‹ Daniel ManinChapitre 45 sur 185 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Usées, avait tenté en vain de disputer le passage du Mincio; que le roi de Sardaigne, du 8 au 10 avril l’avait rejeté sur r.\dige, le cœur du dictateur vénitira se dilata : il dut croire que le premier courrier apporterai! la nouvelle de l’entière défaite des Autrichiens et de l’entrée des Piémoutais à Vérone. Dès lors les Piémoutais n'auraient plus qu'ii se porter aux frontières du Trentin et du Frioul, et h fermer l'Italie aux corps ennemis formés dans la Carniole, la Carinthie et le Tyrol, qui arriveraient trop lard pour secourir Radetzki et trop faibles pour agir sans lui ; la Vénétie aurait le temps de s'organiser et de se discipliner sous la protection d'une armée victorieuse.

A la place du triomphe espéré , Venise apprit qu'on avait laissé étouffer, par quelques détachements autrichiens , l'insurrection du Tyrol italien *, et que Charles-.\lhert , au lieu de pousser h outrance Radetzki et de dissiper une armée battue d'avance , perdait son temps k faire des tentatives au hasard sur Pesebiera et Mantoue 1 Quand les jours valaient des années, il laissa trois semaines k l'ennemi pour se refaire sur l'Adige : lorsque Radetzki se retrouva en état d'inquiéter Charles- Albert dans ses positions devant Pesebiera., dont le roi pré--

' De deux tk quatre jours après la date de la lettre interceptée qui montrait la situaUon de l’armée autrichienoe couuue si désespérée.

’ Cbarles-Aibert ii’ayait pas osé faire entrer ses troupes dans le Trentin, de peur de blesser la Confédération germanique, qui avait la prétention de traiter le Trentin, province italienne, en annexe do Tyrol, province aliemande. (Voyez dans les ilemorieàe MontanelU , t. U, cb. xxxviii, le récit des mouvements du TrenUn , où lui - même , accouru incognifo de Toscane pour soulever les montagnards des Alpes, brava béroïquement des périls bien pires que ceux du cbamp de bataille.)

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parait le siépc , Charles-Albert fit attaquer et enlever le poste de Pastrengo, sur l'Adigc (30 avril), mais ne poussa pas sur-le-champ l'ennemi au delh du fleuve. Ce fut seulement quelques jours après qu’on tenta sur Vérone un coup de main mal préparé et qui échoua (6 mai). Charle.s-.VIbcrt poursuivit le siège de Peschiera.

Toutes les conditions de la campagne étaient changées. Radeizki se maintenait sons Vérone. Le général Nugent s’avancait h .son aide par le Frioul déjà entamé-, le général Weldcn allait bientôt déboucher du Tyrol. Tout l’esjioir de la Vénétie était maintenant dans les contingents romain et na}>olitain annoncés ; car les secours promis par le gouvernement piémonlais n’arrivaient pas,'ct Charlcs-.Albert avait bien pu envoyer il Venise un général, un des frères la Marmora, mais point de troupes (14 avril). Un premier corps de trouiies régulières lionliflcales et de volontaires partis de Home était ’a Ferrare, sous les ordres du général Durando : le gouvernement vénitien avait assuré à ce corps toutes les ressources nécessaires, en matériel de guerre, argent, vivres, transports, pour passer le Pô et opérer sur le territoire vénèle. Le général , cependant , n’avançait pas, et son inaction étonnait et irritait également les Vénitiens et scs propres soldats. On ignorait que la responsabilité de cette inaction dut remonter plus haut que Durando -. le pape avait défendu à son général de prendre l’ofTensivc; puis, lorsque Durando eut réclamé contre celle défense et contre la situation im|>ossiblc qu’on lui faisait, le pape avait fait une réponse équivoque , doiit le général , caractère indécis et sans initiative , n’osa forcer le sens. Enfin , les ministres romains (car, depuis le complexe et illusoire Statut

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