‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 99 sur 198 · SES ROUES DE PEU · texte numérisé non relu

SES ROUES DE PEU

elle arrivera sur nos collines ; une semaine, elle moulera sur Salève et sur le Jura , elle fera l'assaut du fort de l'Écluse ; un mois, elle passera par-dessus nos montagnes, elle s'en ira renverser Lyon , Vienne , Valence , Avignon , jusqu'à ce qu'elle aille enfin jeter pêle-mêle dans la mer les ruines de nos cités. — Eh bien, chers enfants, tels sont les jugements de Dieu : c'est un fleuve qui sort et se répand de devant lui-, rien ne peut l'arrêter. — Maïs encore, ce fleuve, que roule-t-il dans son cours?

— n roule des flammes.

— Oui, c'est un fleuve de feu! — Ah, pauvre, pauvre humanité, que deviendras-tu devant l'Ancien des jours? Pauvre créature, si faible, si coupable et cependant si dure et si altière , que vas-tu devenir en la grande journée ? car « notre a Dieu est un feu consumant, et c'est une chose terrible que « de tomber dans les mains du Dieu vivant (t) ! »

Mais H y a plus encore dans ce feu qui sort du trône; et ce symbole désigne quelque chose de plus précis. L'Écriture a déclaré souvent , dans un langage sans figure et par les témoignages les plus clairs , que les jugements de Dieu sur la terre s'accompliront par le feu. — Ce n'est pas seulement Daniel qui nous le dit en ce verset il ; ce n'est pas seulement saint Jean qui nous le répète dans son langage symbolique, lorsqu'il voit la béte et son faux prophète jetés au feu ; non, c'est saint Paul lui-même qui nous l'atteste dans ses lettres : «r lorsque Jésus-Christ sera révélé du ciel avec « les anges de sa puissance, dit-il, il viendra avec des flammes <r de feu, pour exercer sa vengeance sur ceux qui ne con- « naissent point Dieu et qui n'obéissent pas à l'Évangile de a Christ (2). » — C'est le môme Paul qui nous dit qu'alors

(1) Héb. XII, 29 ; X, 31. — (2) 3 Thess. I, 7, 8.

a l'Homme de péché sera détruit par l'illustre avènement de « notre Seigneur Jésus-Christ (i) : » parce que , si nous péchons volontairement « après avoir reçu la connaissance de a la vérité, il ne reste plus qu'une attente terrible de jugea ment, et que l'ardeur d'un feu qui doit dévorer les ad- «, versaires (2) .

Mais écoutez , chers enfants , le dernier trait : il va nous offrir enfin des pensées toutes pleines de douceur.

0 quelle scène ravissante , que celle de ces armées des anges apparues à Daniel, et apparues en un tel moment ! — Récitez-moi ce passage; c'est par là que je veux finir.

— Mille milliers le servaient, et dix mille millions assistaient devant lui ; le jugement se tint, et les livres furent ouverts.

— 11 y a proprement : Mille milliers le servaient, et dix fois

mille dixaines de milliers se tenaient debout devant lui. Les

premiers étaient occupés à le servir ; les autres, est-il dit ,

plus éloignés et cent fois plus nombreux, se tenaient debout

devant lui; et tous le contemplaient dans leurs adorations

ardentes.

Mille milliers le servaient. — Je l'ai dit, ce sont les anges;

car, bien que toute cette vision soit pleine de symboles , ces symboles encore représentent des réalités. Cette cour du grand Roi est une réalité ; cette multitude des anges , chers enfants , a cette armée des cieux , a comme l'appelle l'Écricriture (3) , est une réalité. — Oui , en ce moment encore , en ce jour de dimanche, à cette heure de midi, pendant que nous voici rassemblés dans notre oratoire , ces anges , ces esprits innombrables, tous ces êtres si glorieux, si beaux, s saints , si grands , si tendres , entourent dans le ciel Jésus- Christ notre céleste Roi ; ils le contemplent, ils le servent ,

(1) Thess. H, 8. — (2) Héb. X, 27. — (3) Ps. GUI, 20, 21 ; CXLVIII, 2. — Luc II, 13.

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