‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 43 sur 198 · LEURS SUPPLICES · texte numérisé non relu

LEURS SUPPLICES

vous les trouveriez plus inhumaines encore. — CommeàCoumassie, festins, naissances, funérailles, traités de paix, jours de triomphe, tout se célébrait avec du sang humain. Et cette cruauté nationale était entrée si profond dans les mœurs, qu'elle se manifestait jusque dans les circonstances qui partout ailleurs adoucissent les esprits et portent les cœurs à la bienveillance. C'était à table , dans les réunions de l'amitié , au milieu des épanchements des festins, qu'ils aimaient à se donner le spectacle du meurtre et qu'ils faisaient entrer leurs gladiateurs. C'était alors aussi qu'on apportait dans une serviette, à l'empereur ou à sa dame , les têtes des suppliciés. Cette histoire (qui , je m'en souviens, faisait frissonner mon enfance) de la tête de Jean -Baptiste apportée pendant un festin, dans une grande assiette, à la reine Hérodias par Salomé sa fille; cette histoire n'est cependant qu'une scène très journalière dans les mœurs des Romains ; et je pourrais vous en réciter bien d'autres toutes semblables , qui se psssaient à la cour pendant que Paul était à Rome.

Et quels supplices encore que les leurs ! — Pour les esclaves, la croix ; pour les hommes libres, les verges avec la hache ; et pour cela jamais leurs consuls ne sortaient sans ces verges mêmes , liées ensemble en faisceaux autour de cette hache , et portées en pompe devant eux par des licteurs ; car ils n'auraient pas voulu couper une tète sans que l'homme auparavant eût été déchiré par les verges, souvent même jusqu'à la mort. Exanimati verberibus, securi percutiebantur ; c'était la phrase consacrée.

Et quels jeux encore que les leurs ? — Si j'en disais le détail , il vous semblerait lire les passe-temps de ces ogres dont quelquefois des bonnes imprudentes effraient l'imagination des enfants. — Point de fête sans du meurtre. — Ce peuple incomparable trouvait dans le spectacle de la souffrance, des

blessures, du sang et de la mort, je ne sais quel inconcevable raffinement de volupté. Tous les jours des jeux de gladiateurs, combattant par paires dans lés cirques, dans les rues, dans les placés publiques dû dans les cours des palais ; des combats t&ntre des liotas ou des tigres ; des hommes dévorés par -des chiens oti écrasés par des éléphants. El ces jeux de cannibales étaient & profondément conformes au caractère national de la bète , qu'on ty voyait assister les dames romaines et jusqu'à leurs prêtresses vestales , sanfe pudeur et sans effroi. Qu'un juge dés hommes , thez un peuple où les femmes mêmes prenhent de tels ébats !

Je vous al protons, chefs enfants, de parler des esclaves. — "Vous itë voUS dôUtei pafe de ce qu'étaient ces malheureux chez te peuple tomam ; et vous frémiriez déjà d'horreur à la seule lecture dés lois qui les concernent dans ce fameux code qu\>n étudie encore ert nos écbles de d*oit. «L'esclave n'est ïrtns une peiteonne, c'est une chose, » dit une de ces lois. « L'esclave ne peut rien posséder, » dit une autre, « parce quvîl est lui -mettre possédé par autrui. » «Aucune injure ne peut atteindre un esclave , » dit une troisième : « cela né regarde <£ie son maître. J> 4 Lorsqu'un Romain est assassiné , » dit la loi S^lana , « tous les esclaves habitant sous le même toit , * Hommes, femntës et 'enfants, doivent être mis à mort pour « consacrer la Sûreté dès maîtres. » Et ce fut ainsi que, du temps où saint Paul était à Rome, Tan 61 , Pedaiiius Secundus (1) ayant été a&sàssihé par un esclave qui se croyait outragé , toute la ville fut grandement émue , parce qu'on vit conduire au supplice quatre cents pauvres esclaves habitants de sa maison , «ans que le nombre , le sexe , l'âge et l'innocence évidente des Victimes pût les sauver. « Aujourd'hui que

(1) Voyez note d.

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