‹ Daniel ManinChapitre 127 sur 185 · LIVRE OLATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE OLATRIÈME

M. lie Brûck lut le projet aux envoyés de Maniii. Les droits fimdameiilaux accordés à tout l'Krapirc étaient la lil»erté de la presse, la libejlé d’association, la liberté individuelle, etc.; teulenient ces droits |K)urraieiit étn‘ sus|m‘ik1os en cas de guerre ou de troubles intérieurs. Il n’y aurait qu’une marine, qu’une armée, qu'un trésor public, |)Our tout l’Empire; un ministère central régleiait les afTaires d'industrie et de commerce; d’autres ministères dirigeraient les communications de tout genre, les coustnictions publiques; la police, etc. Le royaume lombanlo-vénilien aurait, pour ses intérêts particuliers, des cons«'ils communaux et provinciaux, une diète compos<H; d’un sénat et d’une chambre des députés, et une consulte d’Etat près le pouvoir exécutif, qui serait exercé, sous la dé|>endauce du ministère central, par un gouverneur et un conseil de gouvernement, au choix du souverain ; les citoyens de toutes les provinces seraient appelés indistinctement aux emplois dâns tout l'Empire. La Consulte d’État serait élue, |»artic dans le Srhiat, partie dans la Cbambre des députés.

Il était clair que la Diète du royaume n’aurait qu’une autorité puremenf nominale, entre la Consulte d’Ëtat, qui déciderait, avec le gouverneur et son conseil, les affaires locab's, et le parlement de l’Empii-e, qui déciderait toutes les grandes questions avec le ministère central. C’était, en fait, sinon en apparence, 'a j)eu près l’état d'avant 1848. Lés fonctionnaires et les soldats allemands revenaient ; il n'y avait que quelques députés impuissants en plus. La nationalité était étouffée dans la Babel impériale.

Ce n’est pas tout : ces institutions, telles quelles, ne seraient établies que lorsque la paix de l’Italie et de l’Europe serait

DANIEL MAMN.

assurée; jusquc-lh, on aurait le régime de l’état de siège et le gouvernement militaire !

Les envoyés jugèrent que leurs instructions ne leur permettaient pas de continuer les négociations, et quittèrent Vérone (22 juin).

Le lendemain, M. de Rrück écrivit au Gouvernement vénitien qu’il jugeait superflu de revenir sur la question de la future condition politique de Venise, après les éclaircissements donnés auv envoyés; mais qu’il se hâtait de déclarer, de concert avec le feld- maréchal Radetzki, que rien n’empêchait de déterminer quelques |M)ints en sus des conditions accordées, le 4 mai, par le feld-maréchal ; ainsi, le papier-monnaie, comme dette 'communale , serait réduit aux deux tiers de .sa valeur nominale, et le papier dit patriotique, ainsi que tons les titres provenant des emprunts forcés, seraient réduits ’a moitié. La municipalité dè Venise serait tenue d’opérer, k ses dépens, l’entier amortissement du papier sous bref délai; en considération de cette charge, la ville ne serait point frappée de contributions de guerre. Tons les officiers et employés militaires étrangers et ceux qui avaient été antérieurement au service de l’Autriche, devraient quitter la ville par mer, aux frais de la municipalité ; ainsi que quarante des habitants de Venise à désigner au moment de l’occupation, etc.

Le feld-maréchal accordait huit jours pour accepter ces conditions dernières.

Manin présenta k l'Assemblée, le 30 juin , l’ultimatum de l’ennemi.

' Cest-4-dire Iteliois étrangers il la Vénétie.

Page 1