‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 34 sur 198 · POURQUOI SANS FORME ET SA9S NOM · texte numérisé non relu

POURQUOI SANS FORME ET SA9S NOM

jambes étaient de fer, mais ses pieds étaient en partie <£?

fer et en partie d'argile. Et en même temps on voit ici le prophète nous rappeler indirectement ce fer, lorsqu'il nous

dit que les dents de la quatrième bête étaient de fer. — Et je n'admire pas peu qu'ayant ci-dessus nommé le lion, tours et le léopard y il ne compare l'empire romain à aucune bête connue (l'entendez -vous bien, chers enfants? il va l'expliquer tout comme vous) ; mais c'est probablement pour nous montrer cette bête comme beaucoup plus formidable, qu'il s'est abstenu de lui donner un nom; afin que tout ce que nous pouvons imaginer de plus cruel dans les bêtes, nous l'appliquions § l'empire des Romains. (Ut quidquid ferocius cogitaverimus in bestiis, hoc Momanos intelligamus.) n

Voilà donc un premier motif pour cette attention du prophète à ne nous présenter de la quatrième bête que sa tête et ses griffes. Vous venez d'entendre du moins comment le vieux Jérôme l'expliquait, il y a 1450 ans, dans son monastère de Béthléhem; mais il en est une autre raison plus exacte et plus satisfaisante , que Jérôipe n'avait pas encore saisie et dont vous allez tout à l'heure reconnaître l'importance. La voici : écoutez !

Le prophète devait s'abstenir de nous donner de la quatrième bête une description trop achevée, et il fallait qu'il ne la signalât que par sa tête à djx cornes , parce que le Saint-Esprit se proposait de la reproduire par trois fois à nos regards en d'autres prophéties sous trois formes diverses : une première fois, pour nous représenter Borne impériale ; une seconde fois, Rome décem-royale , une dernière fois , Rome démocrate. — La première fois , le monstre devait paraître sortant de la mer avec le corps d'un grpnd dragon rouge; la seconde fois, sortant de nouveau hors de la mer avec le. corps d'un léopard et les pieds d'un ours ; la troisième fois

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enfin, sortant, non de la mer, mais de l'abîme, avec un corps couleur d'écarlate et tout plein de noms de blasphèmes. — Le Saint-Esprit ayant donc l'intention de nous révéler plus tard , sous ses trois emblèmes successifs , les trois états politiques et religieux par où devait passer la puissance des Latins persécutant l'Eglise , il fallait cependant aussi que, sous ces trois formes, on pût toujours la reconnaître, et qu'en voyant la bête reparaître par trois fois avec un corps et des circonstances différentes , on pût aussi s'écrier par trois fois : a C'est bien elle ! c'est bien toujours la quatrième bête du septième chapitre de Daniel ! ne reconnaissez-vous pas sa tête incomparable ? c'est donc bien là toujours ce grand empire des Latins qui doit durer jusqu'à la fin des temps, et ne faire place dans sa dernière anarchie qu'au règne glorieux de Jésus-Christ ! »

Ainsi donc, vous le voyez, chers enfants, deux buts en apparence contraires devaient être atteints à la fois par le Prophète ; et je vous prie d'admirer ici la sagesse divine des emblèmes employés pour y parvenir.

D'un côté , il fallait un symbole qui représentât l'empire des Romains jusqu'à la fin des temps ; et de l'autre , il le fallait tel qu'on pût, sans effacer ses traits caractéristiques, lui faire subir des transformations qui correspondissent aux destinées successives de son histoire ; c'est-à-dire qu'il fallait en même temps assez de précision et assez de vague : assez de précision, pour que cette monarchie fût toujours reconnue; et assez de vague, pour qu'on pût la métamorphoser par trois fois, sans compromettre son premier signalement et les marques distinctives de son identité.

Admirez-donc ici , mes amis , avec quel bonheur ces deux conditions ont été remplies : qu'a fait pour cela Daniel ? ou plutôt, qu'a fait le Saint-Esprit parlant par Daniel? — D'abord,

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il a fait apparaître sa quatrième bote sans lui- donner on nom (épouvantable, a4-il dit seulement, affreuse et trèsrforte); puis, il n'a voulu montrer autre chose de son corps que sa tête et ses griffes, couvrant comme d'un voile d'écume le reste de sa. personne. — Regardez bien sa tête, ses cornes, ses dents, ses ongles; mais rappelez-vous que de tout le reste , rien ne vous est dit encore. Ainsi le. problème est ré* solu dans ses deux conditions; caf Daniel, vous, «montre ici la bête sous des traits assez peu terminés, pour convenir, à toute la suite de son histoire , et quelles que soient plus tard toutes ses transformations, depuis le jour où le grand Pompée, vainqueur de Mithridate , prendra d'assaut Jérusalem , jusqu'au, jour où le Fils de l'homme, accompagné de tous les

saints anges, apparaîtra sur les nuées du ciel. — . Toutes les fois donc que vous la verrez revenir, vous pourrez crier : La voilà ! — C'est dlabord un grand dragon rouge. Il est vrai, mais voyez sa tête aux dix corno$; c'est. donc Rome ! Oui, tf est Rome ; mais les dix cornes ne sont pas encore couronnées : c'est Rome impériale. — Plus tard, c'est une fciête affreuse qui sort une seconde fois de la mer avec un corps de léopard et des pieds d'ours. Il est vrai , niais voyez sa tête aux dix cornes : c'est donc toujours Rome ! Oui , mais ses cornes maintenant sont couronnées et portent le diadème : c'est Rome décem-royale. — Enfin , c'est une béte écarlate, couverte de noms de blasphèmes, sortant de l'abîme, et portant sur son dos une femme prostituée. 11 est vrai , mais voyez encore sa tête aux dix cornes.: c'est donc Rome ! Oui, c'est Rome; mais ses cornes n'ont plus de diadème : c'est Rome démocrate.

Encore une fois , vous devez comprendre , chers enfants , que je ne parle de ces détails que par anticipation ; je n'entends point vous les expliquer aujourd'hui : vous les saisirez

m rtçoi» «vtrt. — bah. tu , 7.

tris bfett éailtf quelques Jetnainee, quand fy WtteftdMî, s'ilplatl au Seigneur; ma* j%e«i ai dû dite aujourd'hui ce qn* pouvait être nécessaire pour vous faire apprécier la sagessa prophétique du Saiat»Esprit dan» la réserve même de se» descriptions* ~- J'espère donc que maintenant les plus jeunes if entre vous sauront me répéter pour quel» motifs il parait qu'une définition plus achetée et plus précise de la quatrième bâte féroce n'a pas été donnée par Daniel. — L» première de ces deux raisons, quelle était eHeî

— D fallait exprimer que cette monarchie serait un monstm sans pareil.

— Et la seconde ?

— La seconde, c'est qtf* foHak définir cette bétepor sa» coiffure eu par ses dix cornes, pour qu'on pût toujours ht reconnaître.

— Oui , mail par sa coiffure ou pa» ses dix oornesseuteroent, pour qu'on pût la transformer sans la rendre méconnaissable. Revenons donc encore une fois à notre verse* septième. D reste quelques traits à expliquer.

Si Daniel se tait sur ses formes et son nom f voyez avec quelle énergie et quelle beauté cependant H va lions peindre son caractère. — BUe était affrétée (cst-U dit au verset 7), elle était épouvantable, elle était extrêmement fèrte; eUe mangeait, elle brisait, elle foulait à ses pieds ce qwi restait.

J'avais compté vous foire encore achnfrer aujourd'hui ces descriptions du Saint-Esprit; mais il faut finir, le temps noua échappe , et je dois remettre ce sujet à dimanche prochain. -»- Cependant , pafeque le signalement de fer quatrième monarchie est complété dans notre chapitre par les versets i9 et 93 qui suivront, voua me réciterez de suite, je vous prie, pour la leçon prochaine, les versets 7, f 9 et 29.

C'est contre mon habitude et contre mon gré que j'anticipe

ainsi sur des versets plus éloignés ; toutefois, soyez sans inquiétude sur les paroles intermédiaires : nous y reviendrons plus tard , et nous reprendrons , dans nos récitations des dimanchersatoaiïtl, rordttnàtirëïd^teftatsi "

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