‹ Daniel ManinChapitre 135 sur 185 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Dieu compte chacun de vos sacrifices.. ..Tout sacrifice est une victoire, si on le fait pour le bien de sesfr^res•, toute douleur endurée |>onr la patrie est un martyre , si on l’accepte au nom du Seigneur.

» Peuple de Venise, les fils raconteront ’a leur tour avec [liété a leurs (ils tes nobles souffrances ; ta jiersévérancc rendra ton nom vénéré dans I’uni\ers '. »

•Malgré le dévouement si intelligent des (Commissions annonaircs, la misère sévissait de plus en plus. Le pcui de viande i|n’on avait conservé ou enlevé à l'ennemi était réservé au.t hôpitaux; la masse des citoyens ne vivait plus que de mauvais pain et de quelques légumes. On fit un effort pour rompre le biocas. Le 1*' août, de grand matin, douze cents soldats, commandés par l'intrépide Lombard Sirtori, jeune prêtre devenu colonel, partirent de Chioggia, descendirent en terre ferme, passèrent la Brcnta, refoulèrent les avant-^msles ennemis, et rentrèrent le soir avec deux cents boeufs, beaucoup de vin , du blé , des cfTcts et un drapeau enlevé aux .\utriebiens. il y eut des transports d’enthousiasme quand on annonça ce succès au théâtre de la Fenicc, où des amateurs et des artistes jouaient le CuUlaume Tell de Rossini , au bén^ee de la patrie, parmi les boulets qui , de temps h antre , venaient s’abattre et mourir autour de l'édifice ! '

Les illusions du peuple s*; réveillèrent : il ne rêva plus que sorties victorieuses et ravitaillement par les armes; l’insuccès d’une seconde sortie effectuée, le lendemain, de Treporti, k l’autre extrémité de la ligne défensive, ne désabusa point la

1 fr «Bit. Raccolla, t. VUl, p. 276 ..

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DANIEL MANIX.

muUitudc ni les soldais. Les assiégeants avaient forcé les habitants de la côte de retirer dans l’intérieur des terres bétail , grains et denrées de tout genre-, il eût fallu, pour aller cherelier des vivres sur une grande échelle, une véritable entrée en campagne , et l’on était hors d’étal de l’essayer devant un ennemi si supérieur en nombre. I>a petite armée vénitienne était cruellement réduite, par les maladies bien plus que par le feu de l’ennemi, cl ne pouvait plus guère faire de recrues, tandis que les Autrichiens répai-aient incessamment leurs énormes inn-ti-s-, l’armée assiégeante se renouvela presque entièrement dans le cours du siège'.

Les troupes de terre étaient donc impuissantes 'a ravitailler la ville; la marine y eût-elle réussi.^ Inférieure en force ’a l’ennemi, eût- elle pu refouler l’escadre de blocus, courir rAdrialicpie et obtenir sur les côtes de la Dalmalic ou de la Romagne les avitaillements qu’il était impossible de demander ’a la terre ferme vénitienne? Le Gouvernement cl la (k)mmission militaire avaient fait tout ce qui dépendait d’eux pour réparer la malheureuse nuit du 22 mars et les ci reui-s militaires des premiers temps, et pour former une belle division navale; le Président, l’Assemblée, le peuple, tout le monde sentait quel rôle pourrait jouer la marine; ce grand cri de Maniu : « A la mer! à la mer! » que de fuis il l'avait répété, Venise entière lui faisant. écho!

L’escadre, cependant, depuis sa réorganisation par la Commission militaire du 16 juin , ne s'était pas encore remise à la mer. Si pleine d’ardeur aux premiers jours de la Révolution,

' I.’Aulrirlip avoua ollicidleinciit une ix-rto de vingt mille lionimes; la perle erfective |trobablcinctit vingt-chiq mille.

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