LIVRE CINQUIÈME
(wslérilé, et dans la vie et dans la mort. les traits du |>^re et de la fille, Ary Scheffer, enlevé par le même mal , le mal des grandes âmes, ne devait pas tarder îi suivre .Manin au tombeau leurs restes mortels seront un jour séparés, le jour où cessera la servitude de l’Italie; leurs mémoires ne Je seront jamais!
L'âme de Daniel Manin plane aujourd'hui sur cette Italie (pie remplit et qu’inspire sa pensée; la France rendra un jour, prochain s’il plait à Dieu, son corps â Venise aiTranchie’.
‘ Vne crise commenr^^ ap\ funérailles de Mania faillit emporter iimnédiatement Ary Scheffer; dans une lettre écrite à Poccasion de cette maladie, nous Usons le passage suivant : « La mort de Manin aura été une cause de chagrin pour lui; celle de Cavaignac en aura été une nouvelle. On ne peut voir dispa* rattre des hommea d'une élévation de caractère si exceptionnelle sans eu éprouver une peine sensible. Notre siècle offre de si rares exemples de vertus semblables ! » La main qui avait tracé ces lignes émues se glaça bientôt à son tour, avant celle même d'Ary Scheffer; c'était celle de la dudiesse d'Orléans, qui devait en quelque sorte achever d'entraîner le grand artiste dans la tombe.
’ Et , avec le corps, cette noble image de Manin au lit de mort , destinée à Venise par Ary Scheffer, et où respire une si auguste sérénité et une si bauta confiance dans l'avénement do jour de justice et de réparation.