LIVRE QUATRIÈME
mer, uous mourrons les armes k la main.... Qu’on élise un «lictaleur!
V.4RÈ. Résistons tant qu’il y a possibilité physique de résister!
.Manin. On ne petit, on ne doit pas séjiarer le sort de l'armée de celui du peuple! — Pour faire ce que dit Varè, il faut, je le répète, il faut que celui qui gouverne ait foi dans le succès; autrement, il ne pourra verser dans le cœur du |ieuplc la force de résister. Le jour où les moyens de résistance seront épuisés, il faudra que le chef du Gouvernement dise : « Il n’y a plus rien! » Mais le peuple, mais l'armée n'auraicnt-ils pas le droit de dire : « Vous nous avez trompés! » — Qui a l’espoir, peut et doit gouverner avec cet es|>oir; mais, k qui ne l’a plus, gouverner est impossible.
Torniello. Manin, rends-nous l’homme du 22 mars!
Mari». Nous ne sommes jilus au 22 mars! — De la Hongrie, qui seule pouvait encore nous jwirter secours, point de nouvelles depuis longtemps déjk! Nous sommes en telle extrémité, que le secours aujourd’hui' arriverait trop tard! — Si nous avions tenté les entreprises désespérées qu'on réclame , l'ennemi serait aujourd’hui dans ces murs!
Varè. Ni le peuple ni l’armée ne demandent le pourquoi de la rétisumee. Quoiipie le Gouvernement ait depuis longtemps ganlé le silence , le peuple a continué d’esfiérer. — Si l’on prend aujourd'hui une décision, tout est Ciii.
.Manir. Il ii’est pas exact de dire que personne, dans le peifple ni dans l'krmee, ne'deroailde dans quel buf on résistcl — Il est vrai que le Gouvernement n’a plus parlé au peuple
tt.
depuis qu'il a vu s’en aller ses espérances -, le Gouvernement a cessé de parler d'espérance an peuple, parce que mon seul désir est que sur mon pauvre tombeau on écrive ; « Ci-gît un honnête homme! » — 11 existe encore, j’en conviens, dans le peuple, d’honorables, mais vaines espérances; — vaincs, j’en suis pereuadé! — Pourtant, il se peut qu’il arrive quehiue événement inespéré et inespérahlc; il faut donc eu toute manière prendre aujourd'hui un grand parti.
Tommvseo. J’insiste pour qu'on s'assure par des visites domiciliaires s'il n’y a point d'amas de vivres. J insiste pour qu'on ait les réponses formelles des troupes de terre et de mer, afin que, le lendemain de notre chute, nous n’ayons )>oint la honte et le remords de voir se relever une espérance que nous croyions perdue, et d’apprendre que nous avons cédé quand nous pouvions combattre encore!
Minotto. Nous n'avons point à décider aujourd'hui s’il faut céder ou non; nous avons h pourvoir au cas où l'extrême gravité des circonstances rendrait indispensable une résolution immédiate. Il faut élire une seule personne qui n’abaisse pas Venise, mais qui ne l’entraîne point h périr inutilement. Ce sera à cette itcrsonne de s’assurer que tout sacrifice ultérieur est inutile, et celte personne ne saurait être que Manin; — que Manin, qui a gouverné depuis la première heure; qui ne cédera, nul n’en peut douter, que loi'squc la résistance sera humainement impossible; — que Manin, qui seul acceptera! — Je propose le décret suivant :
« L’.Asscmblée accorde au président Manin la libre faculté
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