‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 75 sur 198 · MAJESTÉ DE LA VISION · texte numérisé non relu

MAJESTÉ DE LA VISION

certes, quel que soit le sens de tous ces emblèmes si hautement majestueux , il faut que les événements correspondants, el très particulièrement cette affreuse petite corne qui tient dms tout le chapitre une si grande place, aient une immense importance aux yeux du Seigneur , pour qu'il les enveloppe en de telles grandeurs aux regards de son prophète !

Eh bien, mes amis, c'est cette pensée môme qui m'enoourage à faire aujourd'hui tout le contraire de ce que probablement voua attendiez de moi. — Vous imaginiez sans doute que, laissant enfin les révolutions des empires, j'allais vous entretenir des épreuves de l'Église sous la petite corne ; et cependant non , j'en reviens aux dix rois , parce qu'on m'a fait à Oenève, contre l'explication que je vous ai donnée, deux ou trois objections auxquelles il faut répondre. J'avais compté d'abord ne les réfuter qu'en passant; mais puisqu'elles en ont embarrassé d'autres plus avancés que vous, eHes pourraient bien vous être proposées et vous inquiéter aussi. Je vais donc vous les dire ; car il fautqu'aucune ombre d'obscurité ne reste pour vous sur ces dix cornes. N'est-ce pas du milieu d'elles que se lève sur l'Occident cet ennemi de Dieu dont les entreprises émeuvent, vous le voyez, et le ciel et la terre?

Je répugnais à revenir sur ces matières politiques dont j'ai déjà tant parlé; mais quand je relis cette vision , j'y vois un devoir. Tout à l'heure encore , en vous entendant réciter vos versets, je me disais qu'éclairer de telles révélations, c'est remplir dans l'Église un office sacré. L'Ancien des jours, son trône de feu, le Fils de l'homme venant sur les nuées, les anges par myriades de myriades) Et tout cela, pourquoi? ftmr amener à terme les grands événements qui doivent s'accomplir au milieu des dix cornes ! C'est donc une grande chose, aux yeux de Dieu, que de connaître ces dix corues,

Î08 LEÇON XXXV. — DAN. Vil, 8-45.

puisqu'elles nous disent et les temps et la place de cet ennemi de Dieu. — Si donc l'Ancien des jours y met tant d'importance, n'en mettrions-nous pas? et pourrions-nous regretter aucun travail, moi pour les expliquer, et vous pour les comprendre? Dussions-nous y consacrer vingt semaines an lieu de quatre, il faudrait croire encore avoir bien employé notre temps et notre peine , puisque après tout, les chrétiens de la terre entière , à Hongkong, à la Nouvelle-Zélande, à Calcutta comme à Paris ou comme à Dublin, sont si hautement intéressés à n'avoir plus une ombre d'iqcertitude sur un personnage que la Bible leur signale depuis vingt-quatre siècles !

Quand, dans les forêts de l'Amazone , les jeunes garçons qu'un planteur avait laissés seuls dans sa cabane avec leur petite sœur, entendent de loin , pour la première fois, le serpent à sonnette , ah ! comme ils bénissent leur père de leur avoir si souvent décrit le cliquetis de ses écailles et tous les signes de son approche ; car alors chacun s'arme , se tenant sur ses gardes, et la famille est sauvée! — Eh bien, cbers enfants , étudions-nous aussi nous-mêmes à reconnaître de loin cet « Homme de péché , » afin que chacun s'arme, se tenant sur ses gardes, et que la famille de Dieu soit sauvée. — J'en reviens donc à nos dix cornes. Que vous en aije dit?

— Que ce sont dix royaumes qui se formèrent dans l'Empire par l'invasion des Barbares.

— Oui, mais en ajoutant que ces dix royaumes s'y sont dès lors continuellement maintenus , en s'y renouvelant et s'y complétant de siècle en siècle. — Or, c'est là-dessus qu'on nous fait trois sortes d'objections qu'il faut examiner.

Je vais vous les dire toutes trois , chers enfants , et j'ai l'espérance qu'elles ne serviront qu'à l'affermissement de votre foi , en mettant pour vous dans un plus grand jour la

LES DEUX JAMBES, DE PBR, NON d' AIRAIN. 209

divine précision des prophéties. Vous finirez même ainsi par avoir avec tant d'évidence la véritable place de la petite corne , que toute cette prophétie se dévidera bientôt d'ellemême claire et belle, sans coupure et sans nœud, comme se débrouillent, dans une filature, ces soies ou ces cotons qu'on a mis sur leur roue, et qui sans que l'homme s'en mêle , se filent de fuseaux en fuseaux jusqu'à venir enfin , en brillants écheveaux, se verser tout parfaits entre vos mains.

Voici la première objection. J'y mettais d'abord peu d'importance; mais l'ayant entendu proposer récemment par quelques amis, j'ai pu voir qu'elle pesait au moins dans leurs esprits, et qu'il pouvait convenir de vous mettre vous» mêmes en état d'y répondre.

Vos dix royaumes , m'a-t-on dit , ne sauraient être ceux dont Daniel a parlé dans son verset 24 ; parce que vous n'êtes allé les prendre que dans le territoire des Latins, tandis que la monarchie romaine comprenait également les deux empires d'Occident et d'Orient, représentés dans la statue par ses deux jambes de fer. Il eût donc fallu que les dix doigts de la statue , qui correspondent évidemment aux dix cornes de la bête , eussent été considérés également dans l'un et l'autre empire ; en d'autres termes, il eût fallu que les dix rois eussent été pris dans le territoire de l'empire grec, aussi bien que dans celui des Latins.

Voilà l'objection, chers enfants; qu'en pensez-vous? Croyezvous qu'en effet les deux jambes de la statue puissent représenter les deux empires d'Orient et d'Occident ?

— C'est impossible.

— Pourquoi ?

— Parce qu'alors cette division en deux n'aurait dû commencer qu'à la hauteur des chevilles ; tandis qu'elle commence au-dessus des genoux, aussi haut que le fer.

i!0 Lices mv. — DAN. &-45.

— Quand commence le fer?

— Le fer commence quand l'empire des Romains devient membre de la statue à la place des Grecs , et qu'il a pris Jérusalem.

— Oui, Tan 63 avant Jésus-Christ. Et quand commença la division des deux empires d'Orient et d'Occident?

— Elle commença quatre cents ans plus tard, sous Constantin le Grand.

— -Qu'arriva- 1- il à la statue au temps de Constantin le Grand?

— C'est alors que le fer se mélangea d'argile à la hauteur dçs chevilles.

— Et quelle est la règle suivie dans cette vision pour la chronologie respective des événements ? qu'est-ce qui la détermine? Je vous l'ai dit au chapitre II .

— C'est la hauteur des emblèmes dans les membres de la statue,

— Très bien ; mais alors , si les deux jambes de fer ne représentent pas les deux empires d'Orient et d'Occident , que signifient-el les donc ?

— Elles signifient que l'empire des Romains, au lieu d'être monarchique, serait républicain, sous le gouvernement de deux consul? (i).

— Oui, je vous l'avais ainsi expliqué; mais je crois qu'on peut dire mieux encore , et que les deux jambes de fer signifient que l'empire romain serait, comme vous le dites, républicain ou constitutionnel , reconnaissant deux maîtres , LE SÉNAT et LE PEUPLE ; car j'ai remarqué , depuis mes leçons sur le chapitre II, que ces deux maîtres étaient rappelés dans tous les actes , dans toutes les lois et sur tous les monuments

(1) Note a.

LES DEUX JAMBE* , ÛE ?Bft, NON 9* AIRAIN. 244

de Rome, et qu'on y désignait toujours ces deux maîtres par ces quatre lettres j S. P. Q. R. « Semtus Popufus Que Bo* manm; » c'est-à-dire , a le Sénat et le Peuple de Rome, p -«• Que faut-il donc conclure de tout cela?

— Que les deux jambes de fer ne représentaient pas, comme on le prétend , les deux empires des Latins et des Grecs.

— Très bien ; et cela parce que cette division en deux empires n'eut lieu , comme vous l'ave? dit , que quatre cents ans après le commencement des jambes de fer. —Mais cette première réponse que vous venez de faire à l'objection , bien qu'elle soit très solide , n'est point la seule ni la plus forte : il en est une autre beaucoup plus simple encore et sans réplique. — Je voudrais que vous me la trouvassiez vousmêmes, en relisant le verset 35 du chapitre de la statue. — Regardez bien , et vous verrez tout de suite que l'objection ne saurait être avancée par des personnes qui se seront donné le temps d'étudier leur texte. Ecoutez.

S'il était vrai que les deux territoires des Latins et des Grecs fussent représentés par les deux jambes de fer du chapitre second (ou par la quatrième bête du chapitre VII); en d'autres termes, s'il était vrai que, dans la statue, l'airain fût devenu du fer par les conquêtes de Rome , alors, je vous le demande, où sera l'airain!

— Il est bien clair que tout étant devenu fer par les conquêtes de Rome, il n'y aurait alors plus d'airain.

— Et qu'est-ce que l'airain ?

— Le territoire de la troisième monarchie.

— Quel est ce territoire?

— La Grèce, la Macédoine, la Thrace, l' Asie-Mineure, la Syrie et l'Egypte.

— Mais alors cette opinion, qui suppose qu'après les con-

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quêtes de Rome il n'y a plus d'airain , parce que tout est devenu fer, cette opinion est-elle conciliable avec le texte de Daniel au verset 35 ?

— Elle n'est pas conciliable ; puisque, dans Daniel, l'airain existe toujours jusqu'à la fin des temps.

— Sans doute ; et selon Daniel l'airain existe encore , non-seulement après les conquêtes de Rome , mais même à l'époque bien plus avancée où l'empire des Romains sera détruit par la petite pierre détachée de la montagne. — Qu'en faut-il donc conclure ?

— D en faut conclure que la Turquie d'Europe, la Grèce, la Thrace, l'Asie Mineure, la Syrie et l'Egypte sont encore l'airain , et n'ont jamais été le fer.

— Très bien ! jamais le fer de la statue ; jamais le corps de la quatrième bête ; jamais le territoire spécial de la quatrième monarchie. — Et pourquoi ?

— Parce que, sans cela, il serait impossible de dire ce que c'est que cet airain dont parle Daniel au verset 35.

— Récitez-nous ce verset 35.

Alors furent brisé* le fer, la terre, f airain , forgent et ror; et ils devinrent comme la paille de Caire (fêté que le vent emporte çà et là.

— Qu'est-ce que l'argent?

— Le territoire spécial des Mèdes et des Perses.

— Où était-il?

— A l'orient du Tigre.

— Et où était le territoire spécial de la tête d'or?

— Entre le Tigre et l'Euphrate.

— Et le territoire spécial de l'airain?

— Entre l'Euphrate et l'Adriatique.

— Et le territoire spécial du fer?

' — A l'occident de l'Adriatique et du Rhin.

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