‹ Daniel ManinChapitre 110 sur 185 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

« refuser leur appui à notre délivrance, dont la lé^'ilimilé » repose sur des. fondements plus sacrés. Venise, en joignant » ses forces au moment de la lutte aux forces des autres États » d’Italie, n’en garde pas moins la propriété de ses titres et le » caractère particulier qu’elle montre jusque dans les efforts » actuels de sa résistance. Nous ne rap))ellerons ps les i»ro- » messes qui ont retenti en Europe, ni ces paroles solennelles » où la pacification de la Péninsule était ins«'-parablement liw » 'a l'idée d’affranchissement, ni les témoignages de sympathie » qu’obtint alors Venise, et qui, dans sa situation présente, » deviennent autant de promesses [wur son avenir.

» Si d’autres États italiens ont naguère rejeté le secoure de » la France, Venise en revanche a été accusée du contraire. » Les journaux du temps en font fui, et, si quel(|u’iin en son » nom a jamais osé s’associera un refus non moins imprudent )) qu’ingrat, aucun des actes officiels du Gouvernement ne » saurait être cité qui i»e prouvât notre gratitude et notre con- 1) fiance. C'est ainsi que, dès le commencement de la Révolu- » tion, nous adressâmes au gouvernement de Sa Majesté Bri- » tannique des paroles dont la signification n’était pas douteuse. » Mais, quaiHl nous aurions sous ce rapport des torts que nous » n’avons pas, ce serait offenser des gouvernements tels que » ceux des puissances médiatrices, que de penser qu’ils s’abais- » seraient ’a saisir d’aussi minces prétextes pour nous aban- 11 donner dans notre détresse. Eu nous séparant un instant de » notre |>cuplc et en assumant l’orgueil de mérites qui ne nous » sont pas personnels, nous pouvons affirmer que le titre priu- » cipal de Venise h l’appui des puissances n’est pas tant ce U qu’on lui a fait pu ce qu’on lui a promis, que sa propre souf-

» francc et la manière dont elle sait l'endurer. L’histoire des » révolutions ne présente pas beaucoup d’exemples d’un amour » de l’indépendance allié à un tel esprit de sacrifices. l*oint de )i factions, jwint de tumulte, point d’ostentation, point de » haine. La liberté nouvelle n’éteint pas l’ancienne piété. Les >1 habitudes d’une vie par trop pacifique font place h de rudes M exercices, ’a des privations journalières que tout le monde » supjiortc avec dévouement. La durée de la résistance est » elle T même un titre, puisqu’elle démontre que ce n’est pas » une ivresse turbulente qui la guide, mais une volonté réflé- » chie. Tout en vous recommandant fltalic tout entière, dont » les intérêts sont solidaires et dont la pacification, c’est^i-iliie » l’affranchissemeut, est devenue la condition indis)icnsable « de la paix européenne, nous devons vous sup|>]ier de prendre » immédiatcmenl en considération notre état, qui, faute de » ressources pécuniaires, ne saurait prolonger son existence » sans donner gain de cause à notre ennemi. Les délais de » l’Autriche sont calculés -, elle veut que la di|)lomatic de deux » grandes puissances soit sa dupe, .en paraissant sa complice. )i Ce que Venise sollicite, c’est que le joug de la cour de » Vienne ne pèse pas désormais sur elle, c’est non pas qu’on » lui rende ce que Cam|) 0 -Formio lui a ôté, mais son nom du » moins et ce qui est strictement nécessaire à son existence » politique. Venise se place sous le |iatronagc associé de la » France et de l’.Vnglcterre , et leur abandonne le choix des » moyens. La diplomatie, dans ces négociations, a beau jeu, » puisque notre délivrance n’est pas une révolution , mais » la reprise de nos droits historiques. Dans le fait. Venue affranchie ue saurait donner de l’ombrage ^ Venue auiri-

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