‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 89 sur 198 · SON COMMENCEMENT POUR LE PLUS TARD · texte numérisé non relu

SON COMMENCEMENT POUR LE PLUS TARD

Mais ici je vous prie d'observer, avant d'aller plus loin, quelque chose de très intéressant : c'est un rayon de lumière qui ressort de ce sixième trait, et qui va jeter derrière nous sur le quatrième, des clartés inattendues. — Écoutez par quel raisonnement très simple je vais lui ouvrir la fenêtre pour lui donner cours, et le laisser tomber sur ce quatrième trait, c'est-à-dire (vous vous le rappelez) sur notre chronologie.

Et d'abord, tout le monde conviendra que, si nous connaissions quelles sont , parmi les dix cornes , celles que la prophétie désigne comme abattues par la onzième, nous pourrions par là déterminer et le lieu du roi théologien dans l'Empire, et son temps dans l'Histoire (en d'autres termes, et sa géographie et sa chronologie) -, car alors nous saurions quelles sont les terres dont il a fait ses terres; et quelles sont les années où, pour le plus tard, il existait déjà. Pour le mement, je ne suis point en état de rien conclure de précis sur son lieu (cela viendra plus loin); mais voici, sur sa chronologie, une donnée nouvelle. Qu'avions-nous déjà reconnu sur ce point?

— C'est que la petite corne ne peut pas avoir paru plus tôt que l'an 596.

— Eh bien , je suis en état maintenant de vous montrer qu'elle ne peut pas, non plus, avoir paru plus tard que l'an 714 . Et voici comment je le prouve : c'est par un raisonnement très simple , c'est par ces quatre points.

Premier point.-— Puisque le roi théologien devait abattre trois royaumes, il est clair qu'il a dû exister avant cet événement.

Second point. — Puisqu'il devait déraciner trois des dix royaumes , il est clair encore qu'il n'a pu le faire plus tard que l'époque où les trois derniers de ces dix royaumes ont été déracinés»

U UÇOM xxxvn. — DÀH, vu, e, 9, 49, 44.

Troisième point. —Si donc non* venons à trouver l'Histoire le renversement de tous ces dix royaumes , pourrons dire qu'il n'a pu paraître PLUS TARD que la obole des trois derniers. — N'est-ce pas évident?

—Oui, ce pourrait bien être tua* tôt, mais ce ne peut être bumtàhi»»

— Vous l'avez très bien dit, cher enfant: ee pourrait être PLUS TOT, si les trois royaumes mentionnés par Daniel ont été les premiers tombés au lieu d'être les derniers; mas, je le répète, ce ne peut être tua* tuld.

Quatrième point.— Si, maintenait, je consulte Hfistoue, je trouve qu'à l'exception du royaume des Français, qui n'a j** mais cessé d'exister depuis le roi Clovis au roi Louifr-Pfetltppe, les dix premiers rois qui se partagèrent l'Empire furent tous déracinés avant l'an 774 ( le neuvième, celui des Lombards, le fut à cette époque, et le huitième, celui àmY'mgote, le fut en 714). D'où je conclus (et ceci demande attention) qu'en supposant les trou royaumes déracinée être tout justement les trois derniers survivants d'entre les dû (savwr , le royaume des VisigothS; celui des Lombards et celui des Français), encore faudrait-il, dans cette supposition, que la petite came, pour en renverser (rois , eût déjà paru au plus tèmb avanl l'an 741. — Àve&-vous compris ce raisonnement, vous, le premier du sixième banc!

— Oui ; car , si elle eût paru quand il n'en restait pins qu'une ou même plus que deux, elle n'eût pas pu en déraciner trois.

—Voici donc, chers enfants, ce que je trouve dans les historiens, sur la chute successive des dix royaumes gotha,— Le premier détruit fut celui des Àlams , par .les Vingottas , l'an. 41 &> le deuxième, celui des Hérules, par les Osftrogotfaa, l'an 403 ; le troisième et le quatrième , celai des Bourguignons par les Francs , et celui des Vandales par lea Grecs;

PAS PLUS TAJU) <HJ*MI DCCXI. 45

pais le cinquième, en 553, celui des Ostropoths, aussi par les Grecs; le sixième , en 560 , celui des Gépides, par les Lombards ; le septième , en 585 , celui des Suèves , par les Visigoths; et enfin, comme je l'ai dit, le huitième , celui des Visîgoths, qui tomba sous les coups des Arabes en 714 ; et le neuvième, celui des Lombards, sous les coups des Français, en 774.

Si doue on vent supposer que le roi théologien ait Cent son apparition lephtê tard pœsible , et si, pour cela, fou admet que les trois royaume* déracinés de devant hd aient été les pins tard survivants, encore faudrait-il reconnaître qu'il n*a pu paraître plus *am> que la chute des Visigoths, Tan 711 .

Voilà donc ici de précieux documents qu'il faut ranger au chapitre de la chronologie, et joindre à ce que j'en ai dît quand nous en étions an quatrième trait. Que l'un de vous veuille bien me répéter où nous en sommes arrivés sur ce sujet*

—Premièrement : ta nus tôt que Tan 526; et, secondement, pas plus tard que Tan 711.

— Ajoutez, troisièmement , que ce personnage doit exister encore aujourd'hui quelque part, puisqu'il a dû paraître avant l'an 711, et puisque, d'après Daniel, il ne tombera que dans les derniers temps. — Et ajoutez , quatrièmement, qu'il faut, puisqu'il n'est pas mort, qu'il ait vécu déjà plus de 1130 ans. Comprenez-vous cette conclusion?

—Oui, puisqu'il a commencé d'être pour le plus tard en 711, et qu'à 711 si l'on ajoute 1130 ans, on arrive à 1844.

— Vous voyez donc que , sans détermines* encore exactement sa durée, nous pouvons attester qu'elle sera liés longue; puisque, à ne placer son commencement que le plue tard poesiWe (en 711) et son terme k plue tôt possible (à demain par exemple), vous obtenea un chiffre déjà si haut. — Et

46 LBÇON XXXVU. — DAJf. VII, 8, 9, 40, 44.

encore ce chiffre n'estr-il qu'un minimum; car j'aurais pu mettre son commencement à Tan 596 , et son terme, je ne sais où. Mais nous aurons à dire plus tard sur ce sujet quelque chose de plus précis. Plus qu'un mot.

J'ai dit qu'il ne fallait attendre sa fin que dans les derniers temps, parce que nous lisons, verset 9 : Je regardais jusqu'à ce que les trônes furent roulés, et que t Ancien des jours parut; et au verset 44 ; Et je regardais à cause de la voix des grandes paroles que cette corne proférait ; je regardais donc jusqu'à ce que la bête fut tuée, et son corps détruit et donné au feu pour être brûlé; — et encore , au verset 24 : Savais regardé comment cette corne faisait la guerre contre les saints et les surmontait jusqu'à ce que F Ancien des jours fut venu, et que le jugement fut donné aux saints du Souverain, et que le temps fut. venu auquel les saints obtinssent le royaume ; — et au verset 26 : Mais le jugement se tiendra, et on lui ôtera sa domination en le détruisant et le faisant périr jusqu'à en voir la fin. — Je passe maintenant à un nouveau caractère de cet ennemi de Dieu.

Septième trait. — SA. CLAIRVOYANCE; c'est-à-dire, son intelligence extraordinaire, son habileté consommée. — Et voici y est-il écrit, il y avait en cette corne des yeux semblables aux yeux dun homme.

Ce trait est admirablement dessiné dans les symboles de la vision. D'où peut , d'après Daniel, venir au roi théologien la puissance de régenter l'Empire, de tourmenter l'Église et de remuer le monde pendant onze cents ans ; puisque, arrivé plus tard que les dix autres, il en est aussi le plus chétif , au moins comme prince temporel? Cela vient de ses yeux ; oui, de ses yeux. — Une corne qui porte des yeux! une corne forte par ses yeux! quelle conception bizarre, hardie, trop hardie, dirait-on, si ce n'était l'Écriture qui

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