‹ Daniel ManinChapitre 30 sur 185 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

piévUion.s (le Maiiiii se n'alisenl l'ajiaiTliie mainlenanl; tout à riieure sans doute la réaction ! Le prétexte des venjjeauccs est trouvé pour rennenii. Plus une ininnle à perdre!

Il embrasse sa lille, prend sa femme a part et lui recommaiule le courage s’il vient ’a, tomber quelques bombes sur la ville, et dit à son (ils fieorges ; u A l'arsenal! — Qui sait si vous reviendrez ce soir? « lui dit sa femme, comme en plaisantant, devant sa fille. Elle souriait, l’angoisse dans l'àme. Elle ne reçut pas de iVqionse

Ils partirent, le jière l’épée à la main, le fils le fusil sur l'épaule,. Deux amis gardaient la femme et la fille : ils avaient juré d(î mourir sur le seuil.

Manin rama.ssc un h un sur son passage quelques gardes civiques; il arrive à la place Saint-.Vlarc : Olivo cl ses gens n’y étaient pas. Degli .^ntoni rejoint Manin et lui ajiporte la répou.se du consul, anglais, qui ne voyait point d’ap|)arcnce an projet de bombardement : le consul, a la réponse écrite, avait ajouté verbal(*ment le conseil aux Vénitiens de se tenir tranquilles ; il ne pouvait, avait-il dit, emjtèeber le gouvernement de prendre les mesures qu’il jugerait nécessaires pour le rétablissement de l’ordre ’.

Manin décliire la lettre. « Eu avant! « dit-il. La petite troupe grossissait peu h pèu. Il avait mainUmant une (’entaine d'Iiommes, la plupart sans antres armes que leurs sabres. Il les divise en (Unix sections, leur donne l'apparence de pacifiques patrouilles : le voila devant l’arsenal de mer.

' Lettre d'Emilia Xliiiiji , du 30 mars.

> Hicurdi rfi l>egli An/oni.

Il retrouve k la porte deux chefs de bataillon et un premier rassemblement de ganles civiques : on avait laissi* entrer une douzaine de ces gardes, dans le tumulte qui avait suivi le meurtre du colonel Mariiiovildi. Manin entre, ebarpe Degli Antoni d'introduire successivement par liclits groupes tous les gardes civiques présents et tous ceux qui surviendront, s’abouche avec le lieulenant-feld-marécbal Martini, commandant de la marine, et réclame nettement la remise de l'arsenal k la garde civique. Martini se récrie, proteste contre la réalité des projets de violence imputés an gouvernement, autorise les citoyens présents à s’assurer par eux-mêmes qu’il n’y a point dans l’arsenal de préparatifs de bombardement. Pendant que trois des assistants procèdent k cette recherche, Manin exige le désarmement de plusieurs bâtiments de guerre embossés dans les lagunes et sur lesquels on avait embarqué des fusées incendiaires et des Croates. Les trois citoyens envoyés k l’inspection reviennent anmmcer que l’infanterie croate, qui occupe l’arsenal de terre, peut envahir l’arsenal de mer en forçant une simple grille de bois. « Il me faut vos canons! dit .Manin k Martini. — Jamais! — C’est fait, dit un oHicier de marine ; je les ai remis k la garde civique. — Vos munitions, maintenant! » reprend Manin. Le commandant de la marine cède. Manin va aussitôt faire braquer les canons sur les Croates et prendre, avec les officiers de marine, toutes les dispositions jtour les commandements et pour la défense '.

A son retour, il trouve le commandant de la marine, qui

' « On ronvint quç le roiimiandement de l’arsenal serait donné à Graziani , celui de la flolle k Xlarsieli , celui de l’artillerie et des soldats de marine à Paolucci. » tticordi (U Degli Aiifoiii.

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