‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 49 sur 198 · CHRONOLOGIE ET GEOGRAPHIE · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE ET GEOGRAPHIE

ou si, du poins, auelque ami n'eût été là pour vous rendre sur Nébo le môme service que je viens vous rendre ici ; je yeux dire , pour tenir devant vos yeux une carte de Canaan et pour vous en nommer toutes les parties , à mesure que le miracle aurait marché: « Voilà la mer Tibériade; voilà le Liban, voilà le Carmel, voilà Jérusalem? » —C'est alors seulement que votre admiration eût été complète et votre joie sans mélange, parce que vous auriez compris. ,

Eh bien , chers enfants, je veux aussi, Dieu aidant, qu'en étudiant Daniel, votre admiration soit complète et votre joie sans mélange , parce que vous aurez compris. Et me voici sur la montagne , pour tenir la carte devant vous , pendant que la bonté de Dieu va faire passer sous vos yeux les lointaines destinées du monde et de l'église. Ou plutôt ^ je tiens deux cartes : celle des lieux et celle des temps (telles que je vous les avais déjà données , au chapitre second , quand je

vous expliquais le songe de Nébuchadnetsar). — Dans celle-

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ci , je vous dis : a Voilà le siècle de Daniel , celui de César , celui de Constantin , celui des dix cornes , celui de la petite corne; » et dans celle-là : « Voilà la Méditerranée, le Danube,

le Rhin; voilà le territoire des Grecs , celui des Latins et des

dix cornes, celui des trois cornes arrachées et celui de la petite corne. »

Je crois donc ici devoir, avant d'aller plus loin, vous adresser quelques questions sur l'une et sur l'autre.

— En quelle année faut-il placer le commencement prophétique de l'empire de Babylone?

— L'an 606 avant Jésus-Christ.

— Mais cet empire n'existait-il pas avant cette époque , et ne vous ai-jepas dit que tère appelée de Nabonassar, ou l'an 747, marque son commencement chez les astronomes et chez les historiens; mais que dans la prophétie, le comraence-

ment d'un empire date du moment où il devient à son tour le maître et l'oppresseur du peuple de Dieu. En quelle année donc commencerons-nous l'empire de la quatrième béte?

— En l'an 65 ou 63 avant Jésus-Christ , quand les Romains, sous Pompée, détruisirent le royaume grec de Syrie et prirent Jérusalem.

— Qu'arriva-t-il l'an premier de l'ère chrétienne?

— La naissance de Jésus-Christ (1).

Oui, chers enfants, c'est à cette époque à jamais mémorable, sous le gouvernement des Romains et sous le règne de César Auguste, que parut sur la terre, comme un faible petit enfant, dans l'étable d'une hôtellerie, enveloppé de langes, allaité par sa pauvre mère et couché dans une crèche, notre grand et miséricordieux Sauveur, ce même « Fils de l'homme » que Daniel, dans ses visions de la nuit, contemplait revenant sur les nuées du ciel; en un mot, « la Parole, qui était au c commencement, qui était avec Dieu et qui était Dieu, mais « qui a été faite chair. »

Vous le voyez donc, l'une de ses premières humiliations fut de naître sujet de la quatrième béte. Avant sa naissance, sa mère dut, à cause de lui, se rendre à Bethléem par ordre des Romains, comme soumise à leur gouvernement. Le nom de son fils, qu'on appela Jésus, dut être couché dans les livres de l'empire de Rome sur le registre des naissances, et trentequatre ans plus tard sur celui des supplices. Il naquit sujet de Rome ; il paya l'impôt à Rome; il vécut soumis aux vexations de Rome ; il mourut d'un supplice romain et par des mains romaines. Ce furent, il est vrai, des prêtres juifs qui le condamnèrent ; mais c'est à Rome qu'ils le livrèrent et ce fut Rome qui signa sa sentence de mort, « Nous n'avons plus le

(1) Voyez, fin du volume, note a.

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