LIVRE OUATniÈME. Î
archevwjne tic Paris, qui s’éleva en faveur tle la cité martyre
Doux jours après la lettre a M. de Tocqueville, Maiiin avait écrit à Kossuth pour lui annoncer l'envoi de M. Tommaro Car en qualité de cliargé d'alfaircs de Venise en Hongrie. Les événements ne permirent |>as a l'envoyé vénitien d'accomplir sa mission.
Piiclies et pauvres, citoyens et soldats, nul ne faiblissait dans Venise. Les riches, qui de jour en jour cessaient de l’étre, continuaient stoïquement leurs sacrifices. Le juin, en réponse à la déclaration de l’Autriche, le conseil municipal avait voté un nouvel impôt de (3 millions de livres sur les immeubles, et s’était chargé d'avancer cet impôt au tlouveinement en plusieurs payements décadaires, moyennant l émi.v sioD d'un nouveau papier communal.
L’Assemblée, comme le coiiscûl municipal, fut pleinement à la hauteur des circonstances. Elle nomma une commission |)our visiter les blessés, une autre |HHir recueillir les faits les plus honorables de générosité civique et de courage militaire. Quatre commissions permanentes furent adjointes a^ Gouvernement pour le seconder dans les diverses bi-ancbcs admiuistralives (2 juillet) : ceci en sus des deux Commissions militaire et diplomatique. — Cette dernière était pour r.Assemblée un moyen de suivre de plus près l'action du
' ^oos ne reproduisons l>ts la lettre bien connue de rarrheAf«|ue à M. île Tocque>ille, lettre provoquée |>ar une déinarclie de ^alentina Pasiiii. (Voyiz A. de La Forge, t. II, p. 391). Nous ne reppellenma que cette phrase : « On n'aurait pu forcer PAalriche que par la guerre à reconnaître un semblable résultat (la jtute et léÿi/ime indt^prnHance de Venise), Il y aurait eu peut être quelque gloire et quelque sagesse à le faire. »
DANIEL MAXIN.
Gouvernement (Uns les choses cMt-rieures. Elle semblait craindre que Manin ne fût point assez inncxihlel C’est tout dire sur l’esprit de A'enise! Tandis que les Aulricliiens et leurs amis les torys an^’lais tâchaient de montrer Venise à l’Europe comme une cil(i asservie â un démagogue qui l’em- ]iêchait par la terreur de rappeler l’ordre et la paix dans ses murs, l’Asseinhlce n'avait peur (pie d’une chose, c'était de voir Manin traiter tant qu’il resterait du pain et de la poudre. Quant au )>euple, si les canons ennemis se taisaient pendant une heure pour réparer leurs avaries, il prenait l'alarme, et osait h peine demander la cause de ce silence, de crainte d'apprendre qu'il s’agissait de quelque armistice.
Dans les premiers jours de juillet , la direction économique fut renouvelée comme l’avait été la direction militaire. Une nouvelle Commission de subsistance fut instituée, pénétra partout et réorganisa tout par un système de sous-eommissions très-habilement ramifié. La question annonaire fut la principale occupation du Gouveniement durant tout le mois de juillet. L’Assemblée étendit h toutes les denrées de première nécessité les primes qu'elle avait établies {Kiur l’introduetion du bétail; elle prescrivit â toutes les familles de déclarer ce (pi’elles avaient de comestibles en sus de la consommation d'une semaine, de liquides et de combustible en sus de la consommation d'un mois, et prit des mesures afin de tâcher de satisfaire le peuple quant 'a la qualité du pain, devenu pres()ue sa seule nourriture.
« La détresse croissait. « La misère, la faim, les maladies, « écrivait le 5 juillet le consul Vasseur, « ne tarderont » probablement pas b avoir raison de l'énergie des Véui-