LIVRE QUATRIÈME
la marine semblait avoir perdu l’ardeur avec respdraiiec. Elle semblait juger ce qu’on attendait d’elle impossible , et, d’apn’ s le témoignage des hommes spéciaux qui ont dc^iliis pirs étudié les faits, ce qui eAt été dillicile, mais possible quelques mois auparavant, ne l’était plus en effet maintenant.
L’inartion de la marine exaspérait le peuple, dont l’exaltation croissait encore sous l’aiguillon de tous les fléaux réunis. « l.es Autrieliiens continuent ’a lancer leurs boulets sur Venise: la mort et la destruction se promènent dans ses rues^ le ci;o- LÉnx grandit liorriblement; la disette devient chaque jour plus crncllc^ et i>ourtant, parmi de telles misères, malheur ’a qui murmurerait un mot de capitulation! Le peuple, fidèle à la résolution de résister ii tout prix , surpasse en énergie et en obstination ses propres chefs ’ .
Ce mut de capitulation, quelques-uns essayèrent pourtant de le faire entendre : une |M“tition, afin de demander h l’.Assemblée qu’on cessât la résistance, fut concertée entre le cardinal patriarche et un cx-cbamhcllan de l’empereur d’Autriche, qui portait obscurément un des grands noms de l’ancienne Venise; un petit nombre de personnes signèrent, entre lesquelles plusieurs de ceux qu’on appelait les miUiommirct , et qui probablement ne justifiaient plus ce litre. C’était, il faut le dire, parmi eux, le premier signe de faiblesse.
l e peuple ne s’en prit point li eux ; il avait beaucoup aimé le patriarche; mais, depuis la rupture de Pie IX avec la cause nationale et les revers des armes italiennes , le prélat passait pour s’être détaché de la cause malheureuse et pour incliner
' Lettre d'un Vénitien dans l’iasg, t. H, p. 428.
3U DANIEL SIAMN.
vers l’Autriclie. Le peuple alla droit à rarclicrêebé , et l'eavaliit avec des cris de « Mort au pairiarclic.' n Tonimaseo, accouru aveu><|iielques députés et quelques gardes civiques, liarangua et arrêta l’émeute, et sauva le tremblant prélat (3 août).
La veille de l’émeuie contre le patriarche , de vives iustanccs dans le sens de la pétition avaient été renouvelées par le consul d'<VngIeterre, qui se plaignait d’avoir vu sou conseil amical de négocier et de trausiger à temps avec l’Autriche, conseil plusicui-s fois répété d’après les ordres de son gouvernement, méconnu par le Gouvernement provisoire de Venise, et les malheurs prévus déj'a en partie réa-isés.
« Il est presque impossible, » écrivait-il, « que le Gouvernement provisoire de Venise puisse fermer les yeu\ plus longtemps sur les maux beaucoup plus grands encore <)ui doivent résulter de sa |>ersistauce dans la voie où il se trouve actuellement engagé, et il est du devoir du soussigné de conjurer une fois de plus les autorités provisoires de Venise, de la manière la plus énergique et la plus sérieuse, au nom sacré de riiumaniui, de rélléchir avant de continuer une résistance qui, bien qu elle puisse être prolongée encore, ne saurait pourtant éviter en délinitive d’être aussi inutile que désastreuse, et de bien peser la res[iousabilité qu’elles assument en cutrainant b la destruction la vie et la fortune de leurs concitoyens. ■
« .Monsieur le consul général, » ré|H>udit Mauin, « je ne saurais dissimuler la pénible surprise que m’ont fait éprouver de telles observations, après la communication que j’ai cru devoir vous faire de la correspondance relative aux négociations de notre Gouvernement avec l’Autriche^ les dates et
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