I.lvnE QUATUrÈME
encore très -redoutables : la ruine de Malgbera n’avait nullement ébranlé Venise; les cabinets français et anglais avaient paru mécontents du refus de négocier avec les Vénitiens. Le ministre du commerce d’Autricbe, M. de Briick, qui était en Lombardie, arriva le 31 mai a AMestre et expédia aux avantpostes vénitiens une dépêche à l’adresse de l’uiornt Slanin. L'officier cliargé de recevoir la lettre la refusa en disant (|u’il ne connaissait personne du nom de Manin , que le président du Gouvernement vénitien. M. de Brück changea l'adresse.
M. de Brück rappelait la ré|)onse de Manin, du 5 mai, à la proclamation du feld-roaréehal Radetzki, réjionse faisant allusion h des négociations directes avec le ministère de I cmpc'renr.
« Quoique je ne sache pas, » disait-il, « en quoi pourront » consister ces nt^ociations, pour épuiser toutes les voies de » modération, je suis autorisé h vous prévenir que je me » trouve présent au quartier général près Mestre jusqu’à de- » main huit heures du matin. »
Manin convoqua immédiatement l'Assemblée en séance secrète, lui rendit compte de la situation diplomatique, des dé|)êches des cabinets français et anglais établissant clairement qu’ils ne voulaient jioint désormais s’entremettre entre Venise et l’Autriche, de la tentative inutile pour négociera Vienne, et de la négociation avec la Hongrie; il rapporta que le consul anglais lui avait déclaré, à plusieurs reprises, qu’il considérait toute résistance ultérieure comme étant un caprice jiersonnel de lui Manin; qu’en conséquente, il le tiendrait pour person nellement responsable de tons les malheurs qui pourraient survenir, si les Aiitricbiens venaient à s’emparer de Venise de vive force. Interpellé sur les conditions auxquelles les Autri-
•DANIEL MAMN.
cliiens cnt^daicnt obtenir cette reddition, le consul avait répondu : « Sans conditions, attendu que le gouvememciit aulrieliicn ne consentira jamais h traiter avec des rebelles. »
La démarche de M. de Brûck semblait démentir M. Dawkins, plus Autriebien que l'Autriclie. Manin donna communication de la lettre du ministre d'Aulrielte, et demanda k l'.Assemblée ce qu’il (kaait faire. Il montra, telle qu’elle était, la sombre réaliU‘. « L'es;H)ir lointain du secours de la Hongrie, qui va elle-même être attaquée par les Russes, doit-il nous faire re[>ousser l’ouverture du ministre de Brûck? — Il est certain que det négociation* avec F Autriche ne peuvent conduire à rien; mais, si nous refusons de négocier, elle en profitera pour proclamer, avec une ap|>arence de vérité, que nous sommes indignes des sympathies des peuples libres, ayant refusé des conditions honorables <|u’elle voulait nous offrir. »
Sur la pro|M)sition d'une commission, nommée à la requête de Manin, et qui fit son rapport séance tenante, l'.Assemblée autorisa le président du Gouvernement k traiter soit avec M. de Brûck, soit avec le cabinet de Vienne, sur la base des instructions adressées k Pasiiii le 23 avril , sauf ratification de l'Assemblée.
En même temps que cette autorisation sccH'te, fut voté le décret que nous avons rapporté, afin de rassurer le peuple et l’armée contre toute idée de capitulation ; c'était un traité, et non une capitulation, que l’on voulait entamer Manin envoya le décret k M. de Brûck, en lui demandant des sauf-conduits jiour deux citoyens investis de sa confiance,
' Proeè«-verlMd de lâ séance secrète do 31 mai.