‹ Daniel ManinChapitre 37 sur 185 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

en date du 18 avril, pleine d'expressions de sympathie pour l’Italie et pour Venise ; mais le gouvernement vénitien n’eut pas de réponse officielle Un nouveau consul général de France, M. Limperani, arriva k Venise, mais sans instructions spéciales. Ce consul ne put qu’exprimer au gouvernement vénitien ses sentiments personnels, très-vifs pour la cause de Venise , et les sympathies de l’opinion publique en France. « Tout le monde sait, dit-il à Manin, que les affec- » tions de la France, quand elle possède la liberté de ses » mouvements, ne sont jamais stériles.. — J'espère, répondit » Manin, que les efforts réunis des différents États de l’Italie, U que l'ardeur qui anime les populations de la Péninsule, suf- M liront pour chasser l'ennemi; au besoin, on aura recours k » la générosité de la France; dès a présent, cependant, on » serait heurenx de voir quelques bâtiments de la marine » française se montrer dans l'Adriatique, et je vous prie in- » stamment, citoyen consul, d'en faire la demande au ministre » des affaires étrangères *. »

Cette requête était fort au-dessous des vœux réels de Manin ; nous verrons bientôt quelles circonstances l'obligeaient k limiter ainsi sa demande de concours, (ktte demandé et celle de la reconnaissance officielle de la République vénète furent réitérées k bien des reprises et chaleureusement appuyées par le

‘ Sm «gpntg'à nris lui mandèrent qu’ils n'rspèrairiit pas obtenir l’achat d’un bateau à Tapeur de l’Etat , et qu’on ne leur accordait cingt mille fusils qu’en les payant comptant, ce qui devait entraîner de fiiclieuT retards. (Lettres de MM. Naiii et Zanardiiii i Manin, des u et II avril; manuscrites.)

’ Lettre de XL Limperani i M. de Lamartine , du 8 av ril , dans A. de La rorge, I. I, p. 314.

consul, dans unu suite de dépêches où M. Limperani montrait h quel point Venise et les hommes qui la {gouvernaient méritaient l’intérét de la France , et offraient à la politique française un sérieux point d'appui ' . On ne peut pas dire que le Gonvernemcut français ait été mal éclairé par ses agents u Venise, comme sur quelques autres points; la France a été parfaitement représentée à Venise durant tout le cours de la guerre d’Italie, et l’on n'eût pu rien désirer de plus que de voir les avis de nos consuls complètement écoutés à Paris.

L'intérêt et le devoir de la France semblaient entièrement d'accord , quant h la reconnaissance et quant h la protection de la République vénète : il était , non pas de simple convenance, mais de stricte obligation |>our la République française, de réparer Campo-Formio et de poser nettement h son début une politique différente de celle du régime qu'elle remplaçait, c’est-'a-dire de poser sa raison d’être; et cette jwlitique devait être une opposition ouverte 'a la monarchie autrichienne, ennemie, par sa nature même, du principe de nationalité que représente la Révolution française. Pour se rendre compte de faits qui trompèrent toutes prévisions et toute misemblance, et qui eurent des suites si fatales au)t nationalités et aux libertés européennes, -il faut jeter un coup d'œil, au point de vue international , sur les partis et sur les influences principales qui se manifestaient alors en France et en^Italie.

Deux systèmes extrêmes se contrecarraient sourdement eu France : l’un était la propagande armée; l'autre, la paix, le

• Voyez les dÿ|iMies des 15 et 15 avril daus A.-de La Forge, t. I , p. S55- S58, 352-354.

Dirijizçc l Xi)Ogle

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