DERNIER BRISEMENT
Plus qu'une question sur la date de ces grands événements. En quelle année (car je vous l'ai déjà dit) commencent les jambes de fer ?
— Soixante-cinq ans avant Jésus-Christ.
— Oui , aux jours de Pompée le Grand ; ou bien selon d'autres , trente ans avant Jésus-Christ , aux jours de l'empereur Auguste. — Et en quelle année, le mélange de l'argile avec le fer ?
— Vers l'an 400.
— Oui, leur commencement ; mais cette division des pieds en leurs dix orteils devra plutôt dater de Tan 476, où Rome fut prise par le roi des Hérules , qui , devenu roi d'Italie , fit cesser en Occident la suite des empereurs ; ou bien encore de l'an 520, où les derniers rois goths , les Lombards , s'établirent en Autriche pour passer plus tard en Italie ; ou bien même enfin de Tan 541 , où l'on abolit pour toujours les consuls.
— En quelle année, le choc de la pierre contre les orteils, et le brisement de toute la statue ?
— On ne peut le dire encore, puisque c'est à venir.
— Je vois avec plaisir qu'on a conservé bonne mémoire du chapitre second ; et j'ose vous promettre que ces souvevenirs de la statue jetteront pour vous une grande lumière sur toutes les autres prophéties de Daniel et de Jean. — Vous voyez donc , chers enfants , que d'après la vision de Nébuchadnetsar, les destinées du quatrième empire se doivent partager en trois ou quatre périodes très clairement distinguées ; car vous y pouvez reconnaître déjà quatre Romes successives.
Première Rome, immédiatement au-dessous des cuisses d'airain: Rome de fer en ses deux jambes. — Deuxième Rome, à la hauteur des chevilles : Rome d'argile et de fer
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en ses deux pieds. — Troisième Rome, à la hauteur des orteils : Rome d'argile et de fer en ses dix doigts. — Quatrième Rome, à l'époque du choc de la pierre : Rome brisée dans son argile et dans son fer.
Et ne sauriez-vous pas déjà me dire , par la statue seule, le caractère politique et en partie aussi le caractère religieux de chacune de ces quatre Romes ? — Et d'abord , quant à la politique ? — La première, aux deux jambes de fer!
— La première, c'est la Rome des consuls, la Rome du Sénat et du Peuple romain.
—Oui, pendant la République et pendant les cinq premiers siècles de l'Empire. — Et la seconde, aux deux pieds de fer et d'argile ?
— La seconde, c'est la Rome impériale,
— Oui, après l'introduction des deux principes inconciliables dans son gouvernement. Alors vous avez ùnperium in imperio , l'empire de l'Eglise et celui de l'Etat a associés par semence humaine » mais « incapables de s'unir. » Et la troisième, aux dix orteils de fer et de terre de potier ?
— La troisième, c'est l'empire des Romains après sa division en dix royaumes.
— Oui, en dix royaumes où devait toujours se trouver la môme association infusible de l'Eglise et de l'Etat. — Mais la quatrième enfin ?
— La quatrième , c'est la Rome aaarchique et démocrate.
— Très bien ; voilà quant à la politique : Rome républicaine, Rome impériale, Rome décem-royale, Rome anarchique et révolutionnaire. — Mais quant à la religion , je pourrais encore vous montrer, en partie par la statue et surtout par de nouvelles révélations qui vont nous occuper tout à l'heure, que la première Home devait être païeaius; la seconde, catho-
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lique ; la troisième, papiste ; !a quatrième, athée et blasphémante* — Noos verrofts touft cela bientôt avec beaucoup de précision ; mais je me hâte d'en revenir aux paroles de TOtre leçon-. Admftez avec quelle vérité de coloris et de de*sm le ptophète nous portrait cette quatrième monat*- «We!
7. Après ôela, je regardai dans ks virions de la nuit ; et voici la Quatrième bétey tpti défait ùfîréutè et bis forte, (Calvin traduit, merveilleusement forte) : elle mangeait, et elle brisait, et elle foulait aux pieds ce qui restait ; et etie était différente de tbuéès ifar autres tête* qui avaient été avant elk.
Je vous forai d'abord remarquer ra dernier trait : Elle était différente de louées les autres ; ce que l'ange explique encore en ces fermes, au verset 23 : La quatrième béte sera un quatrième royaume de ia terre , lequel sera différent de éous leê royaumes.
L'ours , sans doute , n'est pas le Mon , et tous deux diflètent ëd léofrard \ toptendhnt ces trois bêtes peuvent encore se comparer l'une avec l'autre, soit j*)ur lents fortftes, sôit Jxnir leurs instincts, soit pour la dorée de leur vie ; tandfe que la quatrième bête , vous l'entende^, ne ressemblait à rien ; ce devait être un tnoustre : ette était différente de toutes les autres, est-il écrit; nmtis différente en quoi, je vous prie?
Par sa forge, ou par «es formes effroyables, ou par sa cruauté.
Oui, tout cela peut être, dar il est écrit : « fya'elle était épouvantable j affreuse et très forte ; qu'rffe inangeait et brisait ; « qa'eUe foulait aux pieds ce qui restait et Qu'elle avait de * grandes dents de fer; et (au vettet 19) H est ajouté qu'tlle a avait des ongles £airum.t> — Cependant je pense <f u'il doit y avoir ici qbelque choie de pt«8 : dtd'akoftt * *a tottgué Vie. » —• Qu'un atMiroons déjà vu thtiè la «Mtttei
Nous avons vu , dans la statue , que l'empire des Latins doit durer jusqu'à la seconde venue de notre Seigneur Jésus- Christ.
Voilà donc, vous le voyez, une nouvelle raison de dire avec Tange que ce quatrième empire sera différent de tous les autres. L'empire de Babylone ne dura que 209 ans ; celui des Perses, que 208 ans; celui des Grecs , que 227 ans; tandis qu'il y a déjà plus de 1900 ans que celui des Latins a pris Jérusalem , et que cependant nous le voyons durer jusqu'à ce jour avec ses dix royaumes toujours soumis à Rome.
Mais encore, ce n'est pas tout : un troisième trait de différence entre ce quatrième empire et tous les autres , c'est la forme de son gouvernement. — Les trois premiers furent toujours monarchiques , tandis que celui des Romains était républicain ; et nous avons vu dans la statue qu'il avait à sa tête le sénat et le peuple, et que ses deux consuls s'y renouvelaient d'année en année.
Ce dernier trait est celui qui frappait le plus l'excellent Jean Calvin, notre réformateur, dans son commentaire sur ces paroles de Daniel. Voici ce qu'il en disait (je vous l'ai copié) : a Ce n'est point de merveilles si Dieu prédit que ce royaume sera différent de tous les autres royaumes, d'autant qu'il n'y avait point de chef (il veut dire en son vieux français, point de tête) , le sénat ayant l'autorité, et le peuple la toute-puissance. C'était donques une racaille mêlée ; car jamais les choses fie furentbien ordonnées à Rome. Et si nous considérons bien le tout, ce n'était pas une république , ni un royaume , mais je ne sais quoi de confus. Car , tandis que le peuple tirait à soi la puissance et s'escarmouchait à tous coups, le sénat opprimait tant qu'il pouvait le commun populaire. Et de ce mélange des sénateurs, des chevaliers et du peuple, dont les trois états demeuraient ensemble, un royaume avait été formé sem-