‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 30 sur 198 · QUATRIÈME EMPIRE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME EMPIRE

qui ont coulé par-dessus d'autres comme de la lave, des poissons confits dans le cœur de la roche , d'énormes amas de cailloux roulés sur les flancs des Voirons et du Jura, les vastes débris du creux de Monnetier jetés au pied de Salève par le passage des grandes eaux,... alors, mes amis, admirez sur Salève, sur les Alpes, sur le Jura, le Dieu de la Genèse; remerciez-le dans l'Oberland de vous avoir donné les Ecritures , et demandez-lui que , comme il garda Noé aux jours du déluge, il vous garde, vous aussi, quand viendra sur cette même terre le déluge de sa colère , et qu'il la détruira par le feu, selon sa parole, comme il l'avait détruite par les eaux, selon cette môme parole ! »

Eh bien , mes chers enfants , ce que je vous disais alors de nos Alpes et du livre de la Genèse, je vous le dis aujourd'hui de nos quatre empires et du livre de Daniel. — Oui ; si désormais vous ne pouvez plus voyager dans nos montagnes, en vos courses joyeuses , sans vous y rappeler que l'Eternel a écrit leur histoire dans le livre de la Genèse et sans y apprendre le respect des Ecritures , j'aime à penser que vous ne pourrez pas non plus voyager, en vos lectures même les moins sérieuses , dans l'étude des empires , sans vous y rappeler que l'Eternel en a écrit l'histoire dans le livre de Daniel, et sans y apprendre encore par cet endroit le respect des Ecritures.

Je reprends maintenant la suite de nos versets. Nous en sommes au quatrième empire.

Je n'ai besoin , je pense , de vous apprendre ni son nom, ni ses caractères : la statue vous a déjà tout dit , et j'espère que le souvenir vous en est encore présent. — Quelle est la puissance qui vint , après les Grecs macédoniens, fouler aux pieds Jérusalem et dominer sur le peuple de Dieu ?

— La puissance des Romains.

5Q LBÇON X*YW. -« it**. V||, 7.

-~ Par qpel symbole étaiMte figurée!

— * Par deux jambes 4e fer, qui , depuis la hauteur to* chevilles , devinrent uu mélange de fer et de iecre de potier, maïs qui furent enfin brisées par une piaire coupée «an* main de la montagne.

— Pourquoi cette montagne ?

~«r Pour figurer l'Eglise de Dieu , qui- doit finir par couvrir toute la terre.

— Pourquoi ce fer t

— Pour figurer que l'empire de Rocae géra, de tous, le plus rude et aussi le phis durable»

— Pourquoi , depuis les chevilles , oe mélange de- tenre <fo

potier?

— Parce que depuis que le christianisme eut été constitué dans Veqipire, le gouvernement romain devint double : civil et ecclésiastique.,

— Oui ; et vous vous rappelez que ces deux pouvoirs, biea qa associés pat* semence hum&ine, furent toujours, comme la fer et l'argile , incapables de se fondre l'un, avec l'autre. — • Mais pourquoi les deux jambes ?

— Parce qu'à l'époque où Jérusalem fiit prise par les Romains, leur puissance, au lieu d'être monarchique Gommecelle des autres qmpires , se gouvernait en. népublique sou» deux consuls.

— Sans doute ; ou sous deux pouvoirs, souverains qu'on appelait dans tous les décrets et sur tous les monuments : Senattis Populus Que Bamanus; en abrégé, S. P. Q. R. ; c'està-dire, le Sénat et le Peuple Romain. — Et notez bien que ces* deux consuls , qui représentaient l'empire du Sénat et du Peuple romain , continuèrent encore leur office après que* César et ses successeurs se furent emparés de la suprême autorité sous le titre, alors mpdesjte, d'empereur ou de corn-

RETOTJB A LA STATUE. 54

mandant militaire. Les lois continuaient alors (f être publiées àu.nom du Sénat et du Peuple Romain, et cette forme caractéristique de l'ancienne république se perpétua jusqu'à l'invasion des barbares , l'empereur Justinien ne l'ayant abolie qu'en 54i ; en sorte qu'on n'avait pas cessé jusque-là de marquer les fastes de l'Empire par les consuls régnants, comme on avait compté ceux de la République. — C'est ainsi , par exemple, que l'année où Pompée prit Jérusalem est désignée par ces mots : «r Cicérone et Nepote consulibus (Cicéron et Népos étant consuls) ; » et celle où commença l'ère chrétienne , « Lentulo et Pisone consulibus (Lentulus et Pison étant consuls) (1). d

— Voilà pour les deux jambes ; mais pourquoi les dix doigts ?

— Parce qu'après l'invasion des dix nations gothes, l'empire des Romains devait continuer sous la forme de dix royaumes.

— Oui; de dix royaumes latins, soumis encore à Rome par des liens nouveaux. — Mais pourquoi toujours, dans ces dix doigts, f argile avec le fer ?

— Parce qu'on devait encore retrouver dans chacun des dix royaumes le même mélange des deux gouvernements de l'Eglise et de l'Etat.

— Oui , de ces deux gouvernements , toujours associés et jamais confondus , bien qu'occupés par les mêmes familles et qu'unis ainsi par semence humaine. — Mais ensuite , pourquoi ce brisement des jambes de fer et d'argile en une fine poussière?

Pour exprimer l'épouvantable anarchie par où tout doit finir.

Oui, par où tout doit finir, soit dans l'empire politique des

(1) Voyez , fin du volume, note a.

Latins , soit dans leur empire ecclésiastique. Et nous reverrons plus loin, chers enfants, ce dernier trait sous toutes sortes de formes. Je serai plus tard appelé même à vous en exposer les terribles circonstances. Vous verrez par des symboles très clairs , qu'après la chute de l'empire turc il doit se faire une effroyable coalition de toutes les puissances de l'Occident , pour une grande lutte qui se videra dans les montagnes d'Israël ; et qu'à la suite de cette coalition , dit l'Ecriture, « il y aura un grand tremblement de terre » (c'està-dire, selon le langage des symboles, une immense révolution sociale) « et un tel tremblement, ajoute saint Jean, « qu'il n'y en eut jamais de semblable depuis que les hommes « ont été sur la terre. Alors la grande cité (l'empire d'Occi- « dent) sera divisée en trois parties , les villes des nations « tomberont, la grande Babylone (Rome) viendra en mémoire « devant Dieu pour lui donner la coupe de l'indignation de « sa colère, et toute île s'enfuira, et les montagnes ne seront « plus trouvées; » ce qui désigne, dans le style prophétique, l'abolition de toute indépendance nationale , de tout pouvoir et de tout gouvernement. — Dans les révolutions précédentes (comme dans celle de l'invasion des barbares, Apoc. VI, A4), « les îles et les montagnes » n'étaient que a remuées de a leur place ; » ici , a elles s'enfuiront et ne seront plus trouvées ! »

Mais poursuivons. — Pourquoi, dans ce brisement du fer, est-il aussi parlé de Fairain, de l 'argent et de For?

— Parce que cette ruine et cette anarchie s'étendront également dans tout le territoire de la terre prophétique.

— Oui, en Grèce, en Egypte, en Asie-Mineure, en Chaldée, en Perse. — Mais que veut dire cette montagne ?

— C'est l'église du Dieu d'Israël , qui doit enfin s'élever et s'étendre jusqu'à couvrir toute ïa terre.

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