‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 76 sur 198 · LES DEUX JAMBES , DE FBB, NON D AIRAIN. JM · texte numérisé non relu

LES DEUX JAMBES , DE FBB, NON D AIRAIN. JM

— Si donc ces deux derniers territoires étaient devenus du fer par les conquêtes de Rome , et s'ils formaient les deux jambes de la statue, vous dites avec raison qu'il n'y aurait plus d'airain. Et pouvons-nous admettre, d'après Daniel, que dans les derniers temps il n'y ait plus d'airain ?

— On ne peut pas l'admettre, puisqu'aux derniers temps de l'empire romain , l'airain nous est dit être brisé aussi bien que le fer ; — le ventre et les cuisses aussi bien que les jambes.

— Que diriez-vous donc de cette première objection , qui voudrait nous faire mettre le territoire d'Alexandre le Grand dans le corps de l'empire romain, et nous obliger d'y chercher aussi nos dix cornes ? — Qu'en diriez-vous ?

— Que c'est mettre les jambes d'un homme dans son ventre.

— C'est donc une pensée très malheureuse.

— Oui , très malheureuse.

— En effet, chers enfants, je vais vous lire là-dessus quelques paroles très bonnes et très simples du grand Newton : je les prends dans le quatrième chapitre de son Commentaire sur Daniel (4). Ecoutez :

« Les peuples de Chaldée et d'Assyrie, .dit-il, sont encore la première bête ; les peuples de la Médie et de la Perse, encore la seconde; les nations de la Macédoine , de la Thrace, de l' Asie-Mineure, de la Syrie et de l'Egypte, encore la troisième; et par conséquent, enfin, les peuples qui vivent en Europe, à l'occident de la Grèce et du Rhin, encore la quatrième. »

Et il ajoute : « De même que vous ne cherchez le corps de la troisième bête qu'en deçà de l'Euphrate , vous ne devez

(1) Note b.

CIA LCÇON XXXV. — DAH. M 5.

chercher celui de la quatrième qu'en deçà de la Grèce. Et de même que vous ne placez la quatrième tête du léopard , macédonien qu'en deçà de l'Euphrate, vous ne devez placer non plus les onze cornes de la béte romaine qu'en deçà de la Grèce. — Quand vous décrives les quatre royaumes dans lesquels se divise l'empire grec macédonien , vous ne parlez ni des Chaldéens ni des Perses. C'est pourquoi aussi, qtiand vous décrivez les onze royaumes dans lesquels s'est divisé l'empire latin, vous ne devez non plus parler ni des Grecs ni de Gonstantinople ; car c'est là le corps de la troisième bête.»

Ainsi parlait Newton. Vous le voyez donc, nous ne pouvons pas attribuer un môme pays à plus d'une monarchie comme son territoire spécial; chacune des quatre bêtes avait son propre corps; et les conquêtes qu'elles ont pu faire tour à tour au delà de ce territoire n'ont jamais, d'après Daniel, fait partie de leurs corps : c'étaient seulement, comme nous l'avons vu pour l'ours persan (VII, 8), des côtes dans leur gueule, plutôt que des membres dahs leur corps. <t Les trois votes que tours tenait entre ses dents, o a dit Newton, « étaient les royaumes de Lydie , de Babylone et d'Egypte. % Ces proies, dans sa gueule, ne furent donc jamais des membres de son corps. — L'Egypte, par exemple, la Syrie et l'Asie Mineure ont successivement appartenu aux quatre monarchies; mais ces pays n'ont fait réellement partie que du corps de la troisième. — L'airain, le fer, l'argent et l'or ont toujours existé dans la statue, bien qu'ils n'aient dominé que tour à tour. Les dix doigts de fer et d'argile ne sauraient donc être cherchés ni dans Gonstantinople, ni dans la Perse, ni dans la Mésopotamie; car ce serait chercher, comme vous l'avez dit, les orteils d'une personne ou dans son ventre, ou dans sa poitrine, ou dans sa tête.

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Par conséquent, nous concluons que les dix cornes ne doivent être cherchées que dans le territoire des Latins. — Voilà donc pour la première objection : je passe maintenant à la seconde. .

Celle-ci, chers enfante, nous fait une difficulté qui nous semblera bien moins importante, mais qui cependant est d'une très grande portée pour l'interprétation des prophéties de Daniel et de l'Apocalypse. Elle nous reproche de n'avoir pas compris la Grande-Bretagne dans la terre prophétique, et de ne pas compter les Anglo-Saxons au nombre des dix cornes.

En cela, nous dit-on, vous vous éloignes de la plupart des autres commentateurs. U vous sera facile, Monsieur, de trouver votre nombre de dix, si vous vous permettez ainsi d'éliminer des terres de l'Empire celles qui vous apporteraient des unités de trop ! L'Angleterre, cependant, a fait trois cents ans partie du territoire romain , et comme tout le reste de l'Empire elle a été soumise à l'invasion des Goths. Les Angles qui l'ont conquise et qui lui ont même fait changer son nom de Britannia contre celui d'Angli*, nappartenaieut-ils pas à la même race que vos dix autres rois?

Telle est la seconde objection, chers enfants : je vais y répondre avec quelque étendue , parce que cette question est d'une grande importance pour l'explication subséquente des révélations de Dieu , et aussi , parce que plusieurs des commentateurs anglais les plus respectables ont fait fausse route, pour avoir mal à propos voulu mettre leur pays au nombre des dix cornes ; — même tout récemment , mon ami , l'excellent Elliott,dans son bel ouvrage sur l'Apocalypse.— Je vous prie donc de donner à ce sujet une attention sérieuse. Vous en verrez plus tard l'application.

Voici les principales raisons pour lesquelles U n'est pas per-

216 LEÇON XXXV. — DAlf. 8-45.

mis de ranger l'Angleterre dans la terre prophétique. Je vous en dirai cinq.

Première raison. L'Angleterre n'appartenait point encore aux Romains quand les jambes de fer succédèrent aux cuisses d'airain, je veux dire, quand les Romains devinrent la quatrième monarchie par la prise de Jérusalem ; ni même trentetrois ans plus tard , quand César Auguste fonda sa dynastie impériale, et donna des formes nouvelles au gouvernement de Rome. Horace , de son temps , en faisait un autre monde : Et penitus , disait-il, et penitus toto divisas ab orbe Britannos. — L'Angleterre ne fut conquise que sous le règne de Claude, l'an 43 de l'ère chrétienne , c'est-à-dire 406 ans après que l'empire des jambes de fer eut commencé dans la statue.

Vous vous rappelez , je l'espère , chers enfants , les deux principes d'après lesquels se peut déterminer avec exactitude la géographie de la terre prophétique. Je vous avais dit qu'on pourrait en employer quatre; mais je ne vous en avais énoncé que deux. — Quels étaient-ils ? dites-moi d'abord le premier.

— Le premier, c'est que, pour connaître le territoire spécial d'une monarchie , il faut chercher tout simplement celui qu'elle occupait quand elle devint partie de la statue et

qu'elle prit Jérusalem.

— Et le second?

— Le second , c'est que pour connaître le territoire de chaque monarchie , il faut chercher qu'elle est la langue qu'où sait y avoir prévalu.

— Bien ; à l'orient du Tigre, quelle langue?

— Le persan.

— Entre l'Euphrate et le Tigre ?

— Le chaldéen.

— De l'Euphrate à l'Adriatique ?

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