LIVRE DEUXIÈME
maintien des relations amicales arec tous les gonTernements qui existaient en Europe le 3i Février. La vérité n’était, à nos yeux du moins , ni dans l’un ni dans l’autre. Le premier, en voulant im|)oscr la révolution démocratique au dehors , h la pointe des baïonnettes, n’eût fait que tourner contre nous les populations que nous eussions voulu soulever et qui étaient en très-grande partie disposées h scsouléver pour leur propre compte, h l’exemple, mais sans la pression matérielle de la France. Le second, qui n’était au fond que la continuation de la |H)liilquc du roi Louis-Philippe, en cherchant b enfermer la France chez elle, autant que possible, en visant à la réduire à iulluer sur l’Europe, comme on di.sait, par l’exemple des institutions libres et par les négociation.s, en lui interdisant non pas seulement de provoquer au dehors les révolutions nationales contre le régime euro])éen de 1815, mais de les soutenir par les armes quand elles se produisaient spontanément -, le second l)rétendait imposer a la France un rôle bon peut-être pour rAiiglctcrre ou l’Amérique, mais absolument contraire h notre génie, et qui faisait du 2i Février une catastrophe sans motif et sans but; il ruinait infailliblement chez nous la liberté qu'il prétendait fonder; car, d’une part, il nous livrait à tout l’emporlemcut de nos propres passions, enflammées par notre Révolution et refoulées sur elles-mêmes dans de stériles -fureurs, faute d’un emploi légitime et glorieux de leur énergie'; de l’autre part , il laissait étouffer les révolutions sœurs de la
' si nous avions en dos journées en mai sur l’.Vdige, aurions-nous eu des journées en juin sur la Seine?... « Le gonvemcmonl de la République française, écrivait l'ambassadeur anglais Poiisonb;, aura besoin de la guerre pour se soutenir. » Du dehors , on voyait rlair.
DANIEL MAXIN.
notre, nous écrasait sous la double imputation également fatale d'égoïsme et d'impuissance , et nous désarmait devant l'esprit de réaction, qui, vainqueur au dehors, ne pouvait manquer d'envahir k son tour la France, affaiblie, démoralisée par ses discordes.
L’opinion publique n'avait pas soutenu le système propagandiste dans des tentatives imprudentes et malheureuses sur DOS frontières y elle se fût également prononcée contre le système pacifique, qui, du reste, n'avait pas osé se dessiner encore ouvertement, en cas d'appel adressé k nos armes par la masse de l’Italie insurgée. Le Gouvernement provisoire, persuadé qu'une énergique manifestation extérieure était nécessaire k la République et a la France, n'aurait point attendu, pour agir, que la pression de Paris se manifestât. Dès le 6 mars, le ministre des affaires étrangères Lamartine avait demandé la formation immédiate de quatre armées, dont une de cinquante mille hommes prèle k entrer en Italie ; le ministre des finances Garnier-Pagès avait déclaré qu'il saurait trouver des ressources : k plusieurs reprises, le ministre de la guerre Arago se t'mt prêt pour l’appel attendu et provoqué '.
* Nous écrivons d*tprès les analyses des roroités secrets du (k>uvenientent provisoire, ^rifes inmiédiatement par un de ses ineinbres, M, Gamicr-*Pagés , qui a bien vouhi nous les coininuuiquer. Dès le 12 mars, IViiei^ique ministre des finances avait ouvert à la guerre un premier crédit de ] 14 millions. ^
27, Tassociation nationale italienne, formée à Paris le 5 mars et présidée par Mazzini , qui se préparait à partir pour Milan , se présente au Gouvemeinent provisoire. M. de Lamartine offre à VHaUe Vépét de la France.,,. Mazzini répond qu'il espère que ntalie te suffira à elle^méme. {Monïteur du 28 mars.) A la fin de mars, M. de I.,amartine dit au général Pepe, partant pour Naples, que la France est prête à envoyer cent mille hommes eu Italie. Pepe, lui, ne