‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 70 sur 198 · DIVISION PERMANENTE · texte numérisé non relu

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tarerai, pour celui-ci comme pour les traits précédents, premièrement qu'il n'a pas non plus son pareil dans l'Histoire; et secondement , que le Saint-Esprit l'a cependant signalé dans ses prophéties avec la même beauté de ressemblance que tous les autres. — Écoutez donc encore.

L'empire de Rome fut envahi dès Tan 400 , et partagé bientôt par ses dix rois ; mais il y eut ceci de très remarquable dans cet événement , que les premiers royaumes des rois barbares ayant été détruits pour la plupart les uns par les autres, il en est cependant toujours surgi quelque royaume nouveau pour occuper la place de ceux qui périssaient ; en sorte que , depuis Àlaric jusqu'à Bonaparte , ce chiffre total de dix a continué durant 1300 années de représenter le nombre ordinaire des royaumes entre lesquels la terre prophétique des Latins a été divisée. — Ce partage étrange de l'Empire entre une dizaine de royaumes distincts s'est maintenu, malgré les révolutions et les destructions que la plupart des États primitifs ont promptement subies; et si Von voit les interprètes de ce chapitre varier -quelquefois entre eux dans les listes qu'ils nous en donnent , c'est qu'ils les prennent, dans l'Histoire, à plus ou moins de distance de la première invasion. — Les Hérules , par exemple , furent abattus par les Ostrogoths ; les Ostrogoths et les Gépides le . furent par les Lombards; les Lombards et les Bourguignons le furent par les Francs. — N'importe , mes amis : il a fallu toujours qu'au sein de ces bouleversements, des royaumes nouveaux vinssent à l'existence pour remplacer les morts , pour compléter le nombre prophétique des dix rois, et pour le ramener de siècle en siècle à son chiffre normal.

Ne lisons-nous pas, dans notre chapitre même, que trois des premières cornes'devaient être arrachées de devant la petite came ; c'est-à-dire , que trois des dix royaumes devaient être

détruits devant cette puissance habile, audacieuse et malfaisante?

— Oui , cela nous est dit d'abord au verset 8, et pois an verset 24.

— Eh bien , je pourrais vous montrer que , malgré cet arrachement, le chiffre primitif fut constamment maintenu. — Les Bavarois, par exemple, pour remplacer les Hérules, s'établirent dans l'Empire sous leur roi Theudon, qui mourut en 51 1 ; et pour en remplacer d'autres , le royaume de Glovis , dès que ce prince fut mort (en 514) , fut partagé en quatre, avec les capitales de Metz , d'Orléans, de Paris et de Soissons. — Sans doute qu'il dut y avoir, dans ces transmutations continuelles, des moments où la liste des royaumes contemporains se trouva d'une ou deux unités trop haute ou trop basse ; mais le chiffre de dix est toujours tellement demeuré la moyenne de leur nombre , que vous le retrouverez dans toutes les principales époques de la longue histoire de l'Occident ; en sorte (comme l'a fait observer le grand Newton (1) dans son beau livre sur le prophète Daniel) qu'on n'a point cessé , quel qu'ait été plus tard le nombre de ces royaumes , de les appeler « Les dix royaumes de l'Occident. » — Si vous vouliez étudier l'histoire sous ce rapport, vous verriez (2) qu'on en compte une dizaine au huitième siècle, une dizaine au temps des Albigeois , une dizaine à la Réformation , une dizaine même encore sous le terrible et puissant Bonaparte. — J'en ai fait le compte. — Outre les grands empires de France et d'Autriche , on avait alors les huit royaumes d'Espagne, de Portugal, d'Italie , de Sardaigne, de Sicile , de Naples, de Hongrie et de Bavière ; et si vous preniez la peine d'énumérer aujourd'hui sur vos doigts ceux dont vos maîtres de géogra-

(1) Note a. — (2) Note b.

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phie vous font réciter les noms, je pense que vous arriveriez encore à la dizaine. — Qui de vous me les récitera, en ayant soin de se tenir toujours dans les limites de la terre prophétique, je veux dire, en deçà du Danube et du Rhin ? Essayez, en regardant la carte.

— Le royaume des Français , le royaume des Belges , le royaume d'Espagne, le royaume de Portugal , le royaume de Sardaigne , le royaume de Bavière , le royaume Lombard- Vénitien , le royaume d'Ulyrie, le royaume des Deux-Siciles, le royaume de Wurtemberg, le royaume de Hongrie.

Voilà qui ferait onze ; mais je ne pense pas qu'il faille y placer le Wurtemberg, parce que sa capitale , située au nord du Danube, le place en dehors de la terre prophétique, bien qu'une partie de son territoire vienne toucher nos frontières. Cela nous donne donc bien dix royaumes, sans compter les républiques des Suisses. — 11 y aura sans doute encore dans ces royaumes plus d'un renversement : mais le collège des dix rois se complétera toujours. Il nous est prédit, par exemple (comme nous le verrons plus tard) , au XIe chapitre des Révélations de saint Jean (verset 13 et -14) 9 qu'à la suite d'une grande révolution sociale (d un grand tremblement de terre), et peu avant la fui de l'empire tiu'c (de la sixième trompette ou du deuxième cri, Malheur!), un des dix royaumes des Latins (un dixième de la cité) doit tomber; mais soyez sans inquiétude : il sera remplacé comme tous les autres ; et ce seront encore dix rois qui, dans les derniers temps, renverseront ensemble, comme il est écrit, la grande Babylone des Latins.

Voilà donc , vous en conviendrez , chers enfants, un trait tout extraordinaire ; il l'est certes autant que les trois autres ; et quand on pense qu'il dure depuis douze cents ans, on en est rempli d'admiration. — Eh bien, mes amis, ce trait, tout

étrange qu'il est, et précisément parce qu'il est étrange, ce trait aussi a été prédit ; car nous le trouverons clairement préfiguré dans les révélations de la bête aux dix cornes ; soit que nous les prenions au chapitre VII de Daniel , soit que nous allions les étudier en son second volume , je veux dire dans l'Apocalypse de l'apôtre saint Jean, qui n'a fait que continuer dans son livre les prédictions commencées dans celui-ci.

Ecoutez-moi bien; je vais vous en dire déjà quelques mots ce matin ; voua pouvez tous me comprendre.

Saint Jean, pendant qu'il était exilé dans l'île de Patmos, eut des visions comme Daniel , sur les longues destinées de la monarchie de Rome ; et le Saint-Esprit, pour qu'on ne pût pas en méconnaître le sens, eut soin de les lui présenter sous les mêmes emblèmes qu'à Daniel; je veux dire, sous l'image de cette même bête à dix cornes que notre prophète avait vue à Babylone six cents ans avant lui. — Or, cette bête, saint Jean la revoit à Patmos par trois fois , et chaque fois avec quelques circonstances nouvelles, destinées à figurer la marche des événements dans l'empire des Latins. — C'est d'abord en son chapitre XIIe, puis au XIIIe, puis au XVIIe. — Au XIIe, c'est Rome impériale , jusqu'à l'invasion des barbares ; au XIIIe, c'est Rome décem-royale, jusqu'à la révolution française; au XVIIe, c'est la Rome des derniers temps, la Rome démocrate, jusqu'aux jours où le Fils de l'homme viendra détruire ses ennemis et donner le royaume aux saints du Souverain. — Je vous en ai dit quelques mots précédemment ; mais je vous en reparlerai plus au long dans la suite.

— Eh bien , chers enfants, à la troisième de ces représentations, je veux dire aux jours de la Rome des derniers temps, voici ce que l'ange dit à saint Jean sur la bête aux dix cornes (c'est au chapitre XVII , verset 12) : Les dix corne$ que tu as

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