LIVRE PREMIER
il hausse les épaules quand oïl le presse de n-availler h constituer le gouverneincm de Venise devant les canons éli'angei-s encore en batterie sur les places. Pour gouverner la ville, il fani avoir la ville! La municipalité, en raison de la gravité des circonstances, s’était adjoint plusieurs citoyens éminents: Manin refuse de faire priic de Vaggiunta; il vejit avoir les mains libres; l'aeoeat a disparu; le tribun, et bientôt le dictateur, SC lève; l'homme de légalité est maintenant l'homme de révolution !
Trois Joni-s s'écoulent, durant le.squels la rtWolution marche par l'ordre comme elle avait fait par l’émeute; la garde civique s’arme, se discipline, se multiplie ; elle compte déjà au moins quatre mille hommes; elle se fait céder successivement les postes de l'intérieur ou les partage avec la troupe.de ligne. Le premier jour, 18 mars, Manin avait fait prendre aux première gardes civiques une inoflensivc écharpe blanche ' : le commandant de place avait déclaré que la cocarde tricolore serait traitée comme insigne de sédition. Le 20 mars , Manin, la cocarde verte, blanche et rouge sur le cœur, délile, avec sa compagnie, devant le |H>ste autrichien de la place Saint- -Marc. Le poste lui présente les armes. Le 21, le comte Paiffy lui fait demander une conférence. « Dites au gouverneur, répond Manin a l’envoyé , qu’il n'a pas voulu m’entendre quand il pouvait m'accorder ce que je lui demandais, et que, maintenant, ce que je demanderais, il ne pourrait me l’accorder ; si je réclamais de lui autre chose, je le tromiierais, et je n’ai jamais trom{)é personne. »
' Oa la garda depuis en signe de fraternité.
Un jcBiie officier de marine, \énitien et palriole comme presque tout ce corps, était déjà venu dénoncer a Maiiin des appréLs de bombardement et le presser d’attaqner l’arsenal ; ce même jour, 21 mars , il accourut renouveler ses avis et scs instances. « Demain , lui dit Manin , la ville sera en mon pouvoir, ou jt‘ serai mort ‘ . »
Sur ces entrefaites,. les mêmes sentiments et les mêmes appréhensions excitaient une émeute parmi les ouvrière de l’arsenal.
Le soir, an palais de la ville, le négociant Pincherle, ami de Manin cl un des nouveaux membres que s’était adjoints la municipalité , renouvela , devant le corps municipal , une que.stion qu’il avait déjà posée plusieurs fuis en vain depuis deux jours : « Si la domination autricbicnne vient a dispraitre, aurez-vous la force et le courage de prendre en main le gouvernement? »
■ Cette fois, on discuta; mais la discussion n'aboutit qu’à charger Pinclierle d’aller demander à Manrn pourquoi il se tenait à l’écart de la municipalité et quels étaient ses projets.
Pincherle trouva Manin en conférence avec un certain nombre des patriotes les plus inlluents qu’il avait convoqués chez lui. On délibérait sur le futur gouvernement de Venise et sur le cri de ralliement à jeter au peuple. Les uns n’espéraient pas dépasser une administration italienne sous l'empire constitutionnel d’.Vutricbe ; d’autres voulaient qu’on criât : « Vive le Piémont! » et qu’on travaillât à l’union de Venise avec le royaume de Charles-Albert; la majorité, jiar une espèce de
’ A. (le La Furge, I. I , p. 25S-S53.