‹ Daniel ManinChapitre 140 sur 185 · LIVRE OUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE OUATRIÈME

gouverner avec ce sysième. — Que si prévaut l'opinion contraire, siiliissons le fait et ne donnons |>oint u la force l'apparente sanction du droit, bien qu'anjourd'lini l'Eui-ope ne connaisse d'autre droit international que le droit du plus fort! Qu’il riieure d’entamer le traité avec l’ennemi, l’Assemblée se proroge en remettant le pouvoir aux mains de la municipalité, d’un corps non jHilitique. — Si le premier système l’emporte, je propose que le Gouveniement soit confié à qui croit encore le succès possible ; je propose Avesani, Sirtori et Tommaseo, ou Sirtori tout seul.

Avesam. Manin ne dit pas nettement lequel des deux partis il prélï-re, et, dans l’ini et l'autre cas, il s’exclut lui-même du (iouvernement-, sa retraite, c’est la guerre civile! aucun de nous ne saurait accepter ce triste héritage.

Tommaseo. Je trouve inhumain de mettre ’a la torture le président Manin, qui a déjà exprimé suffisamment son opinion. — Avant fCcii venir à un pas suprême, tentons encore tous les moyens de ravitaillement par terre et par mer^ faisons appel k la Hotte, à l’armée, à la garde civique; assurons-nous bien s’il n’y a plus de vivres; et, quand sera constatée l’imiiossibilité de subsister, le président le dira, et nous procéderons aux moyens «le céder honorablement.

Ulloa. J’ai l’intime conviction que la ville ne peut être approvisionnée du côté de terre.

Mamn. La brillante sortie de Sirtori nous a valu la conquête d’un drapeau ennemi, mais fort peu de vivres. Quant à la marine , rappelez-vous ce qu’a dit Baldisserotto.

Tormello (capucin). Que le président Manin appelle le

St

DANIEL MAMN.

peuple aux armes! que le peuple entier marche arec les troupes. Faisons une sortie générale!

Santello. a celle heure , nous ne devons plus penser qu’à l’histoire.

Ulloa. La grande sortie expose la ville à tomber dans les mains de l’ennemi.

Tommaseo. Ce que je demande, c'est qu’il nous soit fourni, et par la Commission militaire et par la Commission annonaire, des documents histori(|ues attestant notre extrémité ; c’est que le général L'iloa convoque les chefs de corps pour prendre leur conseil.

Ulloa. Je m’en remets à l’Assemblée de décider si elle croit qu’on doive tenter un coup désespéré, qui, h mon avis, n’accroîtra pas la gloire de la résistance: dans l’état actuel, la gloire de l’armée , c’est de faire que l’ennemi n’entre pas ici de vive force. — A mon avis, le succès d’un coup désesj)éré est impos-sible , et convoquer les chefs de corps, dans les usages militaires, ne se fait que lors<ju’il s’agit de capituler '.

Cavedalis. Ulloa dit vrai ; on ne peut faire entrer de vivres par terre. Capitulez pour Venise cl Chioggia; il serait insensé de les faire détruire sans que leur perte sauve l'Italie. — Quant à nous autres soldats, nous ne sommes pas dis]>osés à nous rendre. Armée et flotte mêlées ensemble dans les forts de la

’ Nous xnaljrsons d'après le procès-rerbal , qui n'est lui-même qu’une analysa étendue; mais U faut voir dans le livre du général UUoa (t. II , p. sss-sas) l’exposé de son opinion sur la grande sortie que souhaitait Tommaseo et que Sirtori rêvait de conduire. Il démontre clairement l’imposûbilité du succès. Sirtori pensait en soldat , t’Ooa en capitaine.

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