UNITE PERMANENTE
sur les deux autres, de vous faire admirer deux choses : d'abord , combien ce nouveau trait est extraordinaire , sans pareil dans l'Histoire; et ensuite , combien cependant il est clairement préfiguré dans la vision de Daniel. Ce troisième trait, c'est le fait étrange de la continuation d'un empire romain, après même que dix rois s'y sont établis, et malgré le partage de tout son territoire en dix royaumes indépendants les uns des autres. C'est le fait inoui d'une monarchie devenue décem-royale, et continuant cependant, en dépit de cette division , à subsister jusqu'à nos jours et durant tant de siècles comme une seule et même monarchie , sous le nom de a Saint Empire Romain » et sous le régime d'une grande unité catholico-romaine (comme je vous l'exposerai plus au long dans la suite ) ; monarchie une dans son nom , qui est romain; une dans son culte, qui est romain; une dans son chef, qui est romain ; une dans son clergé , qui est romain; une dans sa langue, qui est romaine; une dans ses lois, qui sont un code romain ; une dans sa capitale enfin , qui est toujours Rome, la Babylone des derniers temps.
Qui pouvait imaginer, je ne dis pas seulement au siècle de Daniel, mais même en l'an 408, il y a 1430 ans, quand la monarchie romaine fut envahie; qui pouvait imaginer qu'elle continuerait d'exister 4 400 ans encore, malgré son déchirement et son partage ? — Qui pouvait prévoir que ces dix royaumes goths deviendraient tous des royaumes latins? — Qui pouvait s'attendre à ce que cet empire resterait divisé en dix royaumes durant tant de siècles , malgré les efforts des plus fiers conquérants, Charlemagne , Charles-Quint, Louis XIV, Bonaparte , pour en former un royaume unitaire? — Et qui pouvait prévoir encore que, toujours divisé, toujours décemroyal, il resterait cependant toujours un par son culte, par sa capitale, par ses prêtres , par son latin , par son saint-siége ,
par ses lois ; et surtout par ce pontife trônant dans les palais impériaux, où je l'ai vu moi-même, chers enfants, il y a très peu de temps encore, vêtu comme un empereur des Romains, entouré de ses courtisans et de ses cardinaux empourprés , qui représentent toujours auprès de lui les dix royaumes latins, et qui , prosternés devant lui au nom de la catholicité romaine , lui baisaient en ma présence les mains et les genoux?— N'est-ce pas , chers enfants, que tout cela forme encore , dans l'Histoire , un trait bien extraordinaire et bien imprévoyable ?
Eh bien, ce trait, tout extraordinaire qu'il est, a été prédit comme tous les autres dans la vision de Daniel. Reprenons notre prophète.
Au verset 7, la bête latine a dix cornes; au verset 24 , ces dix cornes sont dix rois qui s'élèvent de ce royaume; mais que voyez-vous aux versets 11 et 12, comme aux versets 25 et 26? Vous y voyez que la bête, pour tout cela, n'est point détruite : au contraire, elle dure jusqu'à la fin des temps et jusqu'à l'apparition du Fils de F Homme avivant sur les nuées des deux. C'est alors, selon Daniel, et alors seulement, que la bête sera tuée (verset 11) , et que son corps sera donné au feu pour être brûlé; afin que la domination , le règne et la grandeur des royaumes qui sont sous tous les deux soit donnée aux saints du Souverain (verset 27).
Ainsi, vous le voyez , le troisième trait , tout improbable qu'il était avant l'événement , et tout unique qu'il est dans l'Histoire, devait être comme les deux autres, préfiguré dans Daniel avec la plus parfaite clarté.
Mais attendez , je n'ai pas tout dit. — Voici encore , dans Tordre des choses politiques , un quatrième et dernier caractère non inoins extraordinaire de l'empûte latin , que je viens aussi recommander à toute votre attention. — Je vous mon-