‹ Daniel ManinChapitre 117 sur 185 · LIVRE QCATRIÈ.ME · texte numérisé non relu

LIVRE QCATRIÈ.ME

révotulioii euroitwniic. Pcmlanl ce tomps, la {•«■ik'mcusc ville de Bologne, assaillie par (jninze mille soldats avec de rartillerie de siège, était réduite a capituler devant ces Autrichiens dont elle avait si brillamment repoussé le coup de main l’année précédente (16 mai).

F.a Hongrie seule, victorieuse et mendçant Vienne, mais menacée à son tour par les Busses qui descendaient des Carpathes au secours de rAulriche, jetait aux échos de Venise quelques rumeurs d'espérance.

Kossulh avait écrit de Dehreezin, le 20 avril, à Manin pour le prévenir de la déclai’atioii de déchéance prononcée par l'Assemblée nationale hongroise contre la maison d'Autriche, et de sa propre nomination au titre de gouverneur de l’État hongrois. I.a lettre ne parvint que le 23 mai à Vcnis<î-, elle avait été expédiée d’Ancône par le général bongi-ois Bralich, <pii prévenait Manin qu'il avait reçu iwuvoir de négocier un pacte d’alliance avec le Gouvernement vénitien. Manin commnniqua la note de Kossulh à l’Assemblée, qui en accueillit la lecture aux cris de : Vive la Hongrie! vive Kossuth! puis il dé- ' l>écha le vice-président de l’Assemblée, Lodovieo Pasini, frère de l’envoyé en France, qui parvint k sortir de Venise sur un bâtiment français, grâce au bon vouloir du consiü Vasseur, et qui alla signer secrètement à Ancône, avec, l’envoyé hongrois, un traité qui promettait k Venise, aussitôt que possible, une puissante diversion hongroise du côté de l’Adriatique, et une subvention pécuniaire '.

‘ Voyez les pitH»s dans A. de I.a Forge, t. II, p. 432-437. Le traité a été antidaté par des motifs politiques : il est censé signé prés de Duiiio , le 20 mai j mais il fiit coneiu réellrincnt à Aneéiie , le 4 Juin.

DANIEL SIANIN.

Quelles n’eussent pas été les conséquences d’une telle alliance l’année précédente ! Mais la Hongrie avait laissé passer l’heure, et, maintenant, il était trop à croire que, loin de pouvoir sauver autrui , elle ne ferait cpie retarder, à force d’exploits, sa propre ruine.

Le 20 mai, un jîaiicm en taire autrichien vint signifier aux consuls étrangers l’expiration du délai accordé ’a leurs nationaux pour quitter la ville ; deux mille personnes environ partirent. 11 y avait déj'a une dizaine de joure que le général Haynau avait invité les consuls français et anglais k faire éloigner même les bâtiments de guerre de leurs nations, qui devaient cesser toutes communications avec la place. C’était la dernière consolation, la dernière et faible espérance de Venise qui allait s’éloigner avec ce ])avillon français, devant lequel s’élait arrêté naguère le sac de Messine prise d’assaut. Le contre-amiral Ricaudy, si sympathique à Venise, ne commandait plus la station ; l’énergique consul Vasseur engagea instamment son successeur à ne pas obtempérer à la sommation autrichienne, et ré|>ondit au général assiégeant qu’il n’était pas suffisamment édifié sur le droit de la guerre dont on arguait, et qu’il en référait à son gouvernement. Le cabinet français, au lieu d’ordre de départ, envoya un bâtiment de plus; l’arrogance que montrait le ministère viennois dans les relations diplomatiques ne laissait pas que de blesser nos ministres, quoique leur ressentiment u’allât malheureusement pas jusqu’aux grandes résolutions. Ils maintinrent doue audigne consul quelques moyens, sinon de défendre la cause, au moins de protéger, dans un cas extrême, les personnes et l’humanité. Los Autrichiens n’osèrent insister, et les bâtiments de guerre fran-

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