‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 59 sur 198 · LES VISIGOTHS DANS ROUE · texte numérisé non relu

LES VISIGOTHS DANS ROUE

et flavus exercitus ) , voilà donc cette armée qui porte avec elle des tentes consacrées au culte du vrai Dieu ; et c'est pour cela, peut-être, ajoute Jérôme, que Dieu leur a donné de vaincre nos armées ! » — Aussi, dans cette nuit où il prit Rome, Alaric la traita-t-il en Goth christianisé, a Visigoths, cette grande ville est à vous, dit-il à ses soldats au moment de l'assaut; mais épargnez les hommes désarmés, et sachez bien que je défends, sous peine de mort, qu'on outrage les temples !» — Pour l'exécution de cet ordre, il fit ranger pendant le pillage, dans les rues et sur le pont du Tibre , depuis le Forum jusqu'à la basilique de Saint-Pierre, deux longues haies de soldats goths, l'épée nue en main, pour protéger les choses sacrées qu'on transportait au temple. — Le pillage dura trois jours; et vous pouvez comprendre quelles furent alors les humiliations de la cité maîtresse. Les rues et les maisons forent inondées de sang; et les flammes, en plusieurs lieux, firent d'assez grands ravages, « Celle qui avait pillé la terre est pillée à son tour ; le sang inonde l'Empire , écrivait le prêtre Jérôme dans une lettre qu'on possède encore; les larmes ne coulent plus, on en a trop versé, elles ont tari ; le sang seul continue de couler ! »

Cependant, cette prise et ce pillage de Rome ne devait être pour cette cité superbe que le commencement des douleurs; et sa plus grande humiliation ne lui devait être infligée qu'aux jours d'Odoacre, soixante années plus tard. Alaric sortit de Rome et mourut bientôt après. Son royaume des Visigoths n'était point destiné à prendre place en Italie; il devait aller s'établir dans le midi des Gaules et dans la péninsule des Espagnes. — C'est là le premier roi ; il nous en reste neuf. — Ecoutez!

A peine les Visigoths se sont-ils constitués en Espagne sous leur roi Vallia, que voici déjà une nouvelle trompette

454 LEÇON XXXII. — DAN. vu, 24.

qui sonne à grands éclats et qui porte au loin la terreur. G'est ia trompette Vandale !

Déjà, dans le temps oti les Visigoths tourmentaient l'Italie, tatfe autre* nations germaniques, les Suëves, lès Alatas et les Vandales, avaient envahi les Gftûles; mais en 409, fatiguées des résistances qu'yen 4eUr y présentait dans les viBès murées, et ne trouvant jphis leur substance dans un pajs si souvent dévasté, elles avaient pbssé les Pyrénées comme une tempête et envahi toute l'Espagne. Je voue les ftvais déjà nommées : ce sont les deuxième, troisième et quatrième rois. — Mais voici qu'en 429 les Vandales , traversant le détroit de Gibraltar, sous Genséric leur roi, passent en Afrique, s'emparent <en peu de temps des vastes contrées qu'y possède l'Empire et deviennent Montât une puissance maritime, beaucoup pins redoutable sur ses navires qu'elle n'avait été jusque-là sur se* chevaux et ses chariots de guerre. — Dès lors, malheur pour longtemps à tous les rivages de la Méditerrannée ! C'était , dans cette grande mer , « comme une grande montagne ardente de feu qu'on y aurait jetée; » c'était (je parle avec saint Jean) <1) « comme si la mer, » sur leurs traces, « était devenue du sang. » — Geti&éric, de petite taille, boiteux, blond, captivant, hardi, MtàgaHe, ayant noyé sa bette-sœur et tué ses neveux, venait de prendre la puissance et allait devenir pour longtemps la terreur de l'Empire. — Quant à ses Vandales, c'étaient des hommes de sang et de débauche, dont le nom passe encore en proverbe pour désigner la barbarie et la dévastation. — Ils étaient, en quelques mois, ravagé comme une tetityête (dûtes ces Varies contrées que possèdent aujourd'hui l'empereur de Maroc, le roi Louis-Philippe, l'émir Abd-el-Kader et le dey

(1) Apoc. Vtt , S.

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