‹ Daniel ManinChapitre 143 sur 185 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

donc non pour ri’sistcr, mais pour céder. Si mou ordre du jour ne passe pas , que Manin , du moins , nous dise k quelles conditions il entend négocier avec rennemi.

SiRTORi. l.a question est nettement posée : il s’agit d’accorder ’a Manin pleins pouvoirs pour capituler. 11 se répand de favorables nouvelles de Hongrie ; la paix du Piémont n'est pas définitivement signée. .Attendez trois ou quatre jours; c’est l’honneur, c'est peut-être le saluti

PiNCHERLE. C’est se faire illusion sur l’état de nos subsistances que de croire indifférent de traiter quelques jours plus tôt ou plus tard. S'il nous reste un espoir, c’est de traiter avec les autorités civiles autrichiennes, car les autorités militaires ne nous recevraient qu'k discrétion ; or, traiter avec le pouvoir civil demandera bien du temps ' 1

Marin. Je ne puis répondre k une interpellation telle que celle de Tommaseo.

L’ordre du jour de Tommaseo est rejeté par 65 voix contre 28.

Tommaseo. Je demande que l'on supprime dans la proposition Minotlo les mots ; « Sauf la ratification de l’Assemblée. » S’il s’agit de sanctionner une capitulation, l'Assemblée ne

doit plus se réunir.

PiNCHERLE. Je suis d’avis que l’Assemblée garde encore tous ses droits; si le pouvoir est réduit k nous proposer de capituler, c’est alors que l’Assembléé devra s’ajoumer en cédant k la force.

' Il fatUit envoyer A Milan , attendre le< rdponMs, etc.

Un renvoi ï trois jours propose par Sirtori est rejeté, et la proposition Miuolto, les pleins [louvoirs à Manin, est admise par 5G voix contre 37.

. Manin. Je demande que chacun s'engage sur l'honneur 'a ne pas faire d'opposition.

L'Assemblée adhère avec de vifs et unanimes témoignages d’assentiment '.

Ainsi finit cette tragique séance, qui avait été, suivant la parole de Tommaseo, une longue torture pour l’infortuné président de Venise-, Manin, six heures durant, s’était vu forcé de combattre une partie des siens et son propre cœur, qui s’élançait vers la lutte h outrance et la mort, pour conserver Venise à la civilisation, à rinimanité, h ravenir!

Tour se rendre compte du vrai caractère de la discussion , il faut dire que Tommaseo et Sirtori savaient aussi bien que .Manin le compte de ce qui restait de jours de vivres dans les magasins publics, mais qu'ils croyaient k d'imaginaires réserves chez les particuliers*; et, d’une autre part, qu'ils eussent voulu faire décider la grande sortie par un conseil de guerre.

Manin alla annoncer au {leiiple, du balcon du palais national, le décret de l’Assemblée. *

« Vous savez si j’ai vraiment aimé Venise; je ferai tout ce qui me sera ]H>ssible, aidé des Vénitiens et de tous les Italiens ici réunis, pour le bien et l’honueur de cette ville.

' Proc^s-verbil de U séance du 6 aoAl , signé du secrétaire Rufliiii.

> Ludovico Pasini et Miiiollo avaient très-Iiien démontré, dans te cours de la discussion , que ces réserves ne pouvaient pas exister.

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