LIVRE quatrième
Ce qui ëtail extraonlinaire, ce n’esl pas qu'il y eût (tarfuis quelques tentatives de trouble, c'est qu'il y en eût si peu, et si facilement arrôU'os, chez un ]teuplc entouré de tant de dangers, soumis b tant de privations, et surexcité fiévreustHncnt par l’ébranlement périodique de cette canonnade qui r.e discontinua pas une heure durant d(>s semaines, durant des mois!
Le 23 juin, Venise Ht une grande perte : le magasin à poudre de la grande batterie du |)oiit du chemin de fer (dite de San -.Antonio) avait sauté. I.c commandant de la batterie, le colonel Rosaroll, avait réjiaré le désonire, raffermi ses hommes, relevé le drapeau national abattu par l'explosion et l'agitait en défiant les Autrichiens. Cu boulet le frappa mortellement. C’était un de ct‘s olliciers najiolitains qui rachclèrcnt si glorieusement, 'a Venise, i'Iionncur de leur pays et de leur arméo : étrange contrée que cette Naples, où des minorités si admirables se dévouent depuis soixante ans |H>ur un peuple qui en a paru jusqu'à présent si |khi digne, mais dont il n’est pas permis de désespérer, puisqu’il produit de (larcils hommes ' .
« Â vos pièces! » criait Rosaroll, d'une voix expirante, à scs canonniers accourus au bruit de sa chute, « à vos pièces! » et, à son ami Cosenz : « Je te laisse ma batterie! qu’elle sauve Venise ! »
Un prêtre, appelé, lui demanda s’il mourait en paix avec tout le genre humain. « Je n'ai |ràs un ennemi au monde, hors le roi de Naples et les envahisseucs autrichiens! »
Rosaroll avait été quinze ans dans les fers du roi de Naples, et les fart ne sont pas ici une métaphorCt quinze ans au caclmt
' Qui Mit quclk inodificâtloo quelques aimées gouveruement éclairé , libre et boanêtCt pouiraleut produire dans ce peypk?
DANIEL JIANIN.
Cl h la cliaitie, comme le baron de Trenck-, cl il en était sorti pour se précipiter, tout roidi et courbé encore de ses entraves, dans le tourbillon de la plus béroïque et de la plus fougueuse activité. Le Français jonc avec la mort, mais il craint la prison; c'est pour lui le plus magnanime des efforts que de la braver; ces Italiens, babitués d’enfance a regarder en face la pensée de la captivité, sup]>ortcnt, sans s'y éteindre, des cmprisoiuicments effroyables où s’atropbieraicut nos remuantes natures gauloises!
I.e Vénitien Coluzzi remplaça Rosaroll à la grande batterie, sous le colonel napolitain Cosenz, qui commandait eu chef toutes les défenses du grand pont, depuis qu’L’Iloa avait passé à la Commission centrale. Coluzzi fut tué a son tour dès le 5 juillet, et, dans la nuit du 6 au 7, la grande batterie fut surprise par un détacbement autriebien arrivé sur des barques. Cosenz, accouru au bruit, faillit tomber sous les baïonnettes des Croates; un corps de réserve le dégagea et jeta les assaillants ù la mer.
Les hostilités avaient donc été incessantes durant tout le mois de juin, sans que l'ennemi eût fait aucun progrès depuis l'évacuation de Malgliera. Les négociations cependant avaient marché parallèlement avec les hostilités.
Manin, cédant tristement aux avis de Paris et de Londres, avait tenté la voie de négociation directe avec l’Autriche, et, dès le 11 mai, écrit au charge d'alfaires de France a Vienne, M. de Lacour, afin de le prier d’obtenir un sauf-conduit |x>ur Pasini, qui irait traiter avec le cabinet autricliicn. Le cabinet de Vienne avait refusé et renvoyé les Vénitiens à Radetzki. Cependant l’Autriche se ravisa. Les Hongrois se montraient