‹ Daniel ManinChapitre 100 sur 185 · LIVRE TROISIÈME. i · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. i

les pouvoirs qu’il dcmaDdait, nélsit pas compris relui de dissoudre l’Assemblée.

D'après ces loyales explications, la proposition Minotto fut votée à l’unanimité.

Du 22 au 27 février, Manin et ses collègues présentèrent k l’Assemblée les rap|)orfs qu’ils lui avaient annoncés sur l’ensemble de la situation. Il en résultait que, du 22 mars au 12 août l8-i8, il avait été dépensé 21 millions de livres-, mais que, du 12 août au 31 décembre, la dépense n’avait pas dépassé 14 millions 500,000 livres, k cause de l'économie introduite dans l’administration. Une corvette de 24 canons, deux bricks et une goélette -avaient été ré]Kirés et armés, et se trouvaient prêts k quitter l’arsenal ; on avançait rapidement dans la construction d'une autre goélette, d’un brick et d'une grande frégate , fJtalia. Les matelots et soldats de marine étaient au nombre de 4,845 -, la troupe de ligne , diminuée par le départ des Romains, était réduite a 16,430 hommes, qu’on allait renforcer j>ar une levée de 3,000 hommes-, on avait dans les forts et les îles 550 canons en batterie.

Tommaseo fit à son tour, le 2 mars , un rapport très-remarquable sur sa mission k Paris. A propos de ses relations avec l’envoyé de Hongrie en France, l’illustre écrivain, né en Dalmatie et très au courant des affaires slaves, expose ses efforts pour réconcilier les peuples divers que l’Autriche emploie k s’entre-déchirer -, il montre comment les Hongrois, en méconnaissant les droits des populations non madgyares du royaume de Hongrie, ont donné k l’Autriche le moyen d’entraîner les Slaves dans la cause impériale , et de les jeter k la fois sur la Hongrie et sur l’Italie ; il rappelle que les troupes italiennes

avaient servi k comprimer les mooTements de la Croatie avant que les soldats croates devinssent les bourreaux du peuple italien; il dévoile ainsi tout le secret de l'Empire.

Après avoir exppsé comment la France, appelée trop tawl, n'avait point été plus secourable h l’Italie, il terminait par ces paroles :

« Respectons et nous-mêmes et la France, en n'attendant » pas trop, mais en ne désespérant pas d'elle ; et tenons pour » certain que, lorsqu'elle se réveillera et connaîtra sa propre » force, son propre devoir, son propre avantage, elle pourra » en un moment décider de notre sort ; quand elle le voudra , U un signe d’elle sera un ordre; une parole d’elle fera autant » qu’une grande bataille. »

L’Assemblée, cependant , s'était constituée et avait voté son règIcmenL Le Gouvernement lui fit savoir qu'il considérait sa mission provisoire comme terminée {2 mars). Le représentant Avesani proposa a de conférer la dictature illimitée aux triumvirs actuels, tant que Venise serait k l'état de ville assiégée, sauf k soumettre k l'Assemblée toute proposition relative k la future condition politique du pays. »

Avesani demanda un vote d’urgence ; l'urgence fut-rejetée, et le rejet expliqué par un ordre du jour motivé , qui rappelait et maintenait les plein» pouvoir» provitoire» conférés le 17 février (5 mars).

Ce vote faillit avoir de très-graves suites. Le peuple , qui voit toujours les choses par couleurs tranchées et sans nuances, ne comprenait rien aux tiraillements qui avaient lien entre le Gouvernement et l’Assemblée, et s’en exagérait la portée. Déjk mécontent de quelques votes contraires aux propositions de

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