‹ Daniel ManinChapitre 12 sur 185 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

race du patricien dêclii). Il clait issu de celte forte race juive, qui, depuis qti’clle ce.ssc |)cu à peu d’être séparée du reste du inonde |tar d'implacables préjugés, rmirnil h TEumpe tant d’hommes remarquables en tout genre. Sa famille avait , <lans le courant du siècle passé , embrassé le- cbristianisme, probablement sous le patronage de la famille Manin , dont elle avait pris le nom. ,

Les, premières aimées de Daniel .Manin s'é-coulèrent entre deux rëvoliitioiis, où Venise, sans participer aucunement aux événements qui décidaient de sa destinée , passa dç main en main comme un corps mort, lais .Vutriebiens restèrent d’abord huit ans, puis celui qui leur avait donné Venise la leur reprit, après être entré, cette fois, dans Vienne. II garda Venise |K)ur lui, avec l'Italie. Huit autres années, les Vénitiens subirent ce second maitn*. L'Empire français croulant , les .Vutriebiens revinrent , balbutiant contre « la tyrannie française » des |iaroles de liberté et' d'indépendance nationale ', et les mains pleines de ces promessr's qui signalèrent jiartout la grande déception de 1815, et qui assurârent la victoire de la Sainte- .Vlliance sur Na[»oléon, ce triomphe de l'bypocrisie sur la force.

•Milan avaU cru follement à la parole tudesque et s’était sou-

* Voypz 1 m prodamations de Tarchidiic Jean en 1809, du général Nugent en 1813, la conTcntioii d^Tacuation (avril 1814), etc. « Voulec>voul être Italiens une fois? unissez vos forcM, vos bras, vos aeurs, aux annes géné* reuses de Pempereor François.... Il Ait descendre en Italie une puisunte armée, non pour satisfaire une vaine soif de conquêtes .mais... pour assurer Tindé* peiidaoce de tcnites les nations de PKurope.... * (Proclamation de Pardiiduc Jean.) — « Italiens, soyea-en coovaificus [mr notre sennent, vous avez tous à devenir une nation indé]>endante. » (Proclatnatiou du général Nugent.)

DANIEL MAMN.

levé (i811) : Vt'iiisc élait ri*sléc passive. l/.\iilricliien se rélablil et s'affermit. Ou sait il quoi aboutirent les pron1es.ses (les gouvernements gennauiques eu Allemagne m(‘‘me, à plus forte raison eu Italie : le pays délivré devint pays conquis '. Les populations se turent, mais de sourdes indignations eouvèreni dans bien des âmes. ('e|)ondant lorsque, en 1820 et 1821, un mouvement libéral, éclatant au sein même (U's armées, remua toute l’Europe méridionale, en réaction contre la déception de 1815, lonapie le soulèvement constitutionnel du Piémont et de Naples, si vite étouffé alors, (;ut |»our contre-coup les agitations de la jeunesse lombarde , comprimées et châticies par les atroces vengeances qui firent passer l’élite de la noblesse milanaise du carcan au Spielberg, Venise encore demeura immobile, et tout sembla confirmi-r l’opinion qu’on avait de sa mort.

On eût eonçu au moins quelques dout(*s si l’on eût jiénétré dans l’intérieur des familles vénitiennes, si l’on eût assisté aux épanchements du foyer domestique, aux brûlantes eonversatioiis qui imprimaient des traces ineffaçables dans Tûme du jeune Manin et de bien d’autres de ces enfants qui devaient être les hommes de 18 18. Toutes les traditions et toutc's les ardeurs de la Itévolution reparaissaient l'a ’a porte close : le père de Daniel , avocat distingué , et son précepteur, le savant et enthousiaste Foramiti , philoso]dies et démocrates comme on l’était du temps de la République française , se déchaînaient inces-sammeut contre les .Vutrichiens et les Français tout à la

' « Mes armes victorieuses ayant conquis t'Ilalie, il ne peut Ctre question ni de constitution ni d’indépeiidaiice. » (Réponse de l'empereur François aux députes lombardo-Téniliens ; isiii.V

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