‹ Daniel ManinChapitre 108 sur 185 · LIVRE QUATRIÈME. îi · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. îi

fer des boulets ennemis, tout servira! Tout, i»lotôt que les Croates! »

Le général Pepe rentra, le 3, dans Venise avec ses troupes, et les mesures les plus énergiques furent concertées entre le dictateur et le commandant en chef pour fortifier la discipline, purger l’armée des éléments de désordre qui auraient pu s’y glisser, assurer, sur une échelle suffisante, le service des hôpitaux militaires et défendre le soldat, autant que possible, contre les miasmes des lagunes Les 12 millions de livres volés en novembre étaient épuisé-s; le Gouvernement leva un nouvel emprunt forcé de 3 millions, répartis sur les quarante ou cinquante plus forts contribuables, en grande partie juifs (9 avril). Nul ne se plaignit, et plusieurs dépassèrent magnifiquement leur quote-part. Les riches, sur qui devait retomber le fardeau, les riches, dit dans son journal le consul Vasseur, avaient été « les premiers h pousser ’a la résistance. >i Le second terme de l’emprunt était versé h moitié avant que le premier fût échu!

I.a conduite des juifs fut remarquable. Ils se montrèrent reconnaissants et du présent et du passé : fiers de voir un homme de leur race, porté par scs vertus h la tète de la Venise nouvelle’, proclamer pour eux l’égalité des droits, ils se souve-

' On employa dans le serviee de l’année pour î«,000 francs de quinine. L’hospiUlilé privée suppléa à l’insuffisance des hôpiUux , portés cependant à quatre mille lits, et les dons particuliers fournirent douie mille habillements pour les soWats. (Flagg, t. II. p. 216.)

■ Le reÿstre du prieuré des catéchumènes de Venise atteste que Samuel Médina, âgé de vingt-quatre ans, et All^fra Moravia Médina, âgée de vingt ans. ont été baptisés dans cette église le 3 avril 1759, et qu’ils ont pris au baptême les noms de Lodovlco Maria Afonin et de Cornelia Antonia Maria Balbi.

naionl que l’ancienne Venise leur avait offert un asile unique en EurojM*, durant les persécutions du moyen 4gc

Mania s'était donne pour auxiliaire, comme ministre des finances, un homme du plus rare mérite, qui fut au dedans ce «ju’était Pasini au dehors, M. Jlaurogonato. Tout ce qui pouvait se faire fut fait pour régler et employer les ressources înesj)érées que fournissait le patriotisme.

Si faibles que fussent les espérances du coté de l’extérieur, lli aussi, jus(|u’ît ce que la dernière lueur en fût éteinte, Manin continuait de lutter avec une constance invincible.

Dans une dépêche ’a Pasini, du i avril, il l'engageait k faire valoir, auprès des puissances médiatrices, pour obtenir qu'elles s’employassent k empêcher la reprise des hostilités contre ■Venise, ce fait (jue l’armée vénitienne n était pas rentrée en campagne; uue affaire d’avant-]>osle, comme celle de Couche, où les Autrichiens avaient été les agresseurs, ne pouvant passer |H)ur une opération offensive des Vénitiens. Il réclamait donc le bénéfice d’une déclaration du ministre des affaires étrangères de France, communiquée par une lettre de Pasini du

' Il y a peu de trinpa , M. Disraeti , publiant une nouvelle édition dea Curloiitifs nf lillera/ure de son père , écrivait en tète les lignes qui suivent :

« Mon grand-père était Italien. II était issu d’une raniille juive es|<agnole, expulsée par l'Inquisition et qui trouva un refuge è Venise. Mes aïeux, en reconnaissaDce d’avoir échappé à l’Inquisition espagnole et d’avoir trouvé , oonuiie la colombe de >'oé , un morceaa de terre pour y reposer en paix , ont écliangé leur nom espagnol contre celui de Disraeli , qui veut dire : Dieu a lui lé pour nous. Durant deux siècles , ils ont vécu et prospéré en paix tous la protecUoo du lion de saint Marc. Vers la milieu du dix-huitième siècle, mon bisaïeul fit un voyage en Angleterre. La liberté religieute venait d’ètre proclamée dans ce pays. Il y envoya sou fils Benjamin , qui s’y établit et y fit fortune par le commerce. • (Extrait du Journal la Presse.)

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