‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 91 sur 198 · SA BOUGRE · texte numérisé non relu

SA BOUGRE

« déclare avec assurance (ego autem fidenter dico) que celui « qui prend un tel titre ou qui désire le prendre, est dans « son orgueil un précurseur de 1* Antichrist ( m elatione sud <r Antichristum prœcurrit) ; parce qu'il ose, dans sa superbe, « se placer lui-même au-dessus de tous les autres (quia su~ « perbiendo se cctteris prœponit! » (4)

Voilà donc, chers enfants , les deux sens probables de ces yeux. Vous pouvez choisir; ou plutôt, c'est à l'accomplissement d'en décider : il vous dira seul avec pleine certitude lequel des deux est le véritable, ou si tous les deux même ne le seraient point ensemble. — Ainsi donc , ces yeux représentent une habileté extraordinaire , pleine d'artifice et de génie ; ou bien encore, une surveillance souveraine, un épiscopat universel , que s'arrogera sur l'Église cet ennemi de Dieu.

Quant à moi , je ne repousse point ce dernier sens adopté par Newton ; mais j'attends que la suite de nos recherches dans l'Histoire en puisse décider; et pour le moment, je préfère m'en tenir avec vous à l'interprétation la plus générale , en me contentant de dire que ces yeux indiquent , chez le roi théologien , une supériorité monstrueuse d'intelligence qui fera sa grandeur, une sagacité diabolique qui lui permettra de pénétrer dans les plus mauvaises profondeurs du cœur de l'homme et « dans les profondeurs de Satan , comme ils t parlent (4). &

Huitième trait : SON LANGAGE. — Etle avait , est-il encore écrit au verset 8 , elle avait une bouche qui disait de grandes choses.

Une bouche outre ces yeux ! une bouche au bout de cette corne! Quelle étrange corne, et quelle étrange bouche ! Ger-

(1) Note c (S) Apte, n, a*.

tes, il ne faut plus s'étonner, puisque le Saint-Esprit a trouvé nécessaire de recourir à de telles hardiesses pour représenter le caractère de cette malfaisance, il ne faut plus s'étonner d'entendre l'ange (au verset 24) nous dire a que ce roi sera différent de tous les autres/ — Ceux-ci sans doute régneront trop souvent, dans l'ordre des choses temporelles, avec une brutale injustice; mais c'est dans l'ordre des choses spirituelles que celui-là va porter par sa méchante bouche les plus affreux ravages : c'est cette bouche qui fera tout le mal! Il faut donc bien comprendre qu'une si hardie conception doit désigner un objet aussi peu commun dans l'histoire des nations, qu'une telle bouche pourrait l'être dans celle de la Nature. Et ce qui prouve d'ailleurs que l'événement correspondant à cette monstruosité doit avoir une immense portée dans cette prophétie , c'est l'importance qu'y attache Daniel dans la suite de la vision : rien ne l'a frappé si vivement; il y revient à plusieurs reprises, il en exprime tout son étonnement. Je me rendais attentif à cause de la voix des grandes paroles que cette corne proférait , dit -il au verset M, et je voulus savoir la vérité touchant cette bouche qui proférait de grandes choses, dit-il au verset 20. Les dix rois n'étaient que des cornes à la manière des cornes; mais celle-ci ne ressemble à rien ; et c'est par sa bouche surtout , aidée du méchant travail de ses yeux, qu'elle exerce sa puissance de nuire. Les Alaric, les Odoacre, les Alboin, lesGenséric, n'étaient que de simples grandes cornes portant des coups brutaux; mais celui-ci, quel mal pourrait-il faire, si ce n'est par sa bouche? Et cette bouche encore , quel mal , si ce n'est par son langage ? Ce ne saurait être par des morsures? Sur un si grand monstre aux dents de fer, à la gueule de lion, que pourrait une pauvre petite bouche, au bout d'une pauvre petite corne? Et encore, comment mordrait-elle, enfoncée

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