‹ Daniel ManinChapitre 172 sur 185 · ÉTUDE SUR MAN IN · texte numérisé non relu

ÉTUDE SUR MAN IN

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srmil pour lui un épanouisscmenl ou une commotion cruelle, et, scion je cas, je passais vile, tandis qu’il s’arrclait irrésolu sur la direction à suivre , ou pour faire l’aumône à un pauvre , comme par exemple, lorsqu’il passait place SaiiU-Gcorges, à la vieille aveugle établie contre le mur de la villa de .M. Tliicrs, et qui n’a jamais su l'illustre cliarité qu’elle a tant de fuis reçue.

lin peu plus tard, il eut des idées do campagne, moins pour la distraction d’une villégiature que pour un plus grand isolement. Il allait il Bellevue, il allait à l’assy : il n’y craignait pas les rencontres; il s’y claustrait hermétiquement; il n’y lisait ni lettres, ni journaux, ni livres; il essayait d’y vivre matériellement, scion la prescription du docteur. Vaine ordonnance, hélas! inqxissible visée! Les arbres et le silence ne lui pouvaient ôter le vautour de l’action mentale et de la pensée interdite. Peut-être l’y livraient-ils, au contraire , sans défense. Bientôt il revenait un peu plus malade cl un peu plus assombri.

Car cette âme brûlante avait des affaissements inconnus des espriLs froidement positifs; mais aussi quels réveils! C’était un point de contact — il en avait plusieurs — de sa nature avec le caractère français. Comme un nageur intrépide , à chaque instant jeté par une mer houleuse dans les bas-fonds , n’en suit pas' moins sa route obstinément voulue , de même, s’il perdait parfois de vue le phare et le but de la sienne , si l’espoir cessait un moment de luire, il n’avait ni repos, ni trêve, ni relâche qu’il ne l’eût enfin ressaisi et n’y épargnait pas l’effort. 11 y réussissait toujours, aidé de l’héroïque courage et de la merveilleuse élasticité de son àme trempée, à la fois ferme et souple, et en définitive il ne reculait d’un |)as qu’en avançant au moins de deux. Je le trouvai souv'ent dans ces sombres accès; peut-être eu.s-jc quelquefois, et c’est un des souvenirs les plus chers de ma vie , le bonheur d’abréger un peu CCS tristes crises , à quoi moins que rien suffisait parfois : un bout de causerie sympathique , une raison démonstrative d’&spérancc, une plaisanterie, la moindre chose enfin. Le ressort en lui était si énergique, que, s’il avait plié, il suffisait de toucher un peu juste pour le faire et le voir redresser aussitôt, plus à l’épreuve que jamais.

Ces sortes de cures n’agissaient sur lui pour ainsi dire que dans le têtc-à-lête. Il lui fallait l’intimité. Un très-grand nombre de mai-

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sons honorables et honorées se disputaient la faveur de le recevoir. Quelques-unes d’entre elles seulement l’obtenaient , el encore n’y paraissait-il que rarement, jamais à l’heure de la foule. Il venait, s'échauffait, s’animait, s’inspirait, oubliait complètement son ferme propos de s’eu aller de très-bonne heure, et électrisait tout le mmide par la puissante force combinée d’un grand cœur et de la plus haute raison.. Je me rappelle qu’une fois nous partîmes ensemble à un peu plus de minuit, par une pluie battante qu’il préféra pourtant au R'gimo de la voiture. Nous n’avions qu’un seul parapluie à nous deux , et nous allâmes ainsi , allègrement et trempés, de la place de la Madeleine au sotntnet de la rue blanche. Le temps ne comptait pas; la pluie ne mouillait i>as; il parlait! il était en effusion, en veine. Je lui dis, à la porte : « Eh bien! êtes-vous au regret de vous être laissé débaucher ce soir? — Non, me dit-il, mais je paierai chèrement cette séance-là. »

Effectivement, il en avait, â la suite de pareilles soirées, pour plusieurs jours de surexcitations et de migraines cruelles provenant plus ou moins de cette’maladie de cœur dont les symptômes l’abusaient quelquefois par leur variété , mais dont il démêla trop bien le véritable caractère vers la lin , avec son sens extraordinaire, auquel se joignait l’implacable lucidité du mourant. Aussi, dans les deux dernières années, fut-il à peu près impossible de le tirer de chez lui pour des occasions pareilles, et l'on s’en faisait conscience.

Le portrait qu’a fait Ary Scheffer de Manin est de tous |X)ints admirable. Mais, sans vouloir en affaiblir l’immense et poétique mérite, je pense qu’un portrait inti'-ressant aussi est celui qu’a tracé du grand Italien un ennemi, M. Call, le directeur général de la police vénète , dans un rapport adressé au cabinet impérial et royal de Vienne (8 février 18!i8) :

(I L’avocat Daniele Manin, est-il dit là, jouit de l’estime publique par sa conduite morale , par les talents dont il est doué , et par son , caractère désintéressé. Cependant,' à côté de ces belles qualités, on a pu remarquer en lui un caractère hardi, irritable, pointilleux, querelleur et suffisamment rempli de lui-même. Profond légiste, il est très-expert en l’art oratoire, et sait exposer ses idées avec un art et une lucidité admirables. »

Cet hommage c»t frappant, venant d'un ennemi. Mais où l’en-

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nomi se inonti'c, c’est dans celte qualification de querelleur, appliquée à un champion de son pajs; c’est surtout dans celle épithète de rempli de lui-même, qui ne lui convient nullement.

Munin, sans doute, sentait sa valeur, comme tout homme né avec la tunique de Nessus d’une immense supériorité iotellccluellc et morale; mais le sentiment de l’idéal , que cet homme en apparence positif portait à un haut degré en lui, rempèchail de se livrer à ces complaL-ances personnelles, h ces indulgences plénières ()ue l'homme a volontiers pour soi. Il stmiail si bien le néant de l’humaine faiblesse et la limite de nos forces, que, déjà ardent plus qu’homme du monde au bien , il cimrehait en tout le mietiN, la perfection impossible. Il avait cela de commun avec sa noble lille, et lui et elle, lui, ce grand homme, elle, celle martyre désolée et frappée, avaient cependant la simplicité de cœur de prendre celle inspiration innée et ardente pour une infériorité!

Manin ne ,se sauvait de ce sentiment étrange, de celte modestie incurable , ((ue par l’ardeur à toutes choses Je ne sache pas un sujet, du plus |>elil jusqu’au plus grand, qui ne lui fût familier. Il parlait de tout en connais.sance de cause, et ce qu’il n’avait pas par l’élude emhrassri, par l’intuition il le devinait. Malgré son état de constante et excessive Si)uiïrance, il prenait intérêt à tout. Les plus petites choses trouvaient grâce et accueil devant celui qui était maître des plus grandes. J'ai eu cent fois occasion d’admirer en lui cette universelle aptitude.

A propos de Venise, il me donna une leçon péripatéticienne d’histoire dont j’avais le plus grand Itesoin. J’avais précédemment commis je ne sais ([uel article où , sur un livre consacré à la républi(|ue de \enise (à l’ancienne), j'étais tombé, avec l’auleiu' «le l’ouvrage, dans l’erreur de la tradition mélodramatique, par rapport aux tmjslèree, aux Plombs, aux cachots sombres, aux bravi, aux espions, aux sbires, aux .secrets du menaçant Conseil des

Dix, sans compter le pont des Soupirs, la Bouche du Lion cl tout ce qui fait la fortune ti’Anijelo, tyran de Padoue.

, Il avait lu ce factum et s’en souvint à propos des tableaux vénitiens d’Eugène Delacroix.

— Il faut, dit-il, en m’entraînant sous les érables et sous les ormes de l’avenue Muutaignc , que je vous gronde un peu. Comment avez-vous pu donner, de bonne foi, dans toutes ces fantasma-

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gories? Croyeï-vous encore à vos contes de nourrice? Vous feriez aussi bien que d’ajouter créance à ces légendes surannées. Les Plomht, les cachots dont on a tant parlé, Je les connais; j’y ai été , et je vous assure que ce sont des geôles point du tout sinistres et très-.siinisaminenl logeables. Après tout, il ne faut pas être si dilBcile lorsque l’on entre en prison. Croyez-moi , tout ce qu’on débite sur l'ancienne Venise est de la même force : c’est purs fagots de bonne femme.

Là-dessus, il m’expliqua et me fit comprendre trè.s-bien que la térénutime république de Venise n’avait duré glorieuse et n’avait pu durer tant de siècles qu’à la condition d’étre au fond , sous les dehors trop facilement acceptés d’une exclusive et pesante aristocratie , un gonvememenl tout populaire , dans la double et bonne acception du mot, dévoué, indulgent et paternel à la plèbe. Contre qui sévissait cette aristocratie? contre elle-même, dans la personne de ses membres factieux, rebelles ou traîtres à l’État. Pour ces crimcs-là, elle était sans pitié. Elle décapitait juridiquement un doge, s’il le fallait, et quand elle pouvait procé.der par les moyens réguliers. Mais c’était rarement le cas à cetle épixjue, et il ne faut même pas remonter jusque-là pour trouver çà et là voilées les statues de la {.égalité et de la Justice. La république de Venise s’en départait pourtant le moins qu’elle pouvait. Quant au peuple, tout en sévis.sant sur les grands, on lui était humain, pitoyable cl doux, ses délits n’ayant pas une grande portée, par la raison très-simple qu’il ne s’avisait pas de conspirer contre l’État. Aussi a-t-il gardé dans son c<eur le souvenir de ce gouvernement, et c’est une des raisons qui lui rirent accueillir avec tant de transport en 1848 la nouvelle république qui lui fut annoncée du haut du palais de Saint-Marc.

Ces éclaircissements si spécieux et si probants, je crois, que me donnait Manin , sur la mystérieuse allure des anciens inquisiteurs d’État, me sont à l’instant même, par une coïncidence sin^ilière et heureuse, confirmés de la bouche d’un jeune et studieux confrère, • M. Armand Baschet, qui arrive de Venise, où il a employé quatorze mois à compulser les anciennes archives, y compris, ceci par décret exceptionnel et personnel de l’empereur d’Autriche, celles de l’inqui.sition d’État. Il abonde tout à fait, sur pièces, dans les idées que me développait d’intuition Manin , et il ajoute que ce mqtUre

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qui a défrayé tant de drames n’était ni si terrible ni même si profond qu’on s’est plu à le présenter. En résumé, c’éUiit un bon gouvernement que celui de Venise, et l’épreuve décisive, celle de la durée, qui ne lui a p>oint fait défaut, l'atteste solennellement.

Manin n’éiail pas si expansif sur les choses de son gouvernement propre. Ce souvenir trop proche le remuait par trop, et ce n’était que dans de rares occasions, comme malgré lui, qu’il se laissait aller à aborder le récit épisodique et glorieux de cette grande page de Venise. On se faisait scrupule, et on avait raison, de le mettre sur ce chapitre si brillant pour lui , ntais trop plein d’émotions destnictives. J’osai néanmoins aborder quelquefois avec lui ce terrain bridant. Chose étrange , cet homme , li rempli de lui-même, au dire du policier Call , et que beaucoup d’autres ont pu qualifier d’ambitieux , n’avait jamais «îongé, m’a-t-il dit bien des fois , h gouverner saqiatrie après l’avoir insurgée. H ne s’en eroynit pas capable. Les qualités si différentes de l'homme de révolution et de l’homme de irouvoir lui semblaient inconciliables, en général , et tout spécialement chez lui. Quand l’Arsenal fut pris , grâce â lui, quand Venise délivrée eut rejeté de son sein jusqu’au dernier Autrichien , il crut, de bonne foi , sa tâche terminée et s’en réjouit sincèrement, n A d’autres maintenant, se dit-il et dit-il, de continuer l’oeuvre ; n et il se sentait la joie du bon ouvrier qui a fini sa journée et qui, le creur allègre, s’en retourne chez lui ayant reçu tout son salaire. Mais il arriva que personne ne voulut ou ne put prendre le pouvoir. Après s’en être bien convaincu , désigné , appelé, acclamé par tous, il dut, bon gié, mal gré, .se charger de nouveau de la conduite des affaires et aborder un rôle si distinct de celui qu’il avait joué depuis vingt aiis. 11 le fit à regret , sans trouble toutefois, virilemenf, avec le sentiment et le ressort de l’impérieux devoir rempli. Comment il s’en tira, je ne veux pas ici le raconter : l’histoire le sait. Ce qu’il y dépensa, nul ne peut le savoir que lui-méme et Dieu. Néanmoins, il me dit : « Je m’aperçus à l’oeuvre que, si les circonstances rendaient le métier pénible et ardu , il ne devait pas être en temps ordinaire singulièrement plus difficile qu'un autre; qu’il n’a pas de secrets surtout, et qu’avec du bon sens , de la pradence , de l’attention , quelque énergie , pas de faiblesse pour autrui , encore bien moins pour soi-raéme

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— Bon, c'oRl fort bien cela, me pormis-jo d’intorrompre; mais dans la siUiati<in m'i vous prllos Vi*nisp, ajoutez rpi’il fallut tous ces dons élevés h la plus haute piiissanre, et surlout, et toujours, et partout, du courage, militaire et civil à la fois, et si grand qu’on ne conçoit |ws qu'une âme ait pu suflire .“i une si continuelle et si surhumaine dépense.

— Bah ! le courage , dit-il , qu'est-ce que le courage? Une qualité négative, organique souvent chez l'homme comme chez de certains animaux, dont l’abs<;nce nous déshonore, mais dont la possession ne nous grandit pas. Il y a des gens qui aiment par instinct le danger, comme les dilettanti la musique. Je suis un peu humilié sur le fait du courage, depuis que j’ai vu à l’œuvre en ce genre, à Venise, un pauvre di.ahle de vos concitoyens, qui n'était pas un héros de profession, celui-là, tant s’en faut, mais tout simplement le domestique de l’epe. Vous avez bien connu Pope ?

— Oui certes, n

Me trouvant , en effet, en Piémont doux ou trois ans avant, j’avais eu le bonheur d’y être accueilli par celui qu’on peut, à bon droit, nommer le Ijifayetto italien, et c’est chez cet homme vénérable, dont le cœur résistait si bien au poids de l’àgc, de la carrière la plus pleine et des rudes déceptions, que j’eus le plaisir de voir pour la première fois ce jeune homme, doux, modeste, sympathique, 5îcnsé, judicieux, savant, bon politique autant que brillant soldat, qui a été le bras de Manin dans la défense; de Venise et qui s’immortalisa nommément par le haut fait de la défense de Maighera : le jeune général Girolamo Ulloa.

n Eh bien donc, Pt'pc avait amené de France un domestique parisien, mais Parisien pur sang : badaud comme il n’est pas possible, n’ayant jamais vu la mer, ni la guerre, ni quoi que ce fùl au delà de son faubourg natif. Le voilà qui, pour son début, tombe à Venise avec son maître, en plein bombardement. Croyez-vous qu’il eut peur! Ah! par exemple! aucune autorité ne pouvait l’empéchcr de monter sur les épaulements pour voir de plus près le feu qu’il admirait beaucoup. On lui disait à chaque instant : n Joseph, vous allez vous faire tuer! » Il n’écoutait rien, et, pour toute réponse, il disait : « Ah! comme c’est joli! » ou bien : « Qu’est-ce que cela? demandait-il. — Ça, c’est une bombe, lui disait-on. — Oui-da! et ça? — C’est un obus. — Ça? — Une fusée

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il la Congi'èvc. — Olez-vous de là , malheureux ! » Pas possible de l'en tirer. On l'en Atait de force. Il remontait plus loin. Enfin , un jour, vint quelque chose : il n'cul pas le temps de demander : <1 Qu'est-ce que c'est? » selon sa coutume; l'on eut encore bien moins le temps de lui crier : « C'est un boulet! » Il eut la tête emportée. Pepe le regretta : c’était un bon garçon et un honnête serviteur, bien que sans nulle cervelle, comme ceci le prouve; mais, à coup sûr, on ne peut dire qu'il ne fût pas le plus brave de nous tous qui étions là.

» — N oilà une belle histoire , lui dis-je , et qui prouve en effet beaucoup contre la gloire et la vaillance de àianin ! En prétendez-vous induire qu'on ait plus de courage à Paris qu'à Venise, ou bien que cette puérile témérité se puisse comparer, de loin ou de près, à l’acte réfléchi de l’homme qui sait le danger, qui le sent , qui le craint même et qui l'alTronte? » Je connaissais déjà cette bi.stoire, du reste, pour l’avoir entendu conter au giméral Pepe; mais j'ai tenu à la rapporter dans le tour vif que savait si bien s'approprier Manin, quand il pouvait sortir de ses peines et chasser sur nos terres facétieuses, ce qu'il faisait en Gaulois de profession.

C’est bien de lui qu'on eût pu dire que rien d’humain ne lui était indifférent ni étranger. Il jouissait d'une faculté et d’une promptitude d'assimilation réellement prodigieuses. Il parlait notre langue, bien qu’il s’en défendit, aussi facilement, aussi purement que nous-mêmes, sans nul accent, phénomène rare surtout chez un Italien, et avec counais.sance exquise et profonde de nos plus petites finesses, de nos idiotismes les moins traduisibles. Il eût été et il était, par le fait, aussi bon orateur en français qu'en italien, et aussi bon écrivain. Mais il n’en croyait mot, tant il était rempli de lui-mime, et j’en ai une assez curieuse preuve.

Les lettres autographes de Manin sont rares, surtout celles qui se rapportent aux dernières années de .sa vie. L’affection dont il souffrait ne le laissait écrire qu’avec la plus grande peine, et c’est en partie ce qui lui faisait dire, à son lit de mort, à une noble et fidèle amie : u Cette maladie a du bon; elle explique bien des sauvageries de ma part, et bien des inexactitudes à répondre à tant de lettres que l’on m'a adressées. » Son écriture, la plus magnifique que j’aie vue, n’accusait pour-lant rien de cette reluctaiice, vaincue comme tant d’autres, qui faisait que souvent trois ou quatre

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