuit; ce Daniel en cheveux blancs, qui prie à sa fenêtre et qu'on jette aux lions :..... Y a-t-il rien de plus pathétique dans auoune histoire î Et je le demande, toutes ces scènes sublimes et charmantes n'édi&eront-elles pas toujours l'enfant comme le vieillard! » — « Oui, m'a-t~on répondu; mais les prophéties ? » — « Les prophéties ! eh , c'est justement ce qui donne à tout le reste un caractère plus impressif , en nous y montrant comme la signature du Tout-Pbiss&nt , en nous y proclamant que ce livre est de Dieu ! »
Pour résumer , chers enfanta , n'est-ce pas que le chapitre de là statue, bien loin d'être sans attraits, vous a charmés? — Et n'est-ce pas aussi que, bien loin d'être trop difficile, il vous a fait comprendre mieux la suite des empires que n'avaient pu faire , dans vos leçons de la semaine , vos maîtres et vos livres ? — Et n'est-ce pas encore que cette statue vous avait édifiés , en vous fatsant' lire dans votre Bible une histoire anticipée du monde, tracée t>ar fa main qui gouverne le monde 1
SAINT USAGE DES MlOTflÉTrtS. 17
N'est-ce pas q*'en vous montrant Dieu date l'Bfcftbto, In Prophétie sanetifie pour vous l'étude des temps «neiénst Elle ai Eût tinsi de l'Histoire Saisie.
Je vote d'ici dans son eollége tin des jeune* garçons de cet annota , oa bien encore roue de vous , mes jeunes amie*, près cte sa mère au foyer doùttttique. On vtfte fait apprêt dre la suite des eitiptafts : ce sOfit les brîfiaftte ïïïtfnarqtieè de Babykme; ée son» tes cruels foie des Pfctises} d'est le foi de Macédoine , Iwndfesaflt dé tiôntfée en contrée jus* qu'aux rives de l'Indos ; ce «Hit ses gériëréhî sanglants qtrt fie partagent ses dépoaiHes vers les quatte vent» des éteint* eeeofttenffl leadutf* soldat* de Éc*He, qu'en noas «ionise couverts de leurs cuirasses <facfer, armés* de letfts dent épées , tenant de leur mata gauche lews long fconefier et ée leur droite leurs pesants jaftetots. Hs foulent ad* pieds tous les peapies de la terre, jusqu'à ce qu'enfin dix nations barbares , ém jambes nues , aux épaules courettes de peaux de brebis ou de ehèvr es, au* grands cheveux jaunes, aux épais» ses barbes , arrivent à la fois sur les rives du Danube et du Rhin , et viennent diviaer ce vaste empire en dix royatnnés distincts, pour le continuer sons «ne forme nouvelle. — « Àh» tous ces grands faits, je les connais déjfc, se dira ce cher enfant; Dieu Tes avait montrés à Daniel, et ma Bible les r** conte ! * — Alors que fera-t-ilt — - II me semble que je le vois devant la table oh repose son livre, étevatot don cteur à Dieu, pendant que son maître est 1k qui lui parle des Perseg et des Grecs, des Romains et des Goths. et Oh! je le sais aussi, se dira-t-il : il vient, après tout cela , une autre monarchie dont mes maîtres ni mes livres ne me partent point encore dans mes leçons d'histoire , mais dont toi , mon Dieu, tu me partes dans tes tiennes ! Tons les royaumes alors deviendront tes îtybttffles de Jésfts-€hrist ; r <t le rëgne, fa domirtation et
« la grandeur des empires qui sont sous tous les cieux, seront o données au peuple des saints : » et c'est alors aussi que tu reviendras , sur les nuées du ciel , ô Jésus mon Sauveur , et que tu ressusciteras mon corps vil pour le rendre semblable au corps de ta gloire ! Ah Seigneur Jésus, qu'en cette grande journée , je sois trouvé t'appartenir , et que je ne sois pas confus de ta présence en ton avènement !
La voyez-vous aussi, le soir, dans sa chambre, cette chère jeune fille faisant sa prière avant d'aller chercher le repos de la nuit ? a Mon Dieu, qui dictas à Daniel tant de siècles à l'avance, l'histoire des empires, le tien doit venir à son tour ! 0 qu'alors il te souvienne de mon père, de ma mère, de mes sœurs, de mes frères, et de moi surtout , pauvre enfant pécheur, qui te cherche, qui te désire et qui voudrais tant devenir une véritable chrétienne ! »
Vous le voyez donc, chers enfants, au lieu de ces deux .craintes qu'exprimait notre ami sur nos leçons de Daniel, j'en attends quatre biens : premier bien , plus d'intelligence de l'Histoire; deuxième bien, la Bible admirée dans l'Histoire; troisième bien, Dieu reconnu dans l'Histoire; quatrième bien, Jésus-Christ attendu au terme de l'Histoire.
Ne vous rappelez-vous pas ce que je vous disais , il y a quelque temps, en vous expliquant , dans le livre de la Genèse, les grandes scènes de la création et du déluge? — Après vous y avoir montré l'Eternel Dieu abaissant les vallées, soulevant les montagnes , les faisant fondre comme de la cire , les couvrant à d'immenses profondeurs des eaux du grand abime , et déchirant ensuite leurs flancs par la retraite de ses ondes, « allez maintenant à Salève , vous disais-je, montez dans les gorges du Jura, visitez Chamouni , traversez i'Oberland; et quand on vous y montrera des coquillages pétris dans les rochers à dix mille pieds de hauteur, des granits