LIVRE OL'ATBIÉMi
» ]l est doiie nécessain'. que les né^oeialions se Iraileiil avec calme et di^^ité. C’est Uchetc que de supposer que Venise réclame de moi une lâclielé, et, si elle la réclamait, je ne pouriais faire ce sacrifice, même <i Venise.
» Vive l’honneur de Venise! »
Le peuple , d’une seule voix , répondit h ce cri :
« Et l’escadre? » cria-t-on.
« — L’escailre a repris la mer le 12 ; elle est restée longtemps en bataille devant l’escadre autrichienne, très-supérieure, qui u’a osé l'attaquer. Mais la cruelle maladie qui désole la cité a envahi l’escadre, et il eût été inhumain de ne pas se hâter de pourvoir aux attaques du choléra. L’escadre vient de rentrer au port. » '
Il disait trop vrai : sur une des conettes, l’équipage, en cinq jours, fut réduit de c«‘nt dix hommes k soixante et un. Le reste était mort ou hors de service
« Nous avons faim! » cria une voix.
« — Que celui qui a faim se montre! » répondit Mania.
;< — Ce n’est pas nous! * répliqua-t-on de tontes parts.
>1 — La faim n'eSt point encore parmi nous. Il y a encore pour quelques jours de vivres. Que celui qui a faim .se montre! »
Personne ne parut, et la foule se sépara en criant :
• Nous sommes Italiens! vive Mauin*! »
Gorzkowski répondit, le 19 au matin, k la lettre des commissaires : il accordait la conférence, en exceptant cependant
• FUgg,t.n,p. 4«*.
• RacroUa, t. VIII, p. J47; Flagg, t. II, p. 47Î.
PAMEL MANIN.
« toute médialion étrangère, inadmissible entre Sa Majesté et ses sujets rebelles. » Il faisait suspendre momentanément le feu.
conférence eut lieu h l'usina, entre le général assiégeant et les délégués vénitiens, l'intervention des consuls étrangers ayant été ainsi repoussée. Gorzkowski déclara qu’il allait envoyer à .Milan les observations des délégués, mais, qu'en attendant la ré|>onse, le bombardement coniinnerait; il tint parole, et, le soir, le feu reprit avec une nouvelle furie « La destruction continue pins fort que jamais, » écrivait, deux jours après, dans son journal, le consul Vasseur; « la rage aveugle les Impériaux, puisqu’ils détruisent une ville qui leur appartiendra bientôt. »
Les artilleurs vénitiens répondirent avec une énergie désespérée. Dans la matinée du 20, Manin fit une dernière visite aux défenseurs des forts et des batteries. Ils le reçurent avec une exaltation qui le gagna lui-même, n Allons, mes amis, il » faut tirer contre I .Autriche jusqn'k notre dernier boulet! » Cette brave jeunesse n’épargna rien pour réaliser 'a la lettre la parole de Manin L
Dans la nuit du 19 au 20, on avait appris la capitulation de Vilagos et la chute de la Hongrie. Venise, du moins, aurait riionneur bien mérité de tomber la dernière!
■ Klagg.l. II.p. 474.
* Ce Paitf coiiüriné |»ar 1rs noirs maimscritrs dr Manin, sc trouve dans une relation rnnrmir, {mblit^r ]tar le journal ilr ^lodènr rl reproduite dans !a V,aie((r ù/ficitHeih VeiHse du ii d^tnbre 1849; mats cette relation y iii^le des circonstances tikciisoiigères : |Mtr exemple , que les Autrichiens mchiagcaient Venise depuis le 19, et que ce fut le fi»u rouvert par ordre de Manin qui ralluma Tardeur de leurs halleries.