LIVRE OVATRIÈME. Î
« les Croates! laissons loml cr les vieilles maisons! » El ils se retirèrent tranquillement, avec leurs meubles, dans les parties moins exposées de leur tetiiere
Le -I6 juin, rAsscmbléc remit pleins pouvoirs, sur toutes les ehoscs de la guerre^ a une commission composée du général mioa, du lieutenant -colonel Sirtori et du lieutenant de vaisseau Baldisserotto. L’enthousiasme ]Hipiilaire pourl lloa et le désir de faire passer la direction militaire dans des mains plus jeunes que celles de Pepe et de Cavedalis avaient dicté ce décret.
Ce n'était pas entre, des hommes tels que Manin et L'iloa qu'il |H)uvait s’élever un conflit d'attributions. Le jeune et mwleste général s’empressa de s’entendre avec le dictateur, jK)ur éviter ou réparer tout ce qui pouvait blesser son vieux chef Pe|>e ; et un décret convenu entre le dictateur et les commissaires apiiela le respectable vétéran à la présidewc de la commission, qui réunit tous les pouvoirs ministériels pour la guerre et la marine à touU's les attributions du commandement en chef (18 ju'm).
L’escadre fut conflée ’a un jeune capitaine de corvette, Bnccbia, dont on vantait le courage et les talents.
I.e papier-monnaie, tombé un moment à aO pour 100 lors de la première attaque de Malghcra, remonta! « La tranquillité est parfaite », dit dans son journal M. Vasseur.
La Commission appela toute la jeunesse vénitienne i s’enrôler tant que durerait la guerre (20 juin).
La veille, dans la journée du 19, une explosion terrible avait
Flasg, t. 11, p. 388.
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mis tout Venise en rumeur : c'était la pomlrière de l’ilot délia Grazia qui sautait. Le mal réel fut beaucoup moindre qu’on n’e6t pu le redouter; mais le mal moral causé par cet accident faillit devenir pire que l'accident même. On criait à la trahison! Il y avait du mécontentement dans le peuple contre la Commission annonairc (ou Comité de subsistance), ii cause de la qualité inférieure du pain mélangé qu’on fabriquait depuis une quinzaine ; des malintentionnés, peut-être des agents de l’Autriche, profilèrent de la fermentation po{)uIaire pour pousser une bande tumultueuse sous les fenêtres du Gouvernement, avec des cris de mort contre les prétendus traîtres et des appels bruyants à la dratitution des autorités subalternes.
Manin ne se fit pas attendre k son balcon. Il apparut brusquement, et d’une voix irritée ;
n Vénitiens! croyez- vous que cette conduite soit digne de » vous? — Vous n'êtes pas le jieuple de Venise! vous n'êtes a qu'une poignée de factieux! Jamais je ne soumettrai mes actes a aux caprices d'une tourlie ameutée. Je ne me réglerai que U sur le vote des représentants l(‘‘gaux du peuple légalement » assemblés. A vous, je dirai toujoui-s la vérité, quand vos U fusils viseraient ma poitrine, quand vos poignards seraient » sur mon coeur. Lt, maintenant, allez-vous-en ! allcz-vous-en » tous! »
Le peuple répondit parmi cri formidable de « Vive Manin!» I.es perturbateurs n’osèrent répliquer un seul mot, et la place, en peu d'instants, fut vide. Un seul cri contre Manin eût été en ce moment, un arrêt de mort pour qui l'eût proféré '.
■ F'.agg, t. U, p. 350.