LIVRE ÜUATUIÈME
« Venise a eiuUiré Ineu des misères; elle saul'a endurer encore » la faim jusqu'aux dernières limites dn {mssible.
» — La faim peut s'endurer, mais jusqu'à uncertain point; le » dernier pain consomm»*, ce n’est plus la faim; c'est la mort....
» Nous sommes seuls au moiidc! toutes les puissances sont » unies dans la réaction..,.
» — Nous ne sommes pas encore à cette extrémité; nous » n’avons pas tout tenté. — La marine.’.... Attendez 1 attendez » huit ou dix jours encore! la marine a^dra! Si elle ne réus.sit » pas, alors nous ti-aiteitwis....
» — J’aiditque les vivres sont près de finir : la prudence me U défend de dire quel jour ils finiront. — Je ne crois pas que la » marine puisse nous approvisionner en temps utile. — Le jour U où nous n’aurions pins de ]iain, nous aurions la (guerre civile,
V qui déshonorerait notre glorieux passé! »
Le membre de la Commission militaire chargé de la marine,
Baldis.serotto, confiriria l’opinion de .Manin et nia que l’escadre pût ravitailler suffisamment la ville, même en rompant le blocus et en écartant la flotte ennemie.
La loi des 6 millions fut votée , sans débat , par soixantetreize voix contre sept. La municipalité avait pris les mêmes engagements pour ce dernier impôt que pour tons k‘s autres.
L’impôt fut consenti par des hommes qui avaient, presque
tous, leurs propriétés en terre ferme, séquestrées par l’ennemi
depuis plus d’un an , et qui ne savaient pas s’il leur resterait
demain le moindre débris de leur fortune. L’ensemble des
votes financiers que couronnait ce dernier effort montait à >
(30 millions de livres (51 millions de francs), dont 24 naill'ions
de papier-monnaie.
Los 6 millions du 5 août ôtaient destinés, dans la pcns«*e du Manin et du scs auxiliaires, u rem|dir les engagements et U assurer l’oixlre el la dignité des dernière jours de Venise libre.