LIVRE CINOinfiHE
dans une solitudt; it pou pivs imiMMictrablo, rherritant en vain <lans un a1>$olu silence l'apaisement de ce tourbillon liévreux qui remontait de. son coMir à S4>n ceneau, et ne sortant un instant de son désert que |)Our serrei' une main amie ou écrire quelques lignes sur qiiel(|ue intérêt italien, au prix d'eiïorts et de douleurs extrêmes.
Le progrès de son idée, qui cnvaliissait peu b peu l'Italie, le calmait et le ravivait parfois un moment-, de grands événements au delà des Alpes l'enssent p<‘ut-élre disputé à la mort; il eût voulu vivre alors, et .sa volonté était si forte I Mais les événements semblaient éloignés encore^ il ne put les alleiidre! Il ne vit pas commencer des cliost's qui lui eussent fait retirer cette parole d'une de ses lettres :
« Epuisé par une lutte au-dessus de mes forces, j’attends avec un ardent dé.sir l'iicure du repos, du vrai et dernier repos. Il
Son dernier acte politique fut de signer, d'une main défaillante, la circulaire suivantt^ de la SoritUé mtiomie Uuiienne, fondée pour la propagation de ses principes (août 18o7) :
« L'as.sociatHm nationale italienne déclare :
..Qu' elle entend mettre le grand principe de l’indépendance et de runil'K-ation italiennes au-vlessus de toute préviilectioii de forme politique, au-dessus de tout intérêt municipi ou provincial, quel qu’il soit;
.. Qu'elle sera pour la maison de Savme, tant que la maison de Savoie sera |K)ur la cause italienne dans toute la mesure du raisonnable et du possible -,
» Que, pour arriver à l’indépendance et à runification
nANIEL MAN IN.
de l’Italie, elle croit l'actioa populaire nécessaire, le concours du gonvemement picmontais utile ' . »
Manin mourait « avec la foi la plus entière dans rexeellence de son œuvre et dans son triomphe définitif; phis haut qtle jamais, il répétait que Ib, ou nulle. |>art, était le sahft de l’Italie. La plus grande consolation de ses amis est le souvenir de la sérénité profonde, du contentement répandus sur les derniers jours du martyr, par cette ferme conviction d’avoir hieir accompli son rude labeur, d’avoir bien servi sa patrie jusqu’au bout*. »
Daniel Manin expira, le 22 septembre 18S7, h cmquanletrois ans ’.
Son corps fut déposé dans ce caveau funèbre où l'attendait celui de sa fille, où le rejoignirent les restes de sa femme, ramenés par la main du fils et du frire demeuré seul de cette race dévouée. L’illustre ami qui les abritait sous son toit funéraire, et dont le crayon et le pinceau avaient fixé |)our la
■ « Son nom vaut des lirions , > écrivait , en recevant la circulaire , l'excellent marquis Pallavicino , le compagnon de captivité de Silvio Pellico , mais qui n'a point adopté sa doctrine de résignation ! La circulaire avait été rédigée |>ar M. La Fariiui.
M. Pallavicino avait dit vrai. Nous lisons dans une correspondance de la Presse, datée de Gènes, le 24 avril I85S , le lendemain de l’ultimatum autrichien qui ouvre la guerre d’Italie : « La soeiété nationale, insUtuée dans le temps par Manin, et dirigée par MM. Pallavicino et l.a Farina, a assuré au Piémont quaire-vingt mille volontaires le lendemain de l'attaque. >
’ Nous retrouvons, dans les papiers de Manin, cette note de la main de la personne dévouée qui avait entouré de soins pieux les derniers jours d’Fanilia, puis ceux dn père désolé et du grand citoyen , et qui , ainsi que noos le disions tout à Plieure , doit consacrer à la mémoire de Manin une publication qui suivra de près notre truvre.
’ Il était né le 11 mai ig04.