LIVRE QUATRIÈME
N Enfin., » dit-il, « nous avons on main dos documonU qui atteslcnt que l’Aulricho, quoi qu’on eu veuille dire, n’est j>as eliangée!... Elle nous propose tout simplemenl une eapitulation! — Or, ayant en notre jiouvoir une place de guerre de premier ordre et n’étant pas rétluits !t la dernière extrémité, pourrions-nous honorablement capituler?... »
X la majorité de lOo voix sur M8, l’-Assemblée prit la déli^ bération suivante :
« Après avoir entendu les communications du Gouveriiement ;
» Après lecture des actes de la correspondance diplomatique ;
» Vu que les offres de l’Autriche relativement h la Lombarde- Vénétie , d’un côté, n’assurent les droits ui ne rcspccleut la dignité de la nation, et, de l’autre, se r61u'rseut à de simples promesses déjiourvues de toute garantie et réalisables uni(|uement selon le bon plaisir de r.Vutriche elle-même^
» Vu que les offres particulières à Venise se réduisent à une capitulation déshonorante ;
» Ouï la déclaration du Gouvernement, que les actes des négociations seront livres à la publicité , afin qu’entre l’Autriche et Venise l’Europe soit juge;'
» L’Assemblée passe 'a l’ordre du jour. »
Manin cx(iédia la délibération h M. de Brück '.
Ïjc peuple, aussi résolu, mais plus excité, plus orageux que lors des précédents décrets de résistance , menaça , au sortir
■ Protiï-Terl»! ilc U séance secréte do 30 juin. Toute la négociation est dans le tome VIII de la Raccolla, p. 1-21.
DANIEL MAMN.
de l’Assemblée , les quelques rcprésenUinIs qu’il souiH'oniiait d’avoir voté contre l’ordre du jour, et dont l’un , un chanoine , avait excité un grand tumulte dans l’Assemblée par quelques paroles malencontreuses. Il fallut que Manin inter\int pour rappeler la foule au rc.spect de la liberté du vote.
Le juin, aussitôt apre-s avoir reçu la dernière dépêche de M. de Brück , Manin avait adressé une belle et noble lettre au nouveau ministre des aOaircs étrangères de France, M. de Tocqueville, qui venait de succéder a M. Drouyn de Lbuys. Il lui présentait le ré.-umé de toutes les négociations , qui n’avait abouti qu’à ceci , dit-il , « que l’unité de l’Empire ne permet » de donner à Venise et aux autres provinces italiennes qu’un » parlement de nom, où il ne s’agirait ni des affaires exté- » Heures, ni des affaires de la guerre , ni des impôts, et qu'au » demeurant, l’état transitoire entre rindépendance et la con- » stitution promise serait la loi martiale. Cet état durerait » jusqu’à la parfaite pacification de l’Empire, c’est-à-dire ne )) finirait qu’avec l’Empire même.
» L'Autriche, ajoutait-il, compte sans doute sur l’oubli de
» la France! » et il demandait si la France « souffrirait en
» paix qu’on se jouit de sa médiation solennellement au- » noncée. »
Hélas! la France, qui venait de passer par une nouvelle et violente crise intérieure à l’occasion de la guerre de Rome, était plus loin que jamais d’inten'onir contre rAutriche. Le parti de la Révolution, le parti qui eût voulu agir, était réduit à l’impuissance; dans les rangs, opposés, on ne pouvait s’empêcher de respecter et de plaindre Venise, mais c’était tout; il n’y eut guère que la voix d’un prêtre, celle du malheureux
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