‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 88 sur 198 · SA PETITESSE · texte numérisé non relu

SA PETITESSE

au delà même de toutes ces terres romaines. Quoi qu'il en soit, toujours faudra-t-il que ee roi, comme pouvoir temporel, ait son patrimoine (dirai-jet) ou son territoire particulier dans quelqu'une des contrées que vous venez de nommer.

— Et de plus, chers enfants, si je mettais sous vos yeux la suite des actes du pouvoir impérial dans la monarchie des Romains , que faudrait-il encore que nous y trouvassions?

— Que le pouvoir de la petite corne en est sorti.

— Très bien ; mais ce détail se rapportant plutôt à ses origines qu'à sa géographie , j'y reviendrai plus loin. — Pour le moment donc, passons au troisième trait.

Troisième trait. — SES DIMENSIONS ; par où je veux dire sa petitesse comparative au milieu des dix autres. — Notez bien, je vous prie , ce nouveau caractère si parfaitement reconnaissable et si nettement desçjné : c'est que cette puissance politique et théologienne , qui devait se révéler au monde comme un si redoutable ennemi de l'Église de Dieu dans l'Empire Romain , devait, en tant que prince temporel, être le plus petit des onze rois de la catholicité latine ; petit, entendons-nous bien, non pas quant à son génie, à ses prétentions , à ses grandes paroles; mais petit comme corhk de la bête; petit quant à son territoire*, car il est très évident que , comme puissance spirituelle, ce prince de l'empire des Latins doit prendre le premier rang au collège des dix rois. — « Son apparence , nous dit Daniel au verset 20 , était plus grande que celle de ses dix compagnes. Hais en même temps, comme puissance temporelle, comme corne ou prince cour mné , il devait être remarquablement petit entre tous les autres. Et voici , dit-il , une autre corne, PETITE, — H est donc très évident que son grand pouvoir de mal

faire ne s'exercera que par « ses yeux » et par c sa bouche, » dont il va nous être parlé d'une manière si remarquable; je veux dire , par les habiletés de son génie et les violences de sa parole. — Ce ne sera donc pas, l'avez-vous bien compris? par la grandeur de son territoire. Que l'un de vous me réponde.

— Non , puisque , comme corne ou prince temporel, il doit être petit.

' — Et par exemple, cher enfant, à le prendre aujourd'hui dans l'Empire Romain , vous figurez-vous quelle devait être à peu près sa grandeur?

— Il n'y aurait qu'à se le figurer plus petit que les plus petits.

— Oui, plus petit, par exemple, que notre voisin , le roi sarde, ou que le roi de Bavière, ou que celui des Belges. — Le roi des Belges a trois millions et demi de sujets ; celui de Sardaigne , quatre; celui de Bavière , quatre. Il faudrait donc , comme vous l'avez très bien dit, qu'aujourd'hui le roi théologien n'en eût guère que deux : comme notre république des Suisses, chez qui personne {il faut le dire) ne porte le diadème ; ou encore, que deux et demi, comme les États de l'Église, chez qui le souverain (il faut aussi le dire), au lieu d'un diadème, en porte trois ; mais chez qui le territoire n'a que 44 lieues de largeur et que 9,000 soldats, dont la plupart encore sont des Suisses.

Voilà donc déjà trois caractères très bien tracés de cet ennemi de Dieu; répétez-les.

Premièrement , c'est une puissance temporelle ; secondement, il a son royaume dans l'Empire Romain, tenant son pouvoir des empereurs romains; et troisièmement, ce royaume est le plus petit des onze royaumes romains.

Très bien ; écoutez maintenant son quatrième trait.

SON COmiHNGBlfBNT. %

Quatrièmement, — SA CHRONOLOGIE; par où j'entends seulement celle de son commencement; car, pour celle de sa fin, vous avez pu voir déjà par l'ensemble du chapitre et plus particulièrement par notre verset 21, que ce roi théologien ne sera détruit qu'aux approches des derniers temps , alors que c le Fils de t homme paraîtra sur les nuées du ciel. » — Rappellez-vous donc bien que nous aurons à nous occuper plus tard de ce qui concerne cette fin, et que je ne parle ici que de son origine. En étudiant encore de près Daniel , vous le trouverez aussi positif sur ce trait que sur tous les autres.

Et voici encore une autre petite corne. D y a dans l'original : Et voici une corne AKHARI( proprement a qui vient après)* petite, montant entre elles.

Puisqu'elle montait entre elles, il est clair qu'elle n'a dû commencer, POUR LE PLUS TOT, qu'après leur apparition; et c'est pour cela que les dix, dans ce même verset, sont appelées les premières : et trois des premières (est-il écrit) furent arrachées de devant elle. — Et c'est encore pour cela que (au verset 24) l'ange déclare que cet ennemi de Dieu ne se montrerait à l'Empire Romain qu'après les dix rois. Les dix cornes, dit-il, sont dix rois qui s'élèveront de ce royaume; et un autre s'élèvera après eux. — APRES EUX, rien n'est plus clair ! — Et quant à eux, vous savez déjà l'époque où ils ont commencé. Les Visigoths, par exemple, qui vinrent les premiers : quand établirent-ils leur royaume dans l'empire des Romains?

— Ils l'établirent d'abord après la mort du grand Théodose, vers l'an 400.

— Oui, l'an 412. — Et les Lombards, qui vinrent les derniers? je vous l'ai dit :

40 LEÇON XXXTU. — *AJf. VII, *, 9, 40, 44.

— -Les Lombards passèrent le Danube en 806, et s'établirent en Italie en 568.

— Très bien : il est donc évident par là que la petite esme n'a pu commencer, POUR LE PLUS TOT, qu'en 536.

J'ai dit pour ut ru» tôt, puisqu'elle vient après les dix; mais ce pourrait être rues tihd. — Qu'il soit seulement bien entendu qu'elle n'a pas pu commencer de percer la peau du terrible front et se montrer au monde romain comme «ne corne avant l'an 3S6. — C'est là déjà certes un point assez important, et vous allez voir cependant que nous pourrons en dire tout à l'heure quelque chose de plus précis encore; car nous en viendrons même jusqu'à fixer les époques de sa grandeur et celles de sa durée aussi bien que celles de son commencement.

Je passe pour le moment à son cinquième caractère.

Ce cinquième trait, ce sont SES ORIGINES; par où je veux dire, le mode silencieux et lentement progressif de ses premiers accroissements. — Ecoutez Daniel : — comment devaitelle apparaître ? étaitree comme les dix autres, tout d'un coup, avec violence, et déjà toute formée?

— Non; car il dit qu'elle montait/ Et voici une autre corne petite montait entre elle*.

— C'est donc à dire que cet ennemi de Dieu dans l'Empire Romain, au lieu de se montrer soudain, à grand bruit, aux éclats de la trompette, comme les Alaric ou les Odoacre; non-seulement n'atteindrait jamais en grandeur le plus petit des autres rois, mais devait se présenter d'abord au monde comme à peine visible, grandissant lentement et par des progrès inaperçus. — Les dix premières cornes s'étaient offertes à Daniel toutes à la fois , toutes déjà grandes et menaçantes, toutes au sein de la mer écumeuse, au bruit des quatre vents des deux; tandis que celle-ci, non-seule-

ment c'e&aprèê les antres, au milieu des autres, -plus petite que tontes les autres, mais c'est en silence et sous les apparences les phis innocentée qu'elle peroe lentement le front de la béte féroce. — Il est donc bien évident que ce roi théologien, qui semble devoir être en quelque sorte un Mahomet romain, ne prendra point sa place, comme celui d'Orient, au bruit des armes et par ses violences; non! ce sera par sa patiente ha* btteté, par ses artifices, par sa clairvoyance et par les ressources de sa parole, comme nous l'indiqueront tout à l'heure et ces yeux et cette bouche qui lui sont attribués. — A sa première apparition, le monde, tout occupé de la béte féroce et de ses dix grandes cornes, ne prendra nul souci d'une on* vème corne. Que pourrait-il en craindre, innocente comme elle cet, modeste, chétive, incapable de frapper t—* Mais attendez; bientôt voua la "verrez à l'œuvre : die remuera le monde, elle effrayera la terre du brait de ses paroles, elle bouleversera l'Église, «t elle fera mourir les saints, elle blasphémera JNeo même, et son apparence sera plus grande que celle dauame de ses compagnes !

Voilà donc encore un cinquième trait de ce Mahomet de l'Occident. — Ce n'est pas seulement un roi prenant place, au sixième siècle, dans l'empire des Latins sous la sauvegarde du pouvoir impérial et s'y faisant reconnaître à la petitesse de son territoire; c'est encore un prince qui, bien qu'en hostilité bruyante contre Dieu, contre ses saints et contre sa loi qn'i/ prétend changer, doit ne grandir en Occident que sourdement, petit à petit, de nuit et de jour, comme croit une corne sur le front d'un taureau. Et voici, cette corne montait, a dit Daniel.

Cependant, j'ai d'autres traits encore à vous signaler dans notre verset 8. — Il m'en reste trois ; et vous allez voir qu'ils ne sont ni moins clairs, ni moins précis, ni moins

Il LEÇON XXXVII. — »AK. VII, 8, 9, 10, 14.

dignes non plus, chers enfante, de toute votre attention. Je continue.

Sixième trait.— SES ACCROISSEMENTS, comme prince temporel. — Et trois des premières cornes, est-il écrit, furent arrachées par elle. — Ainsi s'exprime ici votre version; mais à parler plus exactement , Daniel ne dit pas par elle; il dit devant elle, ou plutôt de devant elle. — Il y a proprement* a Et trois des premières cornes furent déracinées de de* vont elle. »

Pouf nous faire une juste idée de l'événement ici prophétisé, il convient d'examiner avec soin les autres expressions qui s'y rapportent dans ce même chapitre. — D'abord, au verset 20, il est dit : Et touchant ce que par son moyen (proprement, de devant elle) les trois étaient tombées; et au verset 24, l'ange pour expliquer ce trait, dit à Daniel : Et un autre (roi) s'élèvera après eux, et abattra trois rois; employant ici, dans son chaldéen, le même verbe qu'au chapitre quatrième (verset 37), où il était dit : « Le roi des cieux peut ABAISSER « ceux qui marchent avec orgueil; » et qu'au chapitre suivant (verset 22) : « Toi aussi, Belsatzar, tu n'as pas humilié (ou ABAISSÉ) ton cœur; » et encore (au verset 19) : a II ABAISSAIT ceux qu'il voulait. »

Ainsi donc, vous voyez, par le verset 8, que trois des premières cornes devaient être DiRAcmiBs de devant le roi théologien; par le verset 20, que ces trois carnes devaient tomber de devant lui; et par le verset 24, qu'il abattrait ou abaisserait trois des premiers rois.

Voilà donc encore un trait très important qui devra se trouver dans les destinées du roi théologien ; c'est un événement historique : a il abattra trois des premiers rois; » ceuxci devront a tomber, » et leurs royaumes être « déracinés de c devant sa face.*

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