‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 96 sur 198 · TRENTE-HUITIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-HUITIÈME LEÇON

^ (Daniel, ch. vn, y. 9. 10.)

9. Je regardais, jusqu'à ce que les trônes furent roulis , et que F Ancien des jours s'assit. Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine nette; son trône était des flammes de feu, et ses roues un feu ardent.

40. Un fleuve de feu sortait et se répandait de devant lui; mille milliers le servaient, et dix mille millions assistaient devant luu Le jugement se tint et les livres furent ouverts.

Quelle leçon solennelle que celle de ce jourl Nous voici transportés de la terre au ciel par l'Esprit prophétique. Ces deux versets déjà nous introduisent au tribunal du Très-Haut, et nous font assister à ses jugements ; au moins en voyonsnous ici les apprêts sublimes : « l'Ancien des jours s'assied, les anges par milliers assistent devant lui, le jugement se tient, les livres sont ouverts. Malheur désormais à tous ses ennemis ! malheur surtout à la béte et à sa petite corne ! Vous le voyez, ce n'estjplus dans l'avenir seulement, ce n'est plus sur la terre,

LfeS APPRET* DU JUGEMENT DB DIEU. 33

c'est au ciel , c'est au milieu des mille milliers de milliers d'anges que Daniel nous transporte pour nous faire contempler la fin de ce méchant. — Dans les versets précédents, c'était la terre et les iniquités de la terre , les conquêtes , les hérésies , les dix rois, l'Homme de péché : ici, c'est le ciel et ses grandeurs , c'est l'Ancien des jours et son trône de feu.

Et pourquoi tout cela? l'avez- vous compris? — Le Saint- Esprit, mes amis, veut ici nous apprendre à voir toujours les événements de ce monde comme à la lumière du ciel et sous le regard du Très-Haut. — Si son église sur la terre est tourmentée, il faut qu'elle sache cependant que Dieu règne audessus de nos tempêtes, et qu'à l'heure où elle lutte dans les ténèbres ce Dieu saint et juste, entouré de ses millions d'anges, veille sur toutes choses, et se prépare à les faire toutes venir en jugement, dès que l'heure aura sonné. — U faut que, d'un côté, les iniquités de la terre élèvent toujours nos regards aux saintetés du royaume des deux ; et il faut, de l'autre, que la pensée du royaume des cieux nous ramène aussi toujours avec des esprits sérieux et des cœurs consolés vers les choses de la terre.

J'espère donc, chers enfants, que vous comprenez bien maintenant où nous en sommes et ce que nous allons faire. — Daniel ayant voulu, dans ce chapitre, nous dérouler la chaîne des grands événements de l'histoire d'Occident jusqu'à l'arrivée de notre Seigneur sur les nuées du ciel, nous transporte à ce glorieux jour et à ce règne des saints, terme, constant de toutes les prophéties, but bienheureux où se doivent reporter toutes les pensées de notre foi. « Quatre grands empires, nous a-t-il dit, se succéderont jusqu'au retour de Jésus-Christ : c'est pourquoi vous devez étudier les destinées du quatrième, puisque les dernières de ces destinées touchent au grand jour du Fils de l'homme. Or, ce grand jour, je lai vu dans

34 leçon xxxvm. — DAN. VII, 9, 40.

ma vision, et je vais vous le décrire : Vous savez que l'empire des Latins, dès que dix rois se le seront partagé, donnera naissance au plus grand ennemi de l'église de Dieu que jamais les prophètes vous aient annoncé ; mais j'ai vu aussi son jugement dans les conseils du Très-Haut , j'en ai vu do moins les terribles apprêts; écoutez, ils me sont apparus, à moi, Danel, dans mes visions de la nuit!...»

C'est donc, vous le voyez, chers enfants, aux scènes sublimes du ciel que Daniel nous transporte ce matin. — Ainsi , nous avons tous besoin, et les plus âgés d'entre nous comme les plus jeunes, que Dieu nous prépare lui-même pour une telle leçon. Demandons-lui tous des yeux pour contempler des objets si saints et si majestueux. Recueillons tous nos pensées , approchons-nous avec révérence et disons comme Moïse devant le buisson ardent : a Je me détournerai main- « tenant, et je regarderai cette grande vision (4) ! » — Quant à moi, chers enfants, je me sens, devant un tel sujet, le besoin de m'écrier comme David : « 0 Éternel, mon Dieu, « mon rocher et mon rédempteur! que les paroles de ma a bouche et que les méditations de mon cœur te soient « agréables ! »

Je commence donc par le verset 9. — Que l'un de vous veuille bien se lever pour nous le réciter.

— Je regardais jusqu'à ce que les trônes furent roulés.

— N'allez pas plus loin, cher enfant, car ce mot « furent roulés » demande toute notre attention. — Votre version de Martin dit « furent roulés, » c'est-à-dire,/*/** bas, ou renversés (comme dit aussi celle des Anglais); mais ceux de vous qui tiennent dans leurs mains la version d'Ostervald auront lu : « furent dressés on placés. Ainsi, traduit Jérôme dans sa version latine;

(1) Exode III, 3, 4.

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