‹ Daniel ManinChapitre 142 sur 185 · LIVRE OUATRlfeME. 3t · texte numérisé non relu

LIVRE OUATRlfeME. 3t

de pourvoir, comme il l'cnlondra, h rhunneur et au salut de Venise. »

Tommaseo. Je propose l’ordre du jour suivant :

« (^)iisidérant que l'Assemblée, en chose si grave, ne peut prendre de résolution sans plus pleine connaissance des faits, r.\ssemblée passe ’a l'ordre du jour. »

Masi.x combat l’ordre du jour.

PiNciiERLE. Je propose au projet de décret Minotlo l’amendement suivant :

« Sauf la ratiiication de l’Assemblée pour toute décision sur les conditions politiques, a

.Minotto adhère. Maniu appuie.

Manin. Les circonstances exigent un (’iouvernement fort; tel n’est pas certainement le Couvernement actuel. L’ordre public est gravement compromis; il est impossible de gouverner si r.\s.semblée ne prend pas aujourd’hui une décision.

SiUTORi. Je déclare franchement que Manin est insuflisant b gouverner seul aujourd’lini le pays; ni la ti-oui)e ni le peuple n'ont plus confiance en lui.

M.AKin. Je remercie Sirtori de sa déclaration. Il est vrai que j'avais toute la confiance du pays, et que je ne l’ai plus telle que je l’avais. I.a raison, la voici : la foi que tous avaient en moi émanait de l’idée que je représentais, idée qui à cette heure ne saurait plus se réaliser. Autre raison encore : on m'a obligé, dans ces derniers temps, ‘a gouverner d’une manière différente de mes vues; je n’ai pas obtenu de l’Assemblée l’appui que j’attendais, et c’est {lourquoi une partie du peuple et de l’armée ont perdu leur confiance en moi.

DANIEt MANtN.

Benveri'ti. Il est vrai que Maniii n'a plus son premier prestige; mais lui seul toutefois peut encore avoir la confiance (lu pays, et pcrsoime ne peut le remplacer; Il ne nous reste qu'une chose h faire, nous unir fratemellement dans une consciencieuse lésoliition , et jeter au peuple la parole de concorde ; si le peuple nous voit revenir 'a notre conGance en Manin, il y reviendra, lui aussi, et Maiiin sera jusqu'à la (in le martyr du principe!...

SiRTORi. Manin ne j>eut prendre seul le iwuvoir. Sou nom veut dire ciipuutation immiidiate.

Mamn. Si je n'ai la promesse franche, loyale de tous, d'âppuyer le Gouvernement , s'il subsiste un parti dans l'Assemblce, ni moi, ni jærsfmne ne pourra gouverner. Je demande qu'on écarte toutes les restrictions qui ont jusqu'ici entravé le Gouvememeut; qn'oii me donne ce droit d'initiative qu'aucun gouvernement ne se voit refuser. Je n'ai eu depuis quelque temps que le vain titre et non la réalité du pouvoir. »

Il faisait allusion au partage du pouvoir exécutif ofiéré le 16 juin entre le président et les Commissions diplomatique et militaire. Il reprit :

« Je demande, au cas où l'Assemblée me conférerait pleins pouToirs, si je pourrais compter sur GHoa et Baldisserotto »

Ulloa et Baldisserotto. Oui, en toute cpndition et quoique x'ous décidiez.

Tommaseo. On veut donner la dictature à quelqu'un qui a dit tout d'abord qu'il n'a plus d'espérance ; on la lui donnera

' 1« deux eoIUgues de Sirtori dans la Commission militaire.

Digit

Ib.

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