‹ Daniel ManinChapitre 109 sur 185 · LIVRE Ot ATRlt-ME · texte numérisé non relu

LIVRE Ot ATRlt-ME

19 mars, et qui promettait que, si Venise ne quittait )ias la «léfensive, les puissances mc^diatrices, même en cas de revers des Piémonfais, s'emploieraient a lui procurer une transaction particulière convenable.

Il chaq;eail Pasini de présenter au?i ministres de France et d'Angleterre une note où, disait-il , il ne demandait pas pour Venise une condition déterminée. « Notre faiblesse et notre » pauvreté nous empêchent d'exercer des droits que nous sen- » tons pourtant nous appartenir. Je ne fais point de proposi- » tion-, je ne pose pas de condition.... Excepté le retour de üi » domination directe eu indirecte de l'Autricbe, r.\s.semblée I) vénète acceptera,. j'en ai la certitude, toute condition poli- » tique quelconque que les puis.sances {lourront lui faire obte- » nir. I>e projet de constituer Venise en ville hans<<atiquc n'est » pas nouveau : il se pourrait (|ue les circonstances actuelles » rendissent tonte antre combinaison impossible....

U . . . . Mais, lors même qu’il ne resterait d'autre ressource » b A'enise, pour se soustraire b la domination autrichienne, » que de se donner à la France ou b l’Angleterre, encore fau- » drait-il que, pendant les négociations, son indé{>endance fût » assurée..!. ■'

Voici la lettre qui fut remise b M. Droujn de Lhuys et b loni Palmerston •, elle mérite d’être citée tout entière :

« Monsieur ; Milord ,

-» C'est au nom de l’humanité et de la justice, c’est au nom U de la légitimité et de la liberté que le peuple de Venise im- » plore les eflets aussi prompts que possible de cette médiation

» l)ienfaisante que lui font espérer depuis quelques mois les » gouvememcnts des plus puissantes et des plus libres nations » de l'Europe. Nous allons rappeler des faits bien connus; » mais le malheur nous y force, et le malheur, dignement » supporté, quand même il serait dénué de tout autre droit, U est à lui seul un titre auprès des cœurs généreux. I^s droits » du peuple vénitien sont, comme chacun sait, des plus an- » ciens et des plus légitimes. Venise, sortie de ses lagunes, » comme une création du libre arbitre et de la persévérance » humaine, comme une protestation violenk' contre la violence » étrangère, fit de son histoire une conséquence immédiate de » son origine. Tout en gardant son indé[>endance et son origi- » nalilé, Venise noua d’honorables rapports avec les peuples )i les plus redoutés de la terre et rendit quelques services à la » civilisation par ses arts, à l'humanité par sou commerce, à » la charité par scs armes. Les moyens spontanés par lesquels » elle acquit et garda ses domaines, la façon dont elle perdit et » ses domaines et son existence politique, concourent h témoi- » gner de scs droits. Tout en lui promettant une liberté plus « vraie que celle qui lui était connue, on la livra à une puis- » sancc qui n’avait pas même alors sur elle le droit du plus fort. » La Sainte-Alliance, dont le rôle était de faire rcsiiecter tous » les droits qu’on disait violés par la Révolution et la guerre. » la Sainte-Alliance ne songea pas k Venise. L’Autriche, dont » les proclamations animaient les Italiens k la guerre contre la » France en leur donnant l’espoir de recouvrer leur vie natio- » nalc et l’héritage de leurs souvenirs, l’Autriche n’a pas tenu » ses promesses. L’Angleterre et la France, qui ont reconnu » la légitimité du mouvement sicilien, ne pouvaient sans doute

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