‹ Daniel ManinChapitre 116 sur 185 · LIVRE QUATRltME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRltME

répoii6C dont les dépêches de Pasini lui avaient fait d’avance connaître le sens. Lord Palmerston l'assurait du grand intérêt avec lequel le gouvernement britannique avait vu non -seulement les immenses sacriûcxts faits depuis un an par le |>euplc de Venise ]>our soutenir la cause qu'il avait emhrasst'e, mais encore le bon ordre maintenu dans la ville durant toute cette laViode. Il n’en répétait pas moins>, comme dans sa lettre du 16 octobre précédent, que les jwints proposés en août dernier au gouveniement impérial par les gouvernements anglais et fraiH’ois, comme bases des négociations, n’avaient |>as pour but d'altérer le traité de Vienne quant ’a l'annexion de Venise à l’empire d'Autriche. Il réitérait donc sérieusement au Gouvernement de Venise l’avis d'entrer sans retard en négociation avec les autorités autrichiennes, pour n rétablir sans collision dans la ville l’autorité de l’empereur. »

Le langage de M. Drouyn de Lhuys était plus chaleureux et plus sympathique: c’était la différence de l’expansion française il la roideur anglaise-, mais li's conclusions étaient les mêmes. Iladetzki avait exprimé brutalement la vérité : l’Autriche re[)oussait maintenant avec arrogance toute médiation, et il fallait bien que les cabinets sup|iorlassent cette arrogance, puisqu’ils étaient résolus h ne pas faire la guerre. M. Drouyn de Lhiiys faisait succéder aux plus grands éloges de Venise et de son chef des remontrances sûr l’impossibilité, après les événements acccomplis, d’amener le cabinet de Vienne à accorder à Venise une existence complètement séparée, qu’il lui refusait à l’époque même où il eonsentait ’a l’accorder aux Lombards. Le ministre français conjurait donc Maniu de mettre ’a profit l’ensemble des circonstances qui pouvaient encore dis-

\>oi.er l’Autriche ’a ména^ter Venise et ’a lui faire, sous une forme <|uelconque, des concessions imjiorlantes. « Je n’ai pas l>esoin de vous dire que, si vous entrez dans cette voie, la France fera tout ce qui dépendra d’elle pour vous la faciliter. »

La voie si douloureuse où l’on poussait l'infortuné lil)éraleur de Venise, dépendait- il de lui d’y entrer? Le creur saignant, mais résigné à tout pour que la chute presque inévitable de sa pairie ne fût pas une ruine entière et un complet esclaxage, il avait fait, nous l’avons dit, les premiers i>as dans la direction indiquée; mais, la encore, Radetzki avait assez fait connaître que l’Airtriche, avide de recouvrer le despotisme pur et simple, ne voulait pas plus de transaction que de médiation.

I.es nouvelles du reste de l’Italie étaient bien sombres : la contre-révolution s’était opérée en Toscane; l’Etat romain, au contraire, résistait avec énergie; la France, hélas! qui n’inU’ivenait pas en faveur de Venise, intervenait dans l’Italie centrale, mais contre Rome ' ; cinquante mille Français et Italiens, qui, réunis, eussent suffi pour chasser les Autrichiens de la Péninsule , avaient commencé de s’entr'égorger comme dans une arène, des gradins de laquelle applaudissait toute la contre-

* Manifi ne reçut probablement qu'à la fin de niai ou au cominenceuiCDt de juin U n^ponse de M. RasÜde à sa lettre du 5 avril. Cette r^ionse, en date du 10 mai, lui disait qu'une réaction s'était manifestée le 9 mai dans l'Assembl(^ nationale Contre la {lolititiue suivie envers Tltalie. «< >fes amis et moi ferons nos efforts; mais vous me demandez la vérité : je vous la dois, et la vérité est que, quant à présent, vous n'avez d'autre protection que Dieu et ^ votre courage. «•

L'Assemblée constituante allait disparaître devant la législative, et, avec celleK’l , il n'y eut plus l'ombre d'une espérance pour rUalie.

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