LIVRE CINQUIÈME
n'sumcrons, plus succinrtomcnl quo nous ne l'eussions fait peul-êire, la marrlic des idées de Manin ct ses eoncliisions. Nous analyserons en citant-, que pouvons-nous faire de mieux que de lui laisser la parole à lui-même? Solidaire de sa cause quant au but, il ne nous convient d’être que son inlerprète quant aux moyens; le jiij’C qu'il invoquait, c'était sa pairie.
Le prt'mier acie public par lequel Manin signala son retour il la vie active fut une lettre insi-rée dans la Presse, le 22 mars i8Si. Le 13 mars, lord John Russell avait dit, dans la Chambre des communes, que « si les Italiens, au lieu de se soulever contre le rioiiverneraent aulricliien, restaient tranquilles, il viendrait un temps où ce Gouvernement serait plus humain et donnerait plus de privilèges populaires que l’Italie n’en pourrait obtenir par une insurrection. »
Quand on connaît la manière dont les hommes d'Klat anglais accommixlent les principes et les faits, suivant les besoins do la politique du jour, on comprend que cela voulait dire :
« La guerre d'Orient commence; nous souhaitons le concours de r.Xulriche contre la Russie-, donc il nous convient que vous ne Imugiez pas durant les événements qui se préparent. »
Manin n’avait |M>int ’a discuter l'intcntioa ni les convenances du ministre anglais : il alla droit au fond des choses.
« Nous ne demandons pas », dit-il, « nous ne demandons pas ’a l’AutHcbe qu’elle soit humaine et libérale en Italie, ce
rentrée de Manin dana l’action politique , et s'eat arrêté au dé|iart de Veniae. Il annonce une aeconde édition, où ii abordera aaiia doute ù aon tour cette dernière période.
qui , au reste , lui serait impossible quand elle eu aurait l’intention; noiM lui demandoiit qu'elle e' en- aille. Nous n’avons que faire de son humanité et de son libéralisme ; nous vouions être les maîtres chez nous.
» Le but que nous nous proposons, ec que nous vpnlons tous , sans exception , le voici :
» Indépendance complète de tout le territoire italien; anton de toutes les parties de l’Italie en un seul corps politique.
» En cela, nous sommes tous d'acoord, nous scmimes unanimes.
» Les dissentiments qui subdivisent les patriotes italiens en plusieurs |>artis politiques (républicains, royalistes, unitaires , fédéralistes) concernent des questions secondaire*, sur lesquelles nous sommes prêts a faire toutes les concessions et toutes les transactions qui pourraient être exigées par les circonstances.
» Mais, quant b Yindipendance et b l’union, noos ne pouvons faire de concession; nous ne jwiivons transiger...
» Non, nous ne nous résignerons pasi Pour une nation qui subit le joug étranger, la résignation est une làcheUi, et nous ne voulons pas être des lâches.
» Non, nous ne resterons pas tranquilles, tant que nous n'aiirons pas atteint le but que nous poursuivons, tant que nous n’aurons pas obtenu V indépendance ei l'uinon de l’Italie....
» Qu’on y songe bien : la question italienne est désormais une question européenne de premier ordre. Il faut qu’elle soit résolue d'une manière conforme b nos indomptables aspirations de nationalité.
» Jusque-la, et quoi qu’on fasse, nous nous agiterons tou-